‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 4 sur 281 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La rhétorique est une scienée d’un genre indéterminé comme la dialectique ; son utilité; sa fonction n’est pas de persuader, mais de considérer dans chaque sujet ce qu’il y a de propre à persuader.

$I. Rapport de la dialectique et de la rhétorique.

La rhétorique est le pendant de la dialectique ‘; leur objet à toutes deux est en quelque façon accessible à tous les esprits, et ne réclame aucune connaissance spéciale. Aussi n’y-a-t-il personne qui ne possède l’une et l'autre dans une certaine mesure; car tous entreprennent, jusqu’à un certain point, d’attaquer une opinion ou de la soutenir, d’accuser ou de se défendre. Mais, dans la foule des hommes, les uns le font au hasard et sans règle ?, les autres par une habitude qu’ils tiennent de l’exercice 5. Puisque ces deux manières existent, il est évident qu’on pourrait les soumettre à une marche et à des règles certaines, On peut en effet examiner la raison qui fait arriver au même but l'habitude et l'instinct. Cet examen, tout le monde en conviendra, est l'ouvrage de l’art,

$ II. Aristote accuse les anciens rhéteurs de n'avoir écrit sur l’art de la parole que des traités incomplets.

Ceux qui jusqu’à présent ont composé des traités de rhétorique, n’ont touché qu'une petite partie de cet art. En effet, les preuves en sont l'objet essentiel ; tout le reste n’est qu’acces-

4 PHTOPIKH.

La προσϑῆχαι, Οἱ ὃὲ περὶ iv ἐνθυμημάτων

μόνον) τὰ δὰ οὐδὲν λέγουσιν, ὅπερ ἐστὶ σῶμα τῆς πίστεωξ, περὶ δὲ τῶν ἔξω 7 “- 2 LA ν ᾽ cit a, = " + £, Ὁ ” 3 . ; τοῦ πράγματος τὰ πλεῖστα πραγματεύονται. Διαξολὴ γὰρ, καὶ ἔλεος, καὶ ὀργὴ, καὶ τὰ τοιαῦτα πάθη τῆς ψυχῆς, οὐ περὶ 55 . ᾿ ᾿ é « , ᾿ τοῦ πράγματός ἐστιν, ἀλλὰ πρὸς τὸν δικαστήν. (lot εἰ περὶ πάσας ἦν τὰς χρίσεις, χαθάπερ ἐν ἐνίαις τε νῦν ἐστι τῶν πό-λεων, καὶ μάλιστα ἐν ταῖς εὐνομουμέναις, οὐδὲν ἂν εἶχον ὅ τι λέγωσιν. ἡπαντες γὰρ οἱ μὲν οἴονται δεῖν οὕτω τοὺς νόμους ἀγορεύειν, οἱ δὲ καὶ χρῶνται καὶ κωλύουσιν ἔξω τοῦ πράγμα- Lo ᾿ " 3 > , ᾿ . , a. τος λέγειν, καθάπερ χαὶ ἐν Ἀρείῳ πάγῳ" ὀρθῶς τοῦτο νο-μίξοντες. Οὐ γὰρ δεῖ τὸν δικαστὴν διαστρέφειν, εἰς ὀργὴν δ À #4 ΕῚ Μ Lé à ι y LA T προάγοντας, ἢ φθόνον, ἢ ἔλεον" ὅμοιον γὰρ, xàv εἴ τις, © μέλλει χρῆσθαι κανόνι, τοῦτον ποιήσειε στρεδλόν. re δὲ φανερὸν., ὅτι τοῦ μὲν ἀμφισθητοῦντος οὐδέν ἐστιν ἔξω τοῦ δεῖξαι τὸ πρᾶγμα, ὅτι ἔστιν h οὐχ ἔστιν, ἢ γέγονεν ἢ οὐ γέ-- *» La Δ N 4 ΝΣ Ρ 4 "» “ ι LA γονεν. Εἰ de μέγα ἢ μικρὸν, ἢ δίκαιον ἢ ἄδιχον, ὅσα μὴ ὁ νομοθέτης διώριχεν, αὐτὸν δήπου τὸν δικαστὴν δεῖ γινώσκειν

