‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 22 sur 281 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

nombre et l'espèce des troupes employées à sa garde et les postes qu’il faut défendre : ce qui lui est impossible, s’il ne connaît parfaitement le pays; afin que, si une garnison est trop faible, on la renforce ; si une autre est trop nombreuse, qu’on la diminue, et qu’on défende de préférence les postes les plus importants ?. Est-il question des subsistances, il connaîtra la quantité et la nature de celles qui suffisent au pays ; si elles viennent dans le pays même, ousi elles ysont introduites; quelles sont les choses qu’il faut exporter et celles qu'il faut importer, afin de faire, dans ce but, des traités et dés conventions ; car il faut mettre les citoyens à l'abri de toute contestation avec deux sortes de gens : ceux qui sont plus puissants, et ceux qui rendent des services dans ce commerce d'échanges. Il est nécessaire de pouvoir traiter toutes ces questions, qui ont pour objet la sûreté publique ; mais il importe surtout de connaître ce qui ést du ressort de la législation, car c'est dans les lois qu'est le salut du pays. L’'orateur saura donc combien il y a de formes de gouvernement, ce qui convient à chacun d’eux, et les causes qui les détruisent naturellement, soit qu'elles se trouvent en eux-mêmes, soit qu’elles viennent du dehors. Je dis qu’une cause intérieure peut détruire une forme de gouvernement, parce qu’en dehorsde la forme par excellence ?, toutes les autres se perdent, lorsque 16 ressort en est trop lâche ou trop tendu. La démocratie, par exemple, s’affaiblit et finit par se changer en oligarchie, nonseulement quand le principe en est trop lache, mais encore quand il est trop tendu. De même, non-seulement un nez aquilin ou camus devient un nez moyen, quand l’un de ces défauts s’affaiblit, mais encore , en devenant très crochu ou très aplati, il arrive à ne plus même avoir la forme d’un nez 5. Il est utile, pour la discussion des lois, non-seulement de jeter les yeux sur le passé, pour connaître la forme de gouvernement qui convient, mais aussi desavoir quelle espèce de gouvernement convient à chacun des peuples étrangers. Il suit de là que pour parler sur les lois, il est utile de voyager, car on peut ainsi connaître les lois des nations; et que pour les harangues poli-

40 PHTOPIKH.

᾿Ξ ny + + ἐς 23 + ᾿ -»ν πολιτικῆς, ἀλλ᾽ οὐ ῥητορικῆς ἔργον ἐστί, Tlepi ὧν μὲν οὖν ἔχειν δεῖ τὸν μέλλοντα συμβουλεύειν τὰ μέγιστα, τοσαῦτά ἐστιν. ἐξ ὧν δὲ δεῖ καὶ περὶ τούτων, καὶ περὶ τῶν ἄλλων προτρέπειν ἢ ἀπο-

Page 1