LIVRE I, CHAPITRE
contraire et le juge donnent leur suffrage sur des cas présents et déterminés, dans lesquels ils se laissent bien souvent entrainer par la faveur, la haine, l'intérêt privé; de sorte que des préventions favorables ou fâcheuses couvrant leur raison comme d’un nuage, ils ne peuvent plus suffisamment distinguer la vérité. Il faut donc sur tout le reste, ainsi que nous venons de le dire, laisser le moins possible à l'arbitraire du juge. Mais quand il est question de savoir si la chose a été ou n’a pas été, sera ou ne sera pas, est ou n'est pas, il faut bien alors s’en rapporter au juge ; car le législateur ne saurait le prévoir.
$ IV. Raisons pour lesquelles les anciens rhéteurs se sont beaucoup plus
occupés du genre judiciaire que du délibératif,
S'il en est ainsi, il est évident que ceux-là ne traitent pas cé qui est véritablement l'objet de l’art, qui donnent des préceptes sur ce qui est en dehors de la preuve, et qui recherchent ce que doit contenir Pexorde, la narration, ou chacune des autres parties du discours. Car la seule chose qui les occupe en tout cela, c’est d’inspirer au juge telle ou telle disposition. Quant à ce qu'il y a de plus essentiel, aux preuves, ils n’en disent rien; et cependant c’est par là qu’un orateur pourrait apprendre à donner de la force à ses enthymèmes. Aussi, quoique la méthode soit la même pour le genre délibératif et pour le genre judiciaire, quoique l'éloquence politique soit plus noble et plus importante pour l’État que celle qui s'occupe des conventions particulières entre citoyens, ces rhéteurs dont je parle ne disent rien de la première, tandis qu'ils s'efforcent tous de donner les règles de la seconde. C’est que dans les discours qui s'adressent au peuple, il est beaucoup moins avantageux de sortir de la question; une harangue prête moins aux ruses oratoires que ne le fait un plaidoyer, car elle est d’un intérêt plus général. Le juge ? décidant ici de ses
propres intérêts, l'orateur n’a qu’à prouver la vérité de la pro.
position qu’il avance. Mais dans les plaidoyers cela ne suffit pas ; il importe alors de captiver l'auditeur, car il ya se prononcer
sur des intérêts qui ne sont pas les siens; aussi, ne se considé-#"# Ἷ
8 PHTOPIKH.
Ἐ’. ἐπεὶ δὲ φανερόν ἐστιν ὅτι ἡ μὲν ἔντεχνος μέθοδος περὶ τὰς πίστεις ἐστίν" ἡ δὲ πίστις ἀπόδειξίς τις" (τότε γὰρ πιστεύο-μὲν μάλιστα, ὅταν ἀποδεδεῖχθαι ὑπολάξωμεν") ἔστι δ᾽ ἀπόδειξις ῥητορικὴ ἐνθύμημα" χαὶ ἔστι τοῦτο, ὡς ἁπλῶς εἰπεῖν, χυριώτατον τῶν πίστεων" τὸ δὲ ἐνθύμημα συλλογισμός τις" περὶ δὲ συ)-λογισμοῦ ὁμοίως ἅπαντος τῆς διαλεχτικῆς ἐστὶν ἰδεῖν, ἢ αὐτῆς ὅλης, ἢ μέρους τινός" δῆλον ὅτι ὁ μάλιστα τοῦτο “δυνάμενος ϑεωρεῖν, ἐκ τίνων χαὶ πῶς γίγνεται συλλογισμὸς, οὗτος καὶ ἐνθυμηματικὸς ἂν εἴη μάλιστα, προσλαξὼν περὶ ποῖά τ᾽ ἐστι τὰ ἐνθυμήματα, καὶ τίνας ἔχει διαφορὰς πρὸς τοὺς λογιχοὺς συλλογισμούς. Τό τε γάρ ἀληθὲς » καὶ τὸ ὅμοιον τῷ ἀληθεῖ, τῆς αὐτῆς ἐστὶ δυνάμεως ἰδεῖν" ἅμα δὲ καὶ οἱ ἄνθρωποι πρὸς τὸ ἀληθὲς πεφύκασιν ἱκανῶς, καὶ τὰ πλείω τυγχάνουσι τῆς ἀλη-θείας. Διὸ πρὸς τὰ ἔνδοξα στοχαστιχῶς ἔχειν, τοῦ ὁμοίως ἔχοντος καὶ πρὸς τὴν ἀλήθειάν ἐστιν. ὅτι μὲν οὖν τὰ ἔξω τοῦ πράγματος οἱ ἄλλοι τεχνολογοῦσι, xai διότι μᾶλλον ἀπονενεύ-χασι πρὸς τὸ διχολογεῖν, φανερόν.