‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 111 sur 281 · LIVRE II, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VIII

âmes abattues par la préoccupation de leurs propres souffrances. Joignons-y ceux qui pensent qu’il existe des hommes vertueux ; car celui qui croit qu’il n’en existe pas un seul, estimera que tous méritent leur malheur : en un mot, ceux qui viennent à se souvenir que de semblables malheurs sont arrivést, ou peuvent arriver, à eux-mêmes ou à quelqu'un des leurs.

$ I. Quelles sont les choses qui excitent la pitié.

Nous avons dit quelles sont les personnes qui ont de la pitié. Quant aux choses qui excitent ce sentiment, notre définition les fait clairement connaître. Nous sommes émus de tout ce qui causant de l’affliction et de la souffrance peut perdre ou faire mourir nos semblables, et de tous les grands malheurs causés par la fortune : or, les choses qui peuvent faire souffrir nos semblables, ou entraîner leur perte, sont les divers genres de mort, les mauvais traitements, les blessures, la vieillesse, les maladies, le manque de nourriture. Les maux causés par la fortune, sont : le manque ou le petit nombre d'amis ; aussi la pitié s’émeut, quand nous nous séparons de nos amis, de nos compagnons : la laideur, la faiblesse, la privation de quelque membre : un malheur qui vient d’où on pouvait attendre quelque chose d’heureux, surtout si cela arrive souvent : un bonheur qui arrive trop tard, quand le malheur a éclaté, comme lorsque le grand roi envoya des présents à Diopithe qui était déjà mort ?. Il en est de même de ceux à qui il n'arrive rien d'heureux, ou qui ne peuvent jouir de leur bonheur. Les choses qui excitent la pitié sont donc celles-là et d’autres semblables.

STI. Quels sont ceux pour qui on a de la pitié.

Nous avons pitié de ceux que nous connaissons, pourvu qu'ils ne soient pas nos très proches parents ; car à l'égard de ceux-ci, nous sommes dans les mêmes sentiments que l'approche du malheur nous inspire pour nous-mêmes. Voilà pourquoi Amasis ne pleura pas, dit-on, à la vue de son fils conduit à la mort,

τοῦτο μὲν γὰρ ἐλεεινόν" ἐκεῖνο δὲ δεινόν. Τὸ γὰρ detvôv, ἕτερον τοῦ ἐλεεινοῦ, καὶ ἐχχρουστικὸν τοῦ ἐλέου, καὶ πολλάκις τῷ ἐναντίω χρήσιμον. ἔτι ἐλεοῦσιν ἐγγὺς αὐτοῦ τοῦ δεινοῦ ὄντος. Καὶ τοὺς ὁμοίωυς ἐλεοῦσι, κατὰ ἡλικίας, κατὰ ἤθη, κατὰ ἕξεις, κατὰ ἀξιώματα, κατὰ γένη" ἐν πᾶσι γὰρ τούτοις μᾶλλον palyes ται, καὶ αὐτῷ ἂν ὑπάρξαι. ὦλως γὰρ καὶ ἐνταῦθα δεῖ λαξεῖν, ὅτι, ὅσα ἐφ᾽ αὑτῶν φοξοῦνται, ταῦτα ἐπ᾽ ἄλλων γιγνόμενα ἐλεοῦσιν. ἐὑπεὶ δὲ ἐγγὺς φαινόμενα τὰ πάθη ἐλεεινά ἔστι, τὰ δὲ μυριοστὸν ἔτος γενέμενα ἢ ἐσόμενα οὐτ᾽ ἐλπίζοντες οὔτε μεμνημένοι ἢ ὅλως οὐχ ἐλεοῦσιν, ἢ οὐχ ὁμοίως" ἀνάγχη, τοὺς συναπεργαξομένους σχήμασι, καὶ φωναῖς, καὶ ἐσθῆτι, καὶ ὅλως τῇ ὑποχρίσει ἐλεεινοτέρους εἶναι. Éyyds γὰρ ποιοῦσι φαίνεσθαι τὸ χακὸν, πρὸ ὀμμάτων ποιοῦντες, ἢ ὡς μέλλον, ἢ ὡς γεγονός. Καὶ τὰ γεγονότα ἄρτι, ἢ μέλλοντα διὰ ταχέων, ἐλεεινότερα διὰ τὸ αὐτό. Καὶ τὰ σημεῖα, καὶ τὰς πράξεις" οἷον, ἐσθῆτας τε τῶν πεπονθότων, καὶ ὅσα τοιαῦτα. Καὶ λόγους τῶν ἐν τῷ πάθει dv τῶν ; οἷον ἤδη τελευτώντων. Καὶ μάλιστα, τὸ σπουδαίους εἶναι, ἐν τοῖς τοιούτοις χαιροῖς ὄντας, ἐλεεινόν. ἅπαντα γὰρ ταῦτα, διὰ τὸ ἐγγὺς φαίνεσθαι, μᾶλλον ποιεῖ τὸν ἔλεον" καὶ ὡς ἀναξίου

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