‹ La Révolution TurqueChapitre 23 sur 29 · Protestation des Métropolites, 10 août · texte numérisé non relu

Protestation des Métropolites, 10 août

rite de la population patriarchiste : « Si vous me poussez à bout, — disait le i^atriarche lui-même, un jour que son Conseil, dominé par les nationalistes grecs, Taccusait de tiédeur patriotique, — je finirai par dire tout haut qu'à Monastir il n'y a pas un seul vrai Grec*. » C'est un mot, du moins, que les Roumains lui prêtent et qui n'est pas loin de traduire l'exacte vérité.

Durant l'automne de 1904, ce pays de Monastir est en anarchie : des officiers grecs, envoyés d'Athènes, terrorisent les villages valaques; les lettres trouvées sur eux, ne laissent aucun doute sur l'appui que leur prêtent les consuls de Grèce et le clergé du Patriarcat. Au début d'octobre, quand après la première campagne d'été, le général Degiorgis réunit ses six adjoints à Salonique, tous sont d'avis que le nombre des officiers européens est insuffisant et demandent que 32 officiers nouveaux soient engagés par le gouvernement ottoman : 6 austro-hongrois pour Uskub, 6 russes pour Salonique, o italiens pour Monastir, 5 français pour Serrés, 1 anglais pour Drama. Les diplomaties anglaise et française appuient cette demande. M. Bapst écrit le 2 novembre :

L'été, en Macédoine, comparativement à celui de l'année dernière, s'est écoulé sans secousse violente; il n'y a plus eu d'insurrection ouverte ni de dévastations de grande étendue. Mais le mal est peut-être pire; car une insurrection est toujours susceptible d'être réprimée par les armes, tandis que l'agitation actuelle, qui se manifeste à la fois sur les points les plus divers, par des crimes et des

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