‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 100 sur 281 · LIVRE JI, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE JI, CHAPITRE

hommes qui peuvent être maltraités impunément doivent craindre ceux qui peuvent être injustes; car généralement l’homme est injuste quand il le peut?. Il faut craindre encore : ceux qui ont subi ou qui pensent avoir subi l'injustice, parce qu'ils épient sans cesse l’occasion de la vengeance : ceux qui ont commis quelque injustice, quand ils sont puissants, parce qu'ils craignent la pareille; or, nous avons dit que c'est une chose à craindre : ceux qui sont nos rivaux pour une même chose, toutes les fois qu’elle ne peut être partagée à deux ; car noussommes toujours en lutte avec eux : ceux qui sont redoutables à plus forts que nous ; car ils pourraient nous nuire plutôt qu’à ceux qui sont plus forts que nous; ceux devant qui :tremblent de plus forts que nous, pour le même motif : ceux qui ont triomphé de‘plus forts que nous et ceux qui attaquent de plus faibles que nous; car ils sont déjà redoutables, ou ils le seront, quand leurs forces seront devenues plus grandes.

$ IT. Dans quels cas on doit craindre davantage.

Parmi ceux qui sont victimes d'ane injustice, qui sont nos ennemis ou nos rivaux, il faut craindre, non ceux dont la colère éclate aussitôt, et qui n’épargnent pas les menaces, mais au contraire ceux qui sont calmes, dissimulés, capables de tout; car on ne les voit pas quand ils sont près de se venger, de sorte qu’on ne sait jamais s'ils sont loin de nous. Toutes les choses que nous devons craindre sont encore plus redoutables, lorsque, la faute une fois commise, on ne peut la réparer, soit parce que la réparation est absolument impossible, soit parce qu’elle n’est plusen notre pouvoir, mais au pouvoir de nos adversaires; et aussi quand le secours n’existe pas, ou qu’il n’est pas facile. En un mot, nous craignons tout ce qui arrivant ou étant sur le point d'arriver aux autres, excite notre pitié. Parmi les choses qui sont à craindre et que nous craignons, voilà à peu près les plus importantes.

$ III. Quels sont ceux qui craignent.

Disons maintenant quelles sont les dispositions qui nous portent à la crainte. Si la crainte est accompagnée de l'attente où

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δὴ ἔστιν ὁ φόδος μετὰ προσδοκίας τοῦ πείσεσθαί τι φθαρτιχὸν πάθος; φανερὸν ὅτι οὐδεὶς φοδεῖται τῶν οἰομένων μηδὲν ΕῚ - ᾿ , - A “ ν : » Ά ,᾿ ἂν παθεῖν, οὐδὲ ταῦτα ἃ μὴ οἴονται παθεῖν, οὐδὲ τούτους ᾿ * 12 * H ὑφ᾽ ὧν μὴ οἴονται, οὐδὲ τότε ὅτε μὴ οἴονται. Ἀνάγκη τοίνυν .- , » La “ Ρ ι ν᾿ ε ᾿ U φοδεῖσθαι τοὺς οἰομένους τι παθεῖν ἂν, χαὶ τοὺς ὑπὸ τούτων, -» - " « 9 xat ταῦτα, καὶ τότε. Οὐχ οἴονται δὲ παθεῖν ἂν, οὔτε οἱ ἐν » + ᾿ » " - " “ rs εὐτυχίαις μεγάλαις ὄντες, καὶ δοκοῦντες" διὸ ὑδρισταὶ, χαὶ ὀλίγωροι, καὶ θρασεῖς" ποιεῖ δὲ τοιούτους πλοῦτος, ἰσχὺς, πολυφιλία, ϑύναμις" οὔτε οἱ ἤδη πεπονθέναι νομίζοντες τὰ δεινὰ, καὶ ἀπεψυγμένοι πρὸς τὸ μέλλον, ὥσπερ οἱ ἀποτυμπανιξόμενοι ἤδη" ἀλλὰ δεῖ τινα ἐλπίδα ὑπεῖναι σωτηρίας, περὶ οὗ ἀγωνιῶσι' σημεῖον dé ὃ γὰρ φόύξος βουλεντικοὺς ποιεῖ" 5 e - ΄ χαΐτοι οὐδεὶς βουλεύεται περὶ τῶν ἀνελπίστων. ἔστε δεῖ τοιού-τους παρασχευάζειν, ὅταν ἡ βέλτιον τὸ φοθεῖσθαι αὐτοὺς, ὅτι τοιοῦτοί εἰσιν οἷοι παθεῖν" χαὶ γὰρ ἄλλοι μείζους ἔπαθον" καὶ τοὺς ὁμοίους δεικνύναι. πάσχοντας ἣ πεπονθότας, καὶ ὑπὸ τούτων ὑφ᾽ ὧν οὐκ ὥοντο, mal ταῦτα, καὶ τότε ὅτε οὐκ

Δ΄, Ἐπεὶ δὲ περὶ φόδου φανερὸν, τί ἐστι, καὶ περὶ τῶν φοθερῶν, καὶ ὡς ἕκαστοι ἔχοντες δεδίασι, φανερὸν ἐκ τούτων, καὶ τὸ θαῤῥεῖν τί ἐστι, καὶ περὶ ποῖα θαῤῥαλέοι, καὶ πῶς διακείμενοι θαῤῥαλέοι εἰσί’ τό τε γὰρ θάραος ἐναντίον τῷ φό-ἔῳ, καὶ τὸ θαῤῥαλέὸν τῷ φοδερῷ' ὥστε μετὰ φαντασίας ἡ ἐλπὶς τῶν σωτηρίων ὡς ἐγγὺς ὄντων, τῶν δὲ φοδερῶν ἢ μὴ ὄντων, ἢ πόῤῥω ὄντων. ἔστι δὲ θαῤῥαλέα, τά τε δεινὰ πόῤ- ‘bu ὄντα, καὶ τὰ θαῤῥαλέα ἐγγύς. Kai ἐπανορθώσεις ἐὰν

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