LIVRE III, CHAPITRE II
phrase ne fait pas son office, si elle ne montre pas la pensée. Il doit aussi n'être ni bas, ni trop relevé, mais convenable. L’élocution poétique est assurément sans bassesse, mais elle ne convient pas à la prose. Ce sont les mots propres, noms ou verbes, qui produisent la clarté, La noblesse et les ornements du style proviennent des autres mots dont nous avons parlé dans la Poélique?. En effet, s'éloigner des locutions communes fait paraître le style plus digne. Nous éprouvons à cet égard les mêmes impressions qu’en présence des étrangers ou de nos concitoyens. ΤΊ faut par conséquent donner au style un air étranger; car ce qui vient de loin excite l'admiration, et ce qui excite l’admiration est agréable. La poésie a plusieurs avantages qui concourent à ce résultat et qui lui conviennent à merveille. Les choses et les personnes dont on y parle sont plus loin de nous. Mais dans la prose, ces avantages sont bien moins nombreux; le sujet qu’on traite est moins relevé, et le défaut de convenance serait plus grand, si on donnait un langage brillant à un esclave, à un personnage trop jeune, οἱ dans un sujet qui n’en vaudrait pas la peine. Cependant, même dans ces cas, la convenance permet de donner au style plus de nerf et plus de dignité. Si on le fait, il faut que l’art reste caché, que nos paroles ne sentent pas l’artifice, mais qu’elles soient naturelles. En effet, le naturel persuade, l'artifice fait le contraire. On tient l’orateur pour suspect, on se défie de ses embûches, comme on se défie des vins mélangés. N'oublions pas leffet produit par la voix de Théodore 3, comparée à celle des autres comédiens; on croyait entendre la voix du personnage même; celle des autres paraïssait contrefaite. L'art est heureusement caché, quand on compose son style d'expressions choisies dans le langage commun, comme faisait Euripide, qui en a le premier donné l'exemple,
$ II. Différentes espèces de noms.
Les noms et les verbes étant les parties dont se compose le discours, et les noms étant d’autant d’espèces que nous en avons reconnues dans la Poétique+, on ne doit employer que rare-,
298 PHTOPIKH.
σι, καὶ πεποιημένοις, ὀλιγάκις rai ὀλιγαχοῦ χρηστέον" ὅπου « ὕστερον ἐροῦμεν" τὸ δὲ διὰ τίεἴρηται" ἐπὶ τὸ μεῖζον γὰρ ἐξαλλάτ᾽ τοῦ πρέποντος. Τὸ δὲ κύριον, καὶ τὸ οἰκεῖον, καὶ μεταφορὰ μόν χρήσιμοι πρὸς τὴν τῶν ψιλῶν λόγων λέξιν" σημεῖον δὲ; ὅτι τι rois μόνοις πάντες χρῶνται πάντες γὰῤ μεταφοραῖς διαλέγοντ: χαὶ τοῖς ᾿οἰκείδις, χαὶ τοῖς χυρίοις, re δῆλον, ὡς, ἐὰν εὖ πι τις, ἔσται τε ξενικὸν, καὶ λανθάνειν ἐνδέχεται, mai σαφηῦν αὕτη δ᾽ ἦν τοῦ ῥητορικοῦ λόγου, ἀρετή, Τῶν δ᾽ ὀνομάτων, ᾿ς σοφιστῇ ὁμωνύμίαϊ χρήσιμοι" παρὰ ταύτας γὰρ A
εἴ" τῷ ποιητῇ δὲ συνῶνυμίαι, Λέγω δὲ χύριά τὲ καὶ συνώνυμα, οἷον τὸ πορεύεσθαί τε nai τὸ βαδίζειν" ταῦτα Jap ἀμφότερα, καὶ κύρια, καὶ συνώνυμα ἀλλήλοις.
Τ᾽, Τί μὲν οὖν τοὐτὼν ἔχαστόν ἐστι, καὶ πίσχ εἴδη μεταφορᾶς, καὶ ὅτι τοῦτο πλεῖστον δύναται, καὶ ἐν ποιήσει καὶ ἐν dm γοις, αἱ μεταφοραὶ, εἴρηται, καθάπερ ἐλέγομεν ἐν τοῖς περὶ ποιητικῆς. Τοσούτῳ δ᾽ ἐν λόγῳ δεῖ μᾶλλον φιλοπονεῖσθαι περὶ αὐτῶν, ὅσῳ ἐξ ἐλαττόνων βοηθημάτων ὁ λόγος ἐστὶ τῶν μέτρων. Καὶ τὸ σαφὲς, καὶ τὸ ἡδὺ, καὶ τὸ ξενικὸν ἔχει μάλιστα ἡ μεταφορά. Καὶ λαθεῖν οὐχ ἔστιν αὐτὴν παρ᾽ ἄλλον. Δεῖ δὲ καὶ τὰ ἐπίθετα, καὶ τὰς μεταφορὰς ἁρμοττούσας λέγειν ". τοῦτο δ᾽ ἔσται ἐκ τοῦ ἀνάλογον" εἰ δὲ μὴ, ἀπρεπὲς φανεῖται, διὰ τὸ παράλληλα τὰ ἐναντία μάλιστα φαίνεσθαι. ἀλλὰ δεῖ σκοπεῖν, ὡς νέῳ φοινικὶς, οὕτω γέροντι τί" οὐ γὰρ ἡ αὐτὴ πρέπει ἐσθής. Καὶ ἐάν τε κοσμεῖν βούλῃ, ἀπὸ τῶν βελτιόνων τῶν ἐν ταὐτῷ γένει φέρειν τὴν μεταφορὰν, ἐάν τε ψέγειν, ἀπὸ τῶν χειρόνων, Λέγω δ᾽ οἷον, ἐπεὶ τὰ ἐναντία ἐν τῷ αὐτῷ γένει, τὸ φάναι τὸν.
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