‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 235 sur 281 · LIVRE III, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XVI

des choses plus connues et plus certaines que les raisons qu'ils en donnent?, Quand vous voudrez exciter une passion, ne faites pas d’enthymème. Ou bien votre argument arrête Ja passion, ou il ne sert à rien. Les mouvements sé contrarient quand ils sont simultanés ;-ils se détruisent ou s'affaiblissent. Ilne faut pas non ‘plus se mettre à la recherche d'un enthymème, quand on veut exprimer les mœurs ;un argument ne peut faire connaître ni les mœurs, ni l'intention. A

ΕἾΝ. Usage des senfences dans la preüve.

Quant aux seutencés, on peut en faire usage dans la narration et dans la preuve. En effet, elles expriment les mœurs :. « Oui, je lüi ai donné cet argent, et cependant je savais qu’il ne faut pas être confiant. - Elles expriment aussi les passions : « Je n'ai aucun regret, quoique victime d'une injustice ; à lui “le profit, à moi le droit. »

$ V. La preuve-dans les deux genres, délibératif et judiciaire.

Le genre délibératif est plus difficile que le judiciaire ; c'est tout simple ; Π a pour objet l'avenir. Le judiciaire a pour objet le passé, qui peut être connu même par les devins, comme le dit Epiménide de Crète, qui devinait, non pas l'avenir, mais seulement ce qu'il y a d’obscur dans le passé. La loi est d’ailleurs le fondement du genre judiciaire ; et quand on s'appuie sur un principe, l'argumentation est facile. Ee genre délibératif n’admet pas de nombreuses digressions, comme sont les inve- ‘ ciives contre l'adversaire, ét ce qu'on peut dire de soi-même,

ou pour exciter les passions. Ici, moins que partout ailleurs, on

ne met de digressions, qu’en sortant du genre lui-même. Ce " n'est donc qu’à défaut d'autre moyen qu'il faut recourir à celui-

ci, comuïe font les orateurs d'Athènes, entr’autres Isocrate, "qui, dans le genre délibératif, accuse, par-exemple, les Lacédémoniens-dans son Panégyrique;.et ro dans-son Discours pour les alliés 3.

380 PHTOPIKH. .

Cr Ἐν δὲ τοῖς ἐπιδεικτικοῖς, δεῖ τὸν λόγον ἐπειτοδιοῦν ἐπαίνοις, οἷον ἰσοχράτης ποιεῖ" αἰεὶ γάρ τινα εἰσάγει. Καὶ ὃ ἔλεγε Γοργίας, ὅτι οὐχ ὑπολείπει αὐτὸν ὁ λύγος, τοῦτό ἐστιν"

᾿ H “5. ᾿ ΄ - , Q εἰ γὰρ Ayodéx λέγει, Πηλέα ἐπαινεῖ, εἶτα Αἰακὸν, εἶτα, τὴν τόν, Ὁμοίως δὲ χαὶ ἀνδρίαν" ἢ τὰ καὶ τὰ ποιεῖ" ὃ τοιόνδε

» 4 » - " 0: oh - ᾿ ῃ ἐστίν. Ἐχοντα μὲν οὖν ἀποδείξεις, καὶ ἠθικῶς λεχτέον, καί

τῶν δεικτιχῶν᾽ ὅτι ὅτα ἔλεγγαν ποιεῖ, μᾷλλαν θῆλον ὅτι συλλε-λύγισται" παραλληλα γὰρ μᾶλλον τἀναντία γνωρίζεται. Τὰ δὲ πρὸς τὸν ἀντίδικον, οὐχ ἕτερόν τι εἶδος, ἀλλὰ τῶν πίστεών ἐστι, τὰ μὲν λῦσαι ἐνστάσει, τὰ δὲ συλλογισμῷ. Δεῖ δὲ χαὶ ἐν συμδουλῇ, καὶ ἐν δίκῃ, ἀρχόμενον μὲν λέγειν τὰς 'ἑαυτοῦ πίστεις πρότερον" ὕστερον δὲ, πρὸς τἀναντία ἀπαντᾷν λύοντα χαὶ προδιασύροντα. ἂν δὲ πολύχους à ἡ ἐναντίωσις, πρότερον. τὰ ἐναντία" οἷον ἐπούησε Καὶ αλλίστρατος ἐν τῇ Νεσσηνιακῇ ἐχχλησίᾳ" à γὰρ ἐροῦσι, προὰνελὼν οὕτως τότε αὐτὸς εἶπεν. ὕστερὸν δὲ λέγοντα, πρῶτον τὰ πρὸς τὸν ἐναντίον λόγον λεκτέον, λύοντα nat ἀντισυλλογιζόμενον͵, nai μάλιστα ἂν εὐθοκιμη-κότα ἡ" ὥσπερ γὰρ ἄνθρωπον προδιοιδεδλημένον οὐ δέχεται ἡ ψυχὴ, τὸν αὐτὸν τρόπον οὐδὲ λόγον, ἐὰν ὁ ἐναντίος εὖ. δοκῇ εἰρηκέναι. Δεῖ οὖν χώραν ποιεῖν ἐν τῷ ἀχροατῇ. τῷ

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