‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 126 sur 281 · LIVRE II, CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XIII

la vie, et surtout dans les derniers jours, parceque le désir poursuit le bien qui est absent, et que nous désirons surtout le bien qui nous manque. Ils s’aiment eux-mêmes plus qu'il ne faut, ce qui est encore une faiblesse d'esprit. Ils ne vivent pas pour le beau, mais pour l’utile, qu'ils poursuivent plus qu'il ne faut, parce qu'ils sont égoïstes. En effet, l’utile est un bien qui n’a pour objet que lui-même, tandis que le beau est bon absolument. Les vieillards ne rougissent pas ; ils sont plutôt effrontés ; car ne faisant pas le même cas du beau que de l’utile, ils dédaignent l'opinion. Leur expérience fait qu’ils espèrent difficilement ; car la plupart des choses humaines sont mauvaises, et beaucoup aboutissent au pire; d’ailleurs les vieillards sont timides. Ils vivent de souvenir, plutôt que d’espérance; ce qui leur reste à vivre est court, ce qu'ils ont vécu est long, et [᾽65-pérance appartient à l'avenir, comme le souvenir au passé. Voilà pourquoi les vieillards sont grands parleurs; ils racontent sans. cesse le passé, parce qu’ils aiment à se ressouvenir. Leur colère est soudaine, mais sans force. Quant à leurs passions, les unes les ont abandonnés, les autres se sont affaiblies ; aussi n'ont-ils pas de désirs. Ce n’est pas la passion qui les fait agir, mais l'intérêt. C'est là ce qui donne aux personnes âgées une apparence de modération : les passions ont cédé, et l'amour du gain a pris le dessus. Il y a dans la vie du vieillard plus de calcul que de sentiment moral, parce que le calcul vient de l'intérêt, et le sentiment moral de la vertu. S'ils commettent des injustices, c’est par méchanceté, et non par le désir d'offenser. Les vieillards sont aussi portés à la pitié, mais par un motif autre que celui des jeunes gens : ceux-ci compatissent par humanité, ceux-là par faiblesse, parce qu'ils se croient sur le point de souffrir tous les malheurs, et c’est là, avons-nous dit, un des motifs qui nous portent à la pitié. Voilà pourquoi les vieillards sont chagrins, pourquoi ils n'aiment ni la plaisanterie ni le rire, l'humeur chagrine étant le contraire de l’humeur enjouée. Telles sont les mœurs des jeunes gens et celles des vieillards. Ainsi, comme nous écoutons volontiers les discours

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ἱεγομένους )όγους, καὶ τοὺς ὁμοίους, οὐχ ἄδηλον, πῶς χρώμενοι τοῖς λόγοις, τοιοῦτοι φαίνονται χαὶ αὐτοὶ, ai οἱ

Α΄, Οἱ δὲ ἀκμάξοντες, φανερὸν ὅτι μεταξὺ τούτων τὸ ἦθος ἔσονται, ἑκατέρων ἀφαιροῦντες τὴν ὑπερξολήν" vai οὔτε σφό-δρα θαῤῥοῦντες" ϑιρασύτης γὰρ τὸ τοιοῦτον" οὔτε λίαν φοθούμῆνοι, καλῶς δὲ πρὸς ἄμφω ἔχοντες. Οὔτε πᾶσι πιστεύοντες, οὔτε πᾶσιν ἀπιστοῦντες, ἀλλὰ κατὰ τὸ ἀληθὲς κρίνοντες μᾶλλον. Καὶ οὔτε πρὸς τὸ χαλὸν ζῶντες μόνον, οὔτε πρὸς τὸ συμφέρον, ἀλλὰ πρὸς ἄμφω. Καὶ οὔτε πρὸς φειδῶ, οὔτε πρὸς ἀσωτίαν, ἀλλὰ πρὸς τὸ ἁρμόττον. ὁμοίως δὲ καὶ πρὸς θυμὸν, καὶ πρὸς ἐπιθυμίαν. Kai σώφρονες μετὰ ἀνδρείας, χαὶ av δρεῖοι μετὰ σωφροσύνης" ἐν γὰρ τοῖς νέοις καὶ τοῖς γέρουσι διήρηται ταῦτα" εἰσὶ γὰρ οἱ μὲν" νέοι, ἀνδρεῖοι καὶ dxélaστοι" οἱ δὲ πρεσθύτεροι, σώφρονες καὶ δειλοί. ὡς δὲ καθόλου εἰπεῖν, ὅσα μὲν διήρηται ἡ νεότης χαὲ τὸ γῆρας τῶν ὠφελέμων, ταῦτα ἄμφω ἔχουσιν" ὅσα δ' ὑπερδάλλουσιν ἢ ἐλλείαο πουσι, τούτων τὸ μέτριον καὶ τὸ ἁρμόττον. ἀχμάζει δὲ τὸ μὲν σῶμα, ἀπὸ τῶν τριάκοντα ἐτῶν, μέχρι τῶν πέντε καὶ τριάκοντα" ἡ δὲ ψυχὴ», περὶ τὰ ἑνὸς δεῖν πεντήχοντα. Περὲ μὲν οὖν νεότητος καὲ γήρως καὶ ἀχμῆς, ποίων ἠθῶν ἐστὶν ἕχαστον, εἰρήσθω τοσαῦτα.

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