Τ΄. Μάλιστα μὲν οὖν προσήχει, τοὺς ὀρθῶς κειμένους νό-- =, ὅσα ἐνδέ πάντα διωρζειν αὐτοὺς, καὶ ὅτι ἐλάχιστα μους, ὅσα ἐνδέχεται, πάντ οί SG, ἐλάχισ χαταλείπειν ἐπὶ τοῖς χρίνουσι" πρῶτον μὲν, ὅτι ἕνα λαθεῖν χαὶ “".» ε. " Ξ- - ῃ ᾿ ὀλίγους ῥᾷον » ἢ πολλοὺς, εὖ φρονοῦντας και δυναμένους νομο-ετεῖν χαὶ δικάξειν" ἔπειθ᾽ αἱ μὲν νομοθεσίαι ἐκ πολλοῦ χοόνου ετεῖν καὶ δικά θ᾽ ομοθεσίαι ἐκ πολλο L , 12 € » ᾿, 4 LA ὲ PES ν΄ T2 . Dé Le σχεψαμένων γίγνονται, αἱ δὲ κρίσεις ἐξ ὑπογυίου" ὥστε χαλε - . ᾿ LU " εἰ ᾿ # - > à À ΄ nèv, ἀποδιδόναι τὸ δίκαιον καὶ τὸ συμφέρον καλῶς τοὺς χρί-

" je ᾿ Lg . 4 - La ΄ γοντας. Τὸ δὲ πάντων μέγιστον, ὅτι ἡ μὲν τοῦ νομοθέτου χρίσις,

LIVREI], CHAPITRE I. 5

soire. Et cependant ils ne disent rien des enthymèmes, qui sont le corps même de la preuve, et ils traitent longuement des choses qui sont en dehors du sujet. L’invective, la compassion, la colère et les autres passions qui agitent l'âme, ne regardent pas le sujet même ; mais elles s’adressent au juge. De sorte que si les jugements se rendaient partout, comme ils se rendent maintenant dans quelques cités, surtout dans celles qui ont de bonnes lois, ces rhéteurs n'auraient rien à enseigner. Tout le monde, en effet, s'accorde à penser que les lois elles-mêmes devraient prescrire à l’orateur de se renfermer dans le sujet; il y a même des endroits où ces lois sont en vigueur et interdisent cet abus comme à l'Aréopage 5. Cette mesure est pleine de sagesse. JI ne faut pas pervertir le juge, en l’excitant à la colère, à la haine, à la compassion ; autant vaudrait courber la règle dont on veut se servir. N'est-il pas évident que celui qui plaide n’a qu’une chose à faire ? C'est de prouver que la chose est ou n'est pas, qu’elle est arrivée ou qu'elle n’est pas arrivée. Mais est-elle importante ou non, juste ou injuste, toutes les fois que le législateur ne s'est pas expliqué, c’est au juge à le décider ; ce n’est pas aux plaideurs à le lui apprendre.

$ LIT. Dans tous les gouvernements, la loi doit laisser aussi peu que

possible à l'arbitraire du juge.

