‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 10 sur 281 · LIVRE 1, CHAPITRE IL 15 $ IT. Division des preuves · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE IL 15 $ IT. Division des preuves

Quant aux preuves, les unes sont en dehors de l'art, les autres en viennent. J'appelle preuves en dehors de l'art, toutes celles que nous ne trouvons pas nous-mêmes, mais qui existaient déjà, comme les témoins, la question, les écrits et autres semblables. J'appelle preuves qui viennent de l’art, toutes celles que nous pouvons nous procurer par la méthode et par nous: mêmes !. Il faat employer les premières et trouver les secondes.

$ HIT. Preuves intrinsèques; division de ces preuves.

Les preuves que l'art de la parole nous fournit sont de trois espèces. Les premières dépendent des mœurs de l’orateur; les secondes des divers sentiments qu’on inspire à l’auditeur ; les troisièmes se trouvent dans le discours lui-même, en tant qu’on démontre ou qu’on semble démontrer. L'orateur prouve par les mœurs, lorsqu'il parle de manière à inspirer de la confiance dans son caractère personnel; car l'homme honnête nous persuade mieux et plus vite dans toutes les circonstances en général, mais surtout et d’une manière absolue, quand la vérité n'est pas facile à saisir et qu'elle reste dans le doute. Il faut que cette confiance naisse du discours luimême, ét non de l’opinion que nous avons déjà sur le caractère de l'oratèur. Car il ne faut pas croire ce qu'ont écrit quelques-uns de ceux qui se sont occupés de la rhétorique, savoir que l'honnêteté de l’orateur ne contribue en rien à la persuasion; c’est au contraire dans cette honnêteté que consiste, pour ainsi dire, toute la force de la persuasion 3, L'orateur prouve par le moyen des auditeurs, lorsqu'il excite les passions ; car nos jugements ne sont pas les mêmes, quand nous cédons à la douleur ou à la joie, à l'amitié ou à la haine. Voilà, disons- nous, la seule partie de l'art que les rhéteurs de nos jours essaient de traiter. Nous en parlerons en détail quand nous nous occuperons des passions. Nous prouvons enfin par le discours lui-même, lorsque, par οὐ qu'il y a de persuasif dans chaque. sujet, nous établissons le vrai et le vraisemblable.

16 PHTOPIKH.

A. Ἐπεὶ δ᾽ αἱ πίστεις διὰ τούτων εἰσὶ, φανερὸν ὅτι ταῦτα τρία ἐστὶ λαδεῖν, τοῦ συλλογίσασθαι δυναμένου, χαὶ τοῦ ϑεωρῆσαι τὰ περὶ τὰ ἤθη καὶ τὰς ἀρετὰς, χαὶ τρίτον τὰ περὶ τὰ πάθη P 1 6 APETAS ; Υ τερ τάθη,

τίτε ἕχαστόν ἐστι τῶν παθῶν, καὶ ποῖόν τι, καὶ ἐκ τίνων ἐγγώεται, καὶ πῶς" ὥστε συμδαίνει τὴν ῥητορικὴν, οἷον παραφυές τι τῆς διαλεκτικῆς εἶναι, καὶ τῆς περὶ τὰ ἤθη πραγματείας, ἣν δίκαιόν ἐστι προσαγορεύειν πολιτικήν. Διὸ χαὶ ὑποδύεται ὑπὸ τὸ σχῆμα τὸ τῆς πολιτικῆς ἡ ῥγτορινή" καὶ οἱ ἀντιποιούμενοι ταύτης, τὰ μὲν δι᾿ ἀπαιδευσίαν, τὰ δὲ δι’ ἀλαζονείαν, τὰ δὲ nai

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Ε΄, Τῶν δὲ διὰ τοῦ δειχγύναι, ἢ φαίνεσθαι δειχνύναι, καθάπερ nai ἐν τοῖς διαλεχτικοῖς τὸ μὲν ἐπαγωγή ἐστι τὸ δὲ audλογισμὸς, τὸ δὲ φαινόμενος συλλογισμός" καὶ ἐνταῦθα ὁμοίως. ἔστι γὰρ τὸ μὲν παράδειγμα ἐπαγωγὴ, τὸ δὲ ἐνθύμημα συλλογισμός. Καλῶ δ᾽ ἐνθύμημα μὲν, ῥητορικὸν συλλογισμόν" παράδειγμα δὲ ἐπαγωγὴν ῥητοριχήν. Πάντες δὲ τὰς πίστεις ποιοῦνται διὰ τοῦ δειχνύναι, ἡ παραδείγματα λέγοντες, ἡ ἐνθυμήματα" καὶ παρὰ ταῦτα οὐδέν πως" ὥστ᾽, εἴπεο καὶ ὅλως ὀνάγχη συλλογιξόμενον ἢ ἐπάγοντα δεικνύναι ὁτιοῦν ἢ ὁντινοῦν" (δῆλον δ᾽ ἡμῖν τοῦτο Ex τῶν ἀνα)υτικῶν") ἀναγκαῖον ἑκάτερον αὐτῶν ἑχατέορω τούτων τὸ αὐτὸ εἶναι. Τίς δ᾽ ἐστὶ διαφορὰ

παραδείγματος χαὶ ἐνθυμήματος, φανερὸν Ex τῶν τοπικῶν"

LIVRE I, CHAPITRE IT. 17 $ IV. Rapport de la rhétorique à la morale politique.

