‹ La Révolution TurqueChapitre 5 sur 29 · I. R. Rn^lhArdt, Iji Turquit et le Tanzimat, I, p · texte numérisé non relu

I. R. Rn^lhArdt, Iji Turquit et le Tanzimat, I, p

(1830-1848) de TEurope n'étaient pas venues encourager les espoirs des raïas, ou si de nouveau l'énergie albanaise eût repris la tâche des Kuprulis. Mais c'est contre la Porte que maintenant l'Albanais travaille : ce que n'a pu réussir en Albanie Ali de Tebelen, un autre Albanais, Méhémet-Ali, l'exécute en Egypte. La révolte de Méhémet-Ali, ses campagnes en Syrie et en Asie Mineure (1832-1834), l'arrivée jusqu'à Brousse de son fils Ibrahim victorieux, la faveur dont l'Occident semble accompagner les armées de ce rebelle, jettent Mahmoud dans les bras de Pétersbourg. L'alliance olTensive et défensive d'Unkiar- Skelessi donne au Tsar le droit d'intervenir dans les troubles de l'empire, et le Pierre-le-Grand des Turcs meurt deux jours après que son armée a été complètement défaite par Ibrahim à Nézib (29 juin 1839), malgré les instructeurs prussiens qu'il lui a donnés; c'est en cette qualité que de Moltke faisait là ses premières armes :

La réforme, écrit de Moltke, a consisté surtout en choses extérieures, en noms et en projets. On a fait une armée sur le modèle européen, avec des tuniques russes, un règlement français, des fusils belges, des turbans turcs, des selles hongroises, des sabres anglais et des instructeurs de toutes nations, une armée formée de timariotes, de soldats à vie et de landwehr à service indéterminé, où les chefs sont des recrues, et les recrues, des ennemis de la veille.

Abd-ul-Medjid succède à Mahmoud (1839-1861). Le grand-vizir de Mahmoud, Rechid-pacha, reste au pouvoir et l'Europe occidentale prend en main le

LA REFORME 4i

salul lie 1 ciii[)ire contre les rébellions intérieures et contre les ambitions du Habsbourg et du HomanofT. Mais la réforme devient la condition de Tintégrilé. Abd-uI-Medjid, dès son avènement, promulgue son halti cherif des Tanzimai (pluriel du mot arabe tanzim, organisation) :

Dans les premiers temps de la monarchie ottomane, les préceptes glorieux du Coran et les lois de l'empire étaient une règle toujours honorée : l'empire croissait en force et en grandeur cl tous les sujets, sans exception, avaient l'aisance et lu prospéril»^. Depuis cent cinquante ans, on a cessé de se conformer au code sacr»^ des lois et aux règlements qui en découlent ; la force et la prospérité se sont changées en faiblesse et en appauvrissement : un empire perd toute stabilité quand il cesse d'observer ses lois.

IMein de confiance dans le secours du Très- Haut, appuyé sur rintt.'n-«'.s3ion de noire Prophète, Nous jugeons convenable de chercher par des institutions nouvelles à procurer aux provinces le bienfait d'une bonne administration.

N'oilù le problème bien posé : dans cet État miiitiàirc. le pouvoir central, fondé sur la force, est facile à organiser dès qu'un Sultan ou un grandvizir énergique rétablit la discipline et l'ordre Jinancier: mais <lans cet empire bariolé de provinces sujettes, privilégiées et tributaires, «< le bienfait d'une bonne administration », seul, peut mainleoir l'unité, comme, seul, il peut maintenir (|uel({ue résignation d«'s chrétiensau joug do cette théocratie musulmane. Durant plus d'un demi-siècle, c'est la bonne administration des provinces que le Turc et l'EurojM» vont poursuivre : au bout de soixante-dix ans (Ih;i«J-Iih)H), on peut dire que le problème n'a pas r M 1.1 moindre solution.

Promulguées solennellement, en présence et comme sous la garantie morale des ambassadeurs et d'un fils de roi des Français, les Tanzimal du 3 novembre 1839 « doivent porter sur trois points principaux » :

1"^ les garanties qui assurent à Nos sujets une parfaite sécurité quant à la vie, à leur honneur et à leur fortune;

1" un mode régulier d'asseoir et de prélever les impôts;

3° un mode également régulier pour la levée des soldats et la durée de leur service.

Pour l'honneur, la fortune et la vie :

Tant qu'un jugement régulier ne sera pas intervenu, personne ne pourra secrètement ou publiquement faire périr quelqu'un par le poison ou tout autre moyen; chacun possédera des propriétés de toute nature et en disposera avec la plus entière liberté; les héritiers innocents d'un criminel ne seront point privés de leurs droits légaux et les biens du criminel ne seront point confisqués. Ces concessions impériales s'étendent à tous nos sujets : de quelque religion ou secte qu'ils puissent être, ils en jouiront tous sans exception.

Pour les impôts :

Quoique l'empire soit délivré, depuis quelque temps, du fléau des monopoles, un usage funeste subsiste, celui des concessions vénales, connues sous le nom d'iltizam. Dans ce système, l'administration civile et financière d'une localité est livrée à l'arbitraire d'un seul homme, c'est-àdire quelquefois à la main de fer des passions les plus violentes et les plus cupides. Il est nécessaire que désormais chaque membre de la société ottomane soit taxé pour une quotité d'impôt et que rien au delà ne puisse être exigé de lui. Il faut aussi que des lois spéciales fixent et limitent les dépenses de nos armées de terre et de mer.

iir l'armée :

Il i-st deyenu nécessaire d^élablir des lois pour régler l'.s conlincents que devra fournir chaque localité cl pour éduire à quatre ou cinq ans le temps du service. Car 'est à la fois faire une chose injuste et porter un coup nortel à l'agriculture et à l'industrie que de prendre, sans gard à la population respective des lieux, dans l'un plus, ans l'autre moins d'hommes qu'ils n'en peuvent fournir, le même que c'est réduire les soldats au désespoir et ontribuer à la dépopulation du pays que de les retenir oute la vie au service.

hjiulres points seront « réglés par le concours rojMnions éclairées; Notre conseil de justice, augnenté de nouveaux membres autant qu'il sera néces- «ire et auquel se réuniront Nos ministres et Nos udahles de l'empire, s'assemblera à l'elTet d'ét;tblir les lois; chacun dans ces assemblées exposera librenentses idées et donnera son avis ». Incidemment, 'abus le plus criant est, d'un trait de plume, sup- )riiné : les fonctionnaires recevront un traitement "égulier et personne ne mangera plus :

lime tous les fonctionnaires de l'empire reçoivent id'hui un traitement convenable et qu'un régularisera '|)oinl)Mn**nt.s de ceux dont les fonctions ne seraient iflisammenl rétribuées, une loi rigoureuse sera portée 1 • le tralic de la faveur et des charges, rouchiet, que

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