‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 11 sur 281 · LIVRE 1, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE II

duction et du syllogisme. Le premier de ces arguments, qui consiste à prouver qu’une chose est telle ou telle par un grand nombre d’autres choses semblables, s'appelle dans la dialectique induction, dans la rhétorique exemple. Le second, qui conclut une chose de certaines autres choses, certaines ou probables, s’appelle dans la dialectique syllogisme, dans la rhétorique enthymème. Ἡ est évident que la rhétorique jouit pour sa part de ce double moyen de prouver ; et ce que nous ayons dit dans nos Méthodiques trouve ici son application 5. Il y a des discours qui procèdent par l'exemple, d’autres par l’enthymème; il en est de même des orateurs, qui emploient plus fréquemment, les uns le premier, les autres le second de ces arguments. Les discours qui s’appuient sur l'exemple ne sont pas moins persuasifs que les autres ; mais ceux qui reposent sur l’enthymème ébranlent plus fortement l'auditeur. Nous en dirons plus tard la raison, et nous enseignerons comment ἢ] faut se servir de ces deux espèces d'arguments. Tächons maintenant de définir clairement ce que nous venons de dire.

$ VI. Des auditeurs et des sujets que traite l’orateur,

Les choses qu’on veut persuader, on veut les persuader à quelqu'un; les unes sont par elles mêmes, et tout d'abord, persuasives et convaineantes ; les autres ne semblent persuasives qué lorsqu'elles sont prouvées par d’autres qui le sont elles-mêmes. Eu outre, aucun art ne se propose pour objet le particulier. La médecine, par exemple, ne s'occupe pas de ce qui peut être bon pour la santé de Socrate ou de Callias, mais des choses bonnes pour telle ou telle personne en général, affectée de telle ou telle manière, C’est là l’objet de l’art ; car le particulier est indéfini, et ne peut être saisi par la science. La rhétorique ne s'occupera donc pas de ce qui peut être persuadé à telou tel individu, comme à Socrate ou à Hippias, mais à tous les hommes en général. Il en estde même de la dialectique, qui ne prend pas pour matière de ses raisonnements les premières choses venues; car il en est qui semblent probables, même à des idiots; mais celles qui ont besoin de

20 PHTOPIKH.

αὑτῆς περί TE τοιούτων, περὶ ὧν βουλευόμεθα καὶ τέχνας μὴ ἔχομεν, καὶ ἐν τοῖς τοιούτοις ἀκροαταῖς, οἵ οὐ δύνανται διὰ πολλῶν συνορᾶν, οὐδὲ λογίζεσθαι πόῤῥωθεν. Βουλευδμεθα δὲ περὶ τῶν φαινομένων ἐνδέχεσθαι ἀμφοτέρως ἔχειν" περὶ γὰρ τῶν ἀδυνάτων ἄλλως ἢ γενέσθαι ἢ ἔσεσθαι ἣ ἔχειν οὐδεὶς βουλεύεται, οὕτως ὑπολαμβάνων " οὐδὲν γὰρ πλέον % οὕτως

Zr. ἐνδέχεται δὲ συλλογίζεσθαι καὶ συνάγειν, τὰ μὲν ἐκ συλλελογισμένων πρότερον, τὰ δὲ ἐξ ἀσυλλογίστων μὲν, δεομένων δὲ συλλογισμοῦ, διὰ τὸ μὴ εἶναι ἔνδοξα. ἀνάγκη δὲ, τούτων τὸ μὲν μὴ εἶναι εὐεπακολούθητον, διὰ τὸ μῆκος" ὁ γὰρ χριτὴς ὑπόκειται εἶναι ἁπλοὺς " τὰ δὲ, μὴ πιθανὰ, διὰ τὸ μὴ ἐξ ὁμο-λογουμένων εἶναι, μηδ᾽ ἐνδόξων " ὥστε ἀναγκαῖον, τό τε ἐνϑύμημα εἶναι καὶ τὸ παράδειγμα περὶ τῶν ἐνδεχομένων ὡς τὰ πολλὰ ἔχειν καὶ ἄλλως * τὸ μὲν παράδειγμα ἐπαγωγὴν, τὸ δ᾽ ἐνθύμημα συλλογισμόν " καὶ ἐξ ὀλίγων τε καὶ πολλάκις ἐλαττόνων, ἢ ἐξ ὧν ὁ πρῶτος συλλογισμός. ἐὰν γὰρ ἡ τι τούτων γνώριμον, οὐδὲ δεῖ λέγειν " αὐτὸς γὰρ τοῦτο προστίθησιν ὁ ἀκροατής " οἷον, ὅτι Δωριεὺς στεφανίτην ἀγῶνα νενίκηκεν, ἱκανὸν εἰπεῖν, ὅτι ὀλύμπια νενίχηκχε " τὸ δὲ, ὅτι στεφανίτης τὰ

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