‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 105 sur 281 · LIVRE II, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VI

nous tenons compte. Or, nous tenons compte des personnes qui nous considèrent, de celles que nous considérons, de celles dont nous voulons être considérés, de celles avec qui nous sommes en rivalité, et de celles dont nous ne méprisons pas l'opinion. Or, les personnnes dont nous voulons être considérés, et que nous considérons nous-mêmes, sont celles qui possèdent un de ces bieps qui honorent, ou auxquelles nous demandons avec instance une chose qui dépend d'elles, comme il arrive à ceux qui aiment. Ceux avec qui nous rivalisons, ce sont nos pareils. Ceux dont nous ne méprisons pas l'opinion sont les hommes prudents, parce que là vérité est avec eux; tels sont 168 vieillards et les hommes instruits. Nous rougissons aussi de ce que nous faisons à la vue des autres et en plein jour ; de là le proverbe, «la honte loge dans les yeux;» voilà pourquoi nous rougissons davantage devant ceux qui doivent toujours être près de nous, ou qui veillent sur nous, parce que nous sommes sous les yeux des uns et des autres.

$ III. Quels sont ceux dont nous craignons les reproches. Ῥ

Ajoutons-y ceux qui ne sont pas sujets aux mêmes fautes que nous, car il est évident que leurs sentiments sont contraires aux nôtres : ceux qui ne sont pas indulgents envers les personnes qu'ils voient se tromper; car si on a raison de dire qu’on ne reproche pas aux autres ce qu’on fait soi-même, il est clair qu'on leur reproche ce qu’on ne fait pas : ceux qui révèlent nos fautes à beaucoup de monde, car il n’y a aucuné différence entre la faute qui reste cachée et celle qu’on ne publie pas. Or, les personnes quisont portées à publier nos fautes, sont : d’abord, celles qui ont souffert une injustice, parce qu’elles ont les yeux ouverts sur nous, et ensuite, les personnes médisantes qui, n’épargnant pas les innocents, épargnent beaucoup moins les coupables : ceux qui passent leur temps à épier les fautes du voisin, conime sont les railleurs et les poëtes comiques ; car ils sont en quelque sorte médisants et bavards : ceux dont nous n'avons reçu aucun refus, car ils semblent nous avoir en grande estime. C'est pour cela que nous avons de la honte devant les personnes qui nous demandent une chose pour

Ῥοιοῦτοι δ᾽ οἵ re ἄρτι βουλόμενοι φίλοι εἶναι" τὰ γὰρ Béèruota tebéavrau διὸ εὖ ἔχει ἡ τοῦ Εὐριπίδου ἀπόχρισις πρὸς τοὺς Συ-ραχουσίους " χαὶ τῶν πάλαι γνωρίμων οἱ μηδὲν συνειδότες. Αἰσχύνονται δ᾽ οὐ μόνον αὐτὰ τὰ ῥηθέντα αἰσχυντηλὰ, ἀλλὰ χαὶ τὰ σημεῖα" οἷον, οὐ μόνον ἀφροδισιάξοντες, ἀλλὰ καὶ τὰ σημεῖα αὑτοῦ" mai οὐ μόνον ποιοῦντες τὰ αἰσχρὰ, ἀλλὰ χαὶ λέγοντ:ς. ὁμοίως δὲ οὐ τοὺς εἰρημένους αἰσχύνονται μόνον» ἀλλὰ χαὶ τοὺς δηλώσοντας αὐτοῖς" οἷον, θεράποντας καὶ φίλους τούτων. ὥλως δ᾽ οὐχ αἰσχύνοντα!, οὔθ᾽ ὧν πολὺ καταφρονοῦσι τῆς δόξης τοῦ ἀληθεύειν" οὐδεὶς γὰρ παιδία καὶ θηρία αἰσχύνε-tou οὔτε τὰ αὐτὰ τοὺς γνωρίμους χαὶ τοὺς ἀγνῶτας, ἀλλὰ τοὺς μὲν γνωρίμους, τὰ πρὸς ἀλήθειαν δοκοῦντα" τοὺς δὲ ἄποθεν, τὰ

Δ΄. Αὐτοὶ δὲ ὧδε διακείμενοι, οἰσχυνθεῖεν ἄν" πρῶτον μὲν, εἰ ὑπάρχοιεν πρὸς αὐτοὺς ἔχοντες οὕτω τινὲς, οἵους ἔφαμεν εἶναι οὺς αἰσχύνονται. σαν δὲ οὗτοι, ἢ θαυμαζόμενοι, ἡ θαυμάξζοντὲς, ἢ ὑφ᾽ ὧν βούλονται θαυμάζεσθαι, ἢ ὧν δέονταίτινα χρείαν, ὧν μὴ τεύξονται ἄδοξοι ὄντες. Kai οὗτοι, ἢ ὁρῶντες" ὥσπερ Κυδίας περὶ τῆς Σάμου χληρουχίας ἐδημηγόρησεν" ἠξίου väp ÜrohaGeiy τοὺς Αθηναίους, περιεστάναι χύχλῳ τοὺς É)) Anvas, ὡς ὁρῶντας, καὶ μὴ μόνον ἀχουσομένου:, ἃ ἂν ψηφίσωνται" ἢ ἂν

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