‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 14 sur 281 · LIVRE 1, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE II

mais, bien que l'exemple choisi soit vrai, l'argument peut être réfuté, car on ne peut en faire un syllogisme. Mais si l’on disait : Un signe qu'il est malade, c’est qu'il a la fièvre; un signe que cette femme est accouchée, c'est qu’elle a du lait; voilà des signes certains, auxquels nous donnons le nom de τεχμήρίον ; car si le fait est vrai, l'argument est invincible. Mais si quelqu'un, concluant aussi du général au particulier, disait : La preuve qu’il a la fièvre, c’est qu'il a la respiration pressée ; le fait serait-il vrai, que l'argument ne serait pas invincible ; car il peut se faire qu’on ait la respiration pressée sans avoir la fièvre. Nous venons de dire ce que nous entendons par vraisemblable, signe, et signe certain ; et en quoi ces trois choses diffèrent entre elles. Mais dans nos Ana/ytiques, nous avons traité cette matière avec plus de clarté, et nous avons expliqué pour quelle cause certains signes peuvent donner matière à un syllogisme, tandis que certains autres ne le peuvent pas ?. :

$ 1X. De l’exemple.

Nous avons dit que l’exemple est une induction, et nous avons fait connaître en quoi consiste cette induction. L'exemple n’est pas le rapport de la partie au tout, ni du tout à la partie, ni d’un tout à un autre tout, mais le rapport d’une partie à une partie, d’un semblable à un semblable, lorsque tous deux sont compris sous un même genre, et que l’un est plus connu que l'autre. Si l’on voulait prouver par un exemple que Denys aspire à la tyrannie, lorsqu'il demande ἀπο garde, on dirait que Pisistrate qui y aspirait, demanda une garde, et qu'après l'avoir obtenue, il exerça la tyrannie ; Théagène en fit de même à Mégare. Tous les autres tyrans connus de l'auditeur peuvent servir d'exemple à l'égard de Denys, dont il ne connaît pas encore les intentions 1°. Tous ces exempies sont compris dans la proposition générale : Que celui qui aspire à la tyrannie demande une garde. Voilà comment se forment les arguments qui semblent propres à démontrer une vérité.

26 PHTOPIKH.

l'. Τῶν δὲ ἐνθυμημάτων μεγάλη διαφορὰ, vai μάλιστα λεληθυῖα σχεδὸν πάντας ἐστὶν, ἧπερ rai περὶ τὴν διαλεκτιχὴν μέθοδον τῶν συλλογισμῶν. Τὰ μὲν γὰρ αὐτῶν ἔστι κατὰ τὴν ῥητορικὴν, ὥσπερ χαὶ χατὰ τὴν διαλεκτικὴν μέθοδον τῶν συλλογισμῶν" τὰ δὲ χατ᾽ ἄλλας τέχνας καὶ δυνάμεις, τὰς μὲν οὔσας, τὰς δὲ οὕπω χατειλημμένας. Διὸ xai λανθάνουσί τε τοὺς ἀχροατὰς, καὶ μᾶλλον ἁπτόμενοι κατὰ τρόπον μεταθαίγουσιν ἐξ αὐτῶν" μᾶλλον δὲ σαφὲς ἔσται τὸ λεγόμενον, διὰ πλειόνων ῥηθέν. Λέγω γὰρ διαλεχτικούς τε καὶ ῥητοριχοὺς συλλογισμοὺς εἶναι, περὶ ὧν τοὺς τόπους λέγομεν" οὗτοι δ᾽ εἰσὶν οἱ χοινῇ περὶ δικαίων χαὶ φυσικῶν, καὶ περὶ πολιτιχῶν χαὶ περὲπολλῶν διαφερόντων τῷ εἴδει" οἷον, ὁ τοῦ μᾶλλον καὶ ἧττον τόπος" οὐδὲν γὰρ μᾶλλον ἔσται éx τούτον συλλογίσασθαι, ἣ ἐνθύμημα εἰπεῖν περὶ δικαίων ἢ φυσιχῶν, ἢ περὶ ὁτουοῦν" καίτοι ταῦτα εἴδει διαφέρει" ἴδια δὲ, ὅσα ἐκ τῶν περὶ ἕκαστον εἶδος καὶ γένος προτάσεών ἐστιν" οἷον, περὶ φυσιχῶν εἰσὶ προτάσεις, ἐξ ὧν οὔτε ἐνθύμημα οὔτε συλλογισμός ἐστι περὶ τῶν ἠθικῶν" χαὶ περὶ τούτων ἄλλαι, ἐξ ὧν οὖχ ἔσται περὶ τῶν φυσικῶν" ὁμοίως δὲ τοῦτο ἔχει ἐπὶ πάντων, Κακεῖνα μὲν οὐ πουήσει περὶ οὐδὲν γένος ἔμφρονα" περὶ οὐδὲν γὰρ ὑποχείμενόν ἐστι" ταῦτα δὲ, ὅσῳ τις ἂν βέλτιον ἐκλέγηται τὰς προτάσεις, λήσει ποιήσας ἄλλην ἐπιστήμην τῆς διαλεχτιχῆς χαὶ ῥητορικῆς" ἂν γὰρ ἐντύχη ἀρχαῖς, οὐκ ἔτι διαλεχτικὴ, οὐδὲ ῥητορικὴ, ἀλλ᾽ ἐκείνη ἔσται ἧς ἔχει τὰς ἀρχάς. ἴξστι δὲ τὰ πλεῖστα τῶν ἐνθυμημά-

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