‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 99 sur 281 · LIVRE II, CHAPITRE . 167 CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE . 167 CHAPITRE V

De la crainte.

ΕἼ, Quelles sont les choses et les personnes que lon craint.

Nous verrons maintenant quelles sont les choses et les personnes que l’on craint, et ce que nous éprouvons alors. La crainte est une douleur ou un trouble de l’imagination, à la vue d'un mal imminent, qui peut nous perdre ou nous affliger. Nous ne craignons pas tout ce qui est mal, par exemple de devenir injustes ou lourds d'esprit, mais tout ce qui peut causer une grande affliction ou de grandes pertes ; surtout quand le mal ne paraît pas loin de nous, mais tout près et sur le point d’éclater ; car on ne craint pas le mal qui est très loin. Nous savons que nous devons mourir, mais comme la mort est loin, on ne s'en inquiète nullement. Si la crainte est bien ce que nous venons de dire, il suit nécessairement que nous devons craindre tout ce qui semble avoir un grand pouvoir de nous perdre, ou de nous faire éprouver des dommages, qui auront pour résultat une grande affliction. Voilà pourquoi nous craignons même les signes de ces malheurs; car il nous semble que le malheur luimême suit de près ; et le danger, qu’est-il, sinon l'approche du malheur ? Au nombre de ces signes sont : l’inimitié et la colère de ceux qui ont le pouvoir de faire quelque chose contre nous, car il est évident qu'ils en ont la volonté; de sorte qu'ils sont près d'agir : l'injustice qui a de la puissance, car l’homme n'est injuste que parce qu’il a déjà la volonté d'agir : la vertu outragée, quand elle a le pouvoir; car il est évident qu’elle a toujours la volonté, dans le cas où elle est outragée, et maintenant elle a le pouvoir : la crainte qu’éprouvent ceux qui peuvent quelque chose contre nous; car sans doute ils se tiennent prêts à agir. Comme la plupart des hommes sont méchants, dominés par l’envie de s'enrichir, et lâches dans les dangers, il faut craindre le plus souvent, quand on est à la merci d'autrui. En conséquence, celui qui a fait une action coupable doit craindre ses complices, qui peuvent le dénoncer ou l’abandonner, Les

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ἢ κατειπεῖν, ἢ ἐγχαταλιπεῖν. Kai oi δυνάμενοι ἀδικεῖν, ἀεὶ τοῖς δυναμένοις ἀδικεῖσθαι" ὡς γὰρ ἐπὶ τὸ πολὺ ἀδικοῦσιν οἱ ἄνθρωποι, ὅταν δύνωνται. Καὶ οἱ ἠδιχημένοι, ἢ νομίζοντες ἀδικεῖσθαι" ἀεὶ γὰρ τηροῦσι καιρόν. Καὶ οἱ ἠδικηκότες, ἐὰν δύναμιν ἔχωσι, φοβεροὶ, δεδιότες τὸ ἀντιπαθεῖν" ὑπέκειτο γὰρ τὸ τοιοῦτο φοδερόν. Καὶ οἱ τῶν αὐτῶν ἀνταγωνισταὶ, ὅσα μὴ ἐνδέχεται ἅμα ὑπάρχειν ἀμφοῖν" ἀεὶ γὰρ πολεμοῦσι πρὸς τοιούτους. Καὶ οἱ τοῖς χρείττοσιν αὐτῶν φοδεροὶ, xai αὑτοῖς φοξεροί: μᾶλλον γὰρ ἂν δύναιντο βλάπτειν αὐτοὺς, ἢ τοὺς κρείττους" καὶ οὺς φοβοῦνται οἱ χρεύτους αὐτῶν, διὰ ταὐτό. Καὶ οἱ τοὺς κρείττους αὐτῶν ἀνῃρηκότες. Καὶ οἱ τοῖς ἥττοσιν

Β΄, Καὶ τῶν ἠδιχημένων καὶ ἐχθρῶν ἢ ἀντιπάλων, οὐχ € >> ῃ »e x »") € . nv οἱ ὀξύθυμοι καὶ παῤῥησιαστικοὶ, ἀλλ᾽ οἱ πρᾶοι καὶ εἴρωνες \ “ιν : LA ων CR PCR ; » 92 καὶ πανοῦργοι; ἄδηλοι γὰρ, εἰ ἐγγύς" ὥστ᾽ οὐδέποτε φα-- .“ - se ᾿ ᾿ “ 2 LU + " νεροὶ, ὅτι πόῤῥω. Πάντα δὲ τὰ φοδερὰ φοδερώτερα, ὅσα, 4 € ᾿ ᾿ 5 ᾽ ᾿ ss + ἂν ἁμάρτωσιν, ἐπανορθώσασθαι μὴ ἐνδέχεται, ἀλλ᾽ ἢ ὅλως ἀδύνατα, ἣ μὴ ἐφ᾽’ ἑαυτοῖς, ἀλλ᾽ ἐπὶ τοῖς ἐναντίοις. Καὶ ὧν βοήθειαι μή εἰσιν, ἢ μὴ ῥάδιαι. ἕὴς δ᾽ ἁπλῶς εἰπεῖν, φοδερά ἐστιν, ὅσα ἐφ᾽ ἑτέρων γιγνόμενα n μέλλοντα, ἐλεεινά ἐστι. 5 , - ᾿ a 4,“ ν᾿ + > κα δ Τὰ μὲν οὖν φοβερὰ, χαὶ ἃ φοξοῦνται, σχεδὸν, ὡς εἰπεῖν, τὰ

1". ὡς δὲ διακείμενοι αὐτοὶ φοδοῦνται » νῦν λέγωμεν. Ei

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