‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 243 sur 281 · LIVRE I, CHAP. INT, rie · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. INT, rie

6 I, t. Cicéron aout la division d’Aristote, en ce qui concerne les auditeurs : Nam aut auscultator est modo, qui audit, aut dis-

ceptalior, id est, νοὶ sententiæque moderator; ila ut aut delectetur,-

aut slatuat aliquid. Statuit autem de præterilis, ut-judex; aut de

futuris, ut senatus. Sic tria sunt genera judici, deliberationis, exor=

rationis; quæ, quia in laudatione. matime confertur, proprium habet jam ex eo nomen. Cicéron, Partit, orat., e. HI. Cf. Quintilien, Instit. Oral., {Π|, 3.

IL, 1, Voyez Homère, Iliade, nas et béni vol, IE, p. 448, éd. d’Ast.

11,2. La division des trois genres d'éloquence, si nettemént

établie par Aristote, a été, dans ces dernièrs temps, l’objet de quelques attaques irréfléchies, Comme il semblait difficile de faire rentrer-dans un des trois genres les discours-des orateurs chrétiens, on à proposé de diviser Péloquence, non plus d’après la nature des sujets, mais d’après les lieux où elle s’exerce. On a donc divisé

l'éloquence en éloquence de la chaire, éloquence de la tribune, éloquence du barreau, éloquence académique. On voit combien cette division est insuffisante et superficielle. Elle est suffisante : où classer eneffet les harangues prononcées sur les champs de bataille, et les discours que l’homme de bien fait entendre sur la place publique pour calmer les passions populaires ? Elle est superficielle, car ellen'est fondée que sur un accident, et ne va pas au fond des choses. La division d'Aristote, au contraire, est fondée : 1° sur la nature même des sujets que traite l’orateur, rapportés aux trois grandes idées de l’utile, du justé et du beau, idées qui sont le fondement de la politique et de la morale, et nous avons vu que c’est à ces deux sciences qu’Aristote rattache l’art de Ja parole ; 2° sur le rôle que joue l'auditeur, selon qu'il examine l’utile, décide le juste, on écoute pour son plaisir les louanges que l’éloquence donne à la vertu; 3° sur. la division du Lemps, passé, présent et avenir, division qui sans être aussi rigoureuse que les précédentes, contribue néanmoins à nous montrer l’élaquence intimement unie aux conceptions 168 plus abstraites de la raison humaine.

6. Il, 1. Les idées qu’Aristote développe daus ce passage sont les mêmes que Socrate expose à Glaucon, jeune homme sans expérience qui voulait se mêler des affaires de l’État. (Kénophon, Mémoires sur Socrate, liv. LIL, ch. 6.) Voyez aussi un charmant dialogue de M. Andrieux, intitulé : Socrate et Glaucon. (Contes et Opuscules, Paris, 1800, p. 64.)

SH, 2. La forme du gouvernement par excellence est, suivant Aristote, la formemonarchique, c’est-à-dire le gouvernement d’un seul obéissant lui-même aux lois du pays, soit que telle fût la conviction de notre philosophe, soit qu’il voulût complaire à son élève Alexandre. Voyez la Politique, passim.

S II, 3. Cette singulière comparaison, qui peut offenser notre goût, a cependant le mérite de traduire exactement la pensée d’Aristote. Un nez qui a de justes proportions ne peut devenir aquilin ou camus sans perdre la forme par excellence. Au contraire, un

rez aquilin ou camus, supportable quand le défaut n’est pas exagéré, ne mérite plus le nom de nez, si on ajoute au nez aquilin et si on amoindrit le nez camus. De même, si vous tendez le ressort de l’aristocratie, ou si vous relâchez celui de la démocratie, vous avez, d’un côté, Poligarchie, de l’autre la démagogie, qu’Aristote ne reconnaît pas comme des formes de gouvernement,

Page 1