Paisqu’on prouve de ces différentes manières, il est clair que pour les employer toutes trois, il faut être en état d’argumenter, connaître ce qui concerne les mœurs et les vertus, et, en troisième lieu, savoir ce qui regarde les passions, quelle est la nature et le caractère de chacune d'elles, pourquoi et comment elles s'émeuvent. Il se trouve donc que la rhétorique est, pour ainsi dire, un rejeton de la dialectique et de cette partie de la morale que l’on peut justement appeler politique 3. Voilà pourquoi la rhétorique revêt en quelque sorte le costume de la politique, comme le font aussi par ignorance, par vanité, ou pour toute autre raison humaine, ceux qui font profession de cet art. Cependant la rhétorique n’est qu’une partie, un simulacre de la dialectique, ainsi que nous l’avons dit en commençant ; car ces deux sciences n’ont pas d’objet déterminé, qui leur serve de substance ; elles sont des facultés qui nous aïdent à trouver des arguments. J'ai maintenant parlé d’une manière presque suffisante de ces deux arts, et des rapports qu'ils ont entr’eux.

$ V. De l’enthymème ct de l’exemple.

Pour démontrer ou paraître démontrer, la dialectique n’a que deux arguments l'induction, et le syllogisme réel ou apparent. Il en est de même de la rhétorique, puisque l'exemple est une induction, et l'enthymème un syllogisme. Or, j'appelle l’enthymème un syllogisme oratoire, et l'exemple une induction oratoire. C’est à l'exemple ou à l’enthymème qu’on demande les preuves qui servent à démontrer; il n'y a rien, pour ainsi dire, en dehors de ces arguments. De sorte que, si, pour établir une question quelconque de fait ou de personne, il faut, ainsi que nous l’avons démontré dans nos Analytiques 1, recourir au syllogisme ou à l'induction, il est nécessaire que ces deux arguments correspondent à ceux de la rhétorique. Or, quelle différence y a-t-il entre l'exemple et l’enthymème ? Nous l'avons montré dans les Zopiques 5, lorsque nous avons parlé de l'in-

ἐχεῖ γὰρ περὶ συλλογισμοῦ καὶ ἐπαγωγῆς εἴρηται πρότερον" ὅτι τὸ μὲν τὸ ἐπὶ πολλῶν καὶ ὁμοίων δείκνυσθαι ὅτι οὕτως ἔχει, ἐκεῖ μὲν ἐπαγωγή ἐστιν, ἐνταῦθα δὲ παράδειγμα" τὸ δὲ, τινῶν ὄντων, ἕτερόν τι διὰ ταῦτα συμδαζειν παρὰ ταῦτα, τῷ ταῦτα εἶναι, ἢ χαθόλου, ἢ ὡς ἐπὶ τὸ πολὺ, ἐχεῖ μὲν au) λογισμὸς, ἐνταῦθα δὲ ἐνθύμημα καλεῖται. Φανερὸν δὲ ὅτι χαὶ ἑκάτερον ἔχει ἀγαθὸν τὸ εἶδος τῆς ῥητορικῆς" καθάπερ γὰρ χαὶ ἐν τοῖς μεθοδικοῖς εἴρηται, καὶ ἐν τούτοις ὁμοίως ἔχει" 5κΑ " « 1 , € - « δι εἰσὶ γὰρ αἱ μὲν παραδειγματώδεις ῥητορεῖαι, αἱ δὲ ἐνθυμημα-ἢ. ἢ Lo rs ’ , ΗΝ ’ € i τικαί" καὶ ῥήτορες ὁμοίως, οἱ μὲν παραδειγματώδεις, οἱ δὲ » ’ὔ ῃ ., 4 L κ᾿ + A7 ε U ἐνθυμηματικοί. Πιθανοὶ μὲν οὖν οὐχ ἧττον οἱ λόγοι οἱ διὰ τῶν παραδειγμάτων" Θορυξοῦνται δὲ μᾶλλον οἱ ἐνθυμηματιχοί! Τὴν δ᾽ αἰτίαν αὐτῶν, καὶ πῶς ἑκατέρῳ χρηστέον, ἐροῦμεν ὕστερον" νῦν δὲ περὶ αὐτῶν τούτων μᾶλλον διορίσωμεν κα-

ΣΤ΄. ἐπεὶ γὰρ τὸ πιθανὸν, τινὶ πιθανόν ἐστι, καὶ τὸ μὲν, ebθὺς ὑπάρχει δὲ αὑτὸ πιθανὸν καὶ πιστὸν, τὸ δὲ, τῷ δείκνυσθαι δοχεῖν διὰ τοιούτων " οὐδεμία δὲ τέχνη σκοπεῖ τὸ χαθέχαστον, οἷον ἡ ἰατρικὴ» τί Σωχράτει τὸ ὑγιεινόν ἐστιν, ἢ Καλλίᾳ " ἀλλὰ τί τῷ τοιῷδε, n τοῖς τοιοῖσδε " τοῦτο γὰρ ἔντεχνον " τὸ δὲ καθέχαστον ἄπειρον καὶ οὐκ ἐπιστητόν " οὐδὲ ἡ ῥητορικὴ τὸ χαθ' ἕκαστον ἔνδοξον ϑεωρήσει, οἷον Σωχράτει ἢ ἱππίᾳ " ἀλλὰ τὸ τοιοῖσδε, καθάπερ καὶ ἡ διαλεκτική * καὶ γὰρ ἐκείνη συλλο-vera, οὐχ ἐξ ὧν ἔτυχε " φαίνεται γὰρ ἄττα καὶ τοῖς παραληροῦσιν" ἀλλ᾽ ἐχείνη μὲν ἐκ τῶν λόγου δεομένων" ἡ δὲ ῥητορικὴ ἔκ τῶν ἤδῃ βουλεύεσθαι εἰωθότων. ἔστι δὲ τὸ ἔργον

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