Voir mon livre La Turquie et l'Hellénisme contemporain
tientés et, puisque l'Europe exige des fonctionnaires chrétiens, c'est de Valaques que le Sultan veut recruter sa g-endarmeric et ses bureaux ^
Le Patriarche inclinerait à contenter ces Valaques : il sait et dit que « la Macédoine est une province helléno-turco-valaque^ ». Ceux qu'Athènes revendique comme Hellènes en Macédoine, le Patriarche les reconnaît, pour un tiers au moins, comme simples Valaques. Mais ces Valaques, hellénisés depuis un siècle, ont été les serviteurs les plus fidèles de l'Idée, les bienfaiteurs les plus généreux de la Race : dans le royaume grec et en Macédoine, leurs fondations scolaires ou hospitalières ne se comptent plus, et c'est bien cette générosité valaque qui fait désirer à Bucharest le retour de ces frères, dont les bienfaits iraient non plus à la Grèce, mais à la Roumanie. L'hellénisme ne saurait se résigner à cette défection. Une fois le schisme valaque accompli, l'Hellène de Macédoine en face du Bulgare n'aurait plus chance de succès.
Pour maintenir de force le Valaque dans l'église et l'école grecques, le synode de Constantinople oblige le Patriarche à refuser les autorisations canoniques et scolaires, et le gouvernement d'Athènes fait ou laisse organiser les bandes. Dans toute la Macédoine, le clergé patriarchiste excommunie les communautés qui ouvrent une église ou une école valaques. Les bandes grecques portent leurs efforts principaux sur le pays de Monastir, où les Valaques forment la majo-
1. Voir là-dessus Nicolas Papaliag^i, les Boiimains de Turquie, Bucarest, 190."), et Documents diplomatiques (1905) publiés par le gouvernement roumain.