‹ La Révolution TurqueChapitre 8 sur 29 · Draganor, La Macédoine et les Réformes, p. 51 et · texte numérisé non relu

Draganor, La Macédoine et les Réformes, p. 51 et

légalement au khalife, la propriété chrétienne semble toujours une anomalie, une simple tolérance dont le bénéficiaire doit acheter par des sacrifices quotidiens la précaire emphythéose. En 18M, un Grec passé à rislam et revenu à sa religion, est exécuté à Biredjik, suivant la loi qui punit de mort tout musulman renégat ou seulement blasphémateur. L'Angleterre demande l'abrogation de cette loi : « Si vous voulez rester en Europe, dit lord Strattford à Rifaat-pacha, vous ne le pouvez qu'à condition d'arrêter l'effusion du sang religieux. — En politique, répond le ministre turc, nous serons pleins de déférence pour les conseils de l'Europe; en matière religieuse, nous avons besoin de toute notre indépendance. La religion est la base de nos lois, le principe de notre gouvernement; le Sultan ne saurait pas plus y toucher que nous. »

Et voilà, en fin de compte, l'obstacle insurmontable au succès de toutes les réformes : quand le Turc dans l'État voudrait changer la condition politique de ses raias, il serait impuissant dans l'islam à modifier leur condition sociale ; quand il leur assurerait la libre jouissance de tous les droits civils et électoraux, il ne pourrait pas faire que le musulman ne réclamât, comme son droit à lui, la pratique des rançonnements et des abus traditionnels et que le chrétien n'eût des raisons quotidiennes de se plaindre et de se révolter.

Au Congrès de Paris (mars 1836), les puissances clarenl « apprécier l'importance du hatti-humayoun, oemment émané de la volonté souveraine du Miltan: cet acte, dont chaque paragraphe atteste hautement les intentions bienveillantes du Souverain, réalise et dépasse même toutes leurs espérances* ». L'Europe décide d'en faire mention au traité de paix, mais en des termes qui ne limitent ni dans le présent ni dans l'avenir la pleine indépendance de la Turquie. Article IX du traité de Paris (30 mars 1856) :

S. M. I. le Sultan, dans sa constante sollicitude pour le bien-être de ses sujets, ayant octroyé un firman qui, en améliorant leur sort sans distinction de religion ni de race, consacre ses généreuses intentions envers les populations chrétiennes de son empire, el voulant donner un témoignage de ses sentiments à cet égard, a résolu de communiquer aux Puissances contractantes le dit ûrman spontanément émané de sa volonté souveraine.

Les Puissances contractantes constatent la haute valeur de cette communication. Il est bien entendu qu'elle ne saurait, en aucun cas, donner le droit aux dites puissances

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