LIVRE 11, CHAPITRE VIII
tandis qu'il pleura à la vue d’un ami réduit à mendier ὃ ; ce dernier spectacle excitait la pitié, et le premier la terreur. Le terrible est autre que le pitoyable ; il chasse la pitié, et souvent il sert à produire le sentiment contraire. Le terrible lui-même, quand il est proche, excite la pitié. Nous avons aussi pitié de ceux qui nous ressemblent par l’âge, le caractère, les habitudes, le rang, la naissance ; car tous ils mous montrent mieux que leur malheur pourrait aussi nous frapper. On peut conclure en général que tout ce que nous craignons pour nous-mêmes excite notre pitié, quand les aütres en sont victimes. Les malheurs que nous voyons de près nous touchent, tandis que lesmalheurs passés ou futurs, dont nous sommes séparés pat un grand nombre d'années, n’excitent point ou excitent moins notre pitié, parce que nous ne craignons pas l’arrivée des uns, el que nous avons perdu le. souvenir des autres, 11 suit de là que nous sommes plus émus de pitié, quand on représente l'infortune dévant nous, pat le geste, la voix, le costume, eh un mot, par l'imitation théâtrale, On fait ainsi paraître le malheur près de nous, on le place sous nos yeux comme sur le point d'arriver, ou comme déjà arrivé. C'est pour cela aussi que la pitié est plus vivement excitée par les malheurs arrivés depuis peu, ou par ceux qui doivent bientôt arriver. La pitié est émue aussi par les signes et par les actions, comme sont : les babits de ceux qui ont été tués, et les autres choses semblables : les paroles de ceux qui subissent actuellement leur malbeureux sort, par exemple, de ceux qui vont rendre le dernier soupir, Ce qui touche le plus, c’est la vertu restant ferme au milieu de pareilles circon- Stances. Toutes ces choses excitent davantage notre pitié, parce qu'elles semblent près de nous, que lé malheureux ne mérite
pas son sort, ét que le malheur éclate sous nos yeux.
192 PHTOPIKH.
TR Se COR ἌΡ σθαι ἐπὶ rois ἀναξίαις εὐπραγίαις" καὶ ἄμφω τὰ πάθη ἤθους χρήστου. Δεῖ γὰρ ἐπὶ μὲν τοῖς ἀναξίως πράττουσι καχῶς,
+ 1 = - τ FA ν , συνάχθεσθαι nai ἐλεεῖν" τοῖς δ᾽ εὖ, νεμεσᾶν" ἄδικον γὰρ, τ'
νεμεσᾶν. Δόξεις δ᾽ ἀν χαὶ ὁ φθόνος τῷ ἐλεεῖν τὸν αὐτὸν ἂντικεῖσθαι τρόπον, ὡς συνεγγὺς boy χαὶ ταὐτὸν τῷ νεμεσᾷν᾽" ἔστι δὲ ἕτερον. Λύπη γὰρ ταραχώδης καὶ ὁ φθόνος ἐστὶ, καὶ εἰς εὐπρα-γίαν, ἀλλ᾽ οὐ τοὺ ἀναξίου, ἀλλὰ τοῦ ἴσου καὶ ὁμοίου. Τὸ δὲ, μὴ ὅτι αὐτῷ τι συμξήσεται ἕτερον, ἀλλὰ δὲ αὐτὸν τὸν πλησίον, ἄπασιν ὁμοίως δεῖ ὑπάρχειν. Οὐ γὰρ ἔτι ἔσται, τὸ μὲν, φϑόνος" τὸ δὲ, νέμεσις" ἀλλὰ φόβος, ἐὰν διὰ τοῦτο ὑπάρχῃ ἡ λύπη, καὶ ἡ ταραχὴ, ὅτι αὑτῷ τι ἔσται φαῦλον ἀπὸ τῆς ἐχείνου εὐπραξίας. Φανερὸν δὲ, ὅτι ἀκολουθήσει καὶ τὰ ἐναντία πάθη τούτοις. ὁ μὲν γὰρ λυπούμενος ἐπὶ τοῖς ἀναξίως κακοπραγοῦσιν, ἡσθήσεται, à ἄλυπος ἔσται ἐπὶ τοῖς ἐναντίως κακοπραγοῦσιν. Οἷον, τοὺς πατραλοίας καὶ μιαιφόνους, ὅταν τύχωσι τιμωρίας, οὐδεὶς ἂν λυπηθείη χρηστός" δεῖ γὰρ χαίρειν ἐπὶ τοῖς τοιούτοις" ὡς δ᾽ αὖτως καὶ ἐπὶ τοῖς εὖ πράττουσι «at ἀξίαν" ἄμφω γὰρ δίκαια, καὶ ποιεῖ χαίρειν τὸν ἐπιειχῆ" ἀνάγχη γὰρ ἐλπίζειν ὑπάρξαι ἂν,
ἅπερ τῷ ὁμοίῳ, καὶ αὑτῷ. Kai ἔστι τοῦ αὐτοῦ ἤθους ἅπαντα