Il est donc très important que la loi soit bien faite, et que décidant elle-même tous les cas quise présentent, elle laisse le moins possible à l'arbitraire du juge; d'abord, parce qu'il est plus facile de trouver un ou quelques hommes capables de faire de sages lois et de rendre la justice, que d’en trouver un grand nombre; ensuite, parce que la loi est le fruit du temps et dela méditation, les jugements au contraire sont l'ouvrage d’un instant, de sorte qu'il est bien dificile que le juge statue comme il faut sur le juste et sur l’utile. Mais la plus importante de toutes les raisons, c’est que la décision du législateur ne s'applique pas à un cas particulier, mais à tous les cas en général qui peuvent se présenter dans l'avenir : l’ecclésiaste 5 au

6 PHTOPIKH.

» Li La » LU »" ’ , , Π - y

οὐ κατὰ μέρος, οὔτε περὶ τῶν παρόντων, ἀλλὰ περὶ μελλόντων τε χαὶ καθόλου ἐστίν" ὁ δ' ἐκχλησιαστὴς καὶ δικαστὴς ἤδη περὶ παρόντων καὶ ἀφωρισμένων XPIVOUGL πρὸς οὺς καὶ τὸ φιλεῖν ἤδη καὶ τὸ μισεῖν, χαὶ τὸ ἴδιον συμφέρον συνήρηται πολλάκις" ὥστε μυκέτι δύνασθαι Sewpeiv ἱκανῶς τὸ ἀληθὲς, ἀλλ᾽ ἐπισχοτεῖν τὴ κρίσει τὸ ἴδιον ἡδὺ ἢ λυπηρόν. Ilepi μὲν οὖν τῶν ἄλλων, ὥσπερ λέγομεν, δεῖ ὡς ἐλαχίστων ποιεῖν χύριον τὸν χριτήν" περὶ δὲ τοῦ Ὑ ναι ἢ μὴ) έ n ἔσεσθαι ἢ μὴ ἔσεσθαι, ἢ εἶναι τοῦ γεγονέναι ἢ μὴ γεγονέναι, n ἔσεσθαι h μὴ ἔσεσθαι, à

Δ΄. Εἰ δὲ ταῦϑ᾽ οὕτως ἔχει, φανερὸν ὅτι τὰ ἔξω τοῦ πραγ-ματος τεχνολογοῦσιν, ὅσοι τἄλλα διορίζουσιν, οἷον τί δεῖ τὸ προοίμιον ἢ τὴν διήγησιν ἔχειν, καὶ τῶν ἄλλων ἕκαστον μο-βίων" οὐδὲν γὰρ ἐν αὐτοῖς ἄλλο πραγματεύονται, πλὴν ὅπως τὸν χοιτὴν ποιόν τινα ποιήσωσιν" περὶ δὲ τῶν ἐντέχνων πίστεων οὐδὲν δεικνύουσιν" τοῦτο δ᾽ ἐστὶν, ὅθεν ἄν τις γένοιτο ἐνθυμημα-τιχός. Διὰ γὰρ τοῦτο, τῆς αὑτῆς οὔσης μεθόδου περὶ τὰ δημυ,γορικὰ nat δικανικὰ, καὶ καλλίονος καὶ πολιτικωτέρας τῆς δημηγοριχῆς πραγματείας οὕσης, À τῆς περὶ τὰ συναλλάγματα ; περὶ μὲν ἐκείνης οὐδὲν λέγουσι, περὶ δὲ τοῦ δικάξεσθαι πάντες πειρῶνται τεχνολογεῖν" ὅτι ἧττόν ἐστι πρὸ ἔργου τὰ ἔξω τοῦ πράγματος λέγειν ἐν τοῖς δημηγορικοῖς, καὶ ἧττόν ἐστι κακοῦρ-γον ἡ δημηγορία δικολογίας, ἀλλὰ κοινότερον" ἐνταῦθα μὲν γὰρ ὁ κριτὴς περὶ τῶν οἰκείων χρίνει’ ὥστ᾽ οὐδὲν ἄλλο δεῖ, πλὴν ἀποδεῖξαι ὅτι οὕτως ἔχει, ὥς φησιν ὁ συμβουλεύων. ἐν δὲ τοῖς δικανικοῖς οὐχ ἱκανὸν τοῦτο, ἀλλὰ πρὸ ἔργου ἐστὶν ἀνᾳλαθεῖν

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