‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 6 sur 281 · LIVRE 1, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE I

rant que lui-même, et n’écoutant que pour son plaisir, il se livre aux plaideurs, il ne juge pas. Voilà pourquoi dans beaucoup d’endroits, comme je l’aidit plus baut, la loi défend à ceux qui plaident de sortir de la question. Dans l'éloquence délibérative, les juges eux-mêmes se tiennent assez en garde contre les artifices de l’orateur.

8 V. L’enthymème est le syllegisme de la rhétorique.”

Il est donc évident que les règles de l'art ont pour objet les preuves; que la preuve est une espèce de démonstration ὃ, puisque nous sommes convaincus surtout , lorsque nous pensons que les choses nous ont été démontrées ; que la démonstration oratoire, c’est l’enthymème, le plus fortsans contredit de tous les arguments, et que l’enthymème est une espèce de syllogisme. Or, tout syllogisme, sans exception, est du ressort .de la dialectique en général, ou d’une de ses parties 3. D'où il suit clairement que celui qui connaît le mieux la matière et la forme du syllogisme, sera en même temps habile dans la dialectique oratoire, puisqu'il saura déjà ce que c’est que l’enthymème, et en quoi il diffère du syllogisme logique. En effet, le vrai et le vraisemblable tombent sous l'examen d’une même faculté. Or, la pature ayant rendu le vrai possible pour l’homme, celui-ci parvient souvent à atteindre la vérité. Pourquoi donc, pouvant arriver à la vérité, ne serait-il pas en état de conjecturer le probable par le même moyen? Nous voyons maintenant sans peine pourquoi les autres rhéteurs donnent des préceptes qui sont en dehors de l’art qu'ils professent, et pourquoi ils se tournent plutôt vers le genre judiciaire.

£ VI. Utilité morale de la rhétorique.

La rhétorique est utile, car le juste et le vrai sont nécessairement préférables’ à leurs contraires; et cependant, si la justice n’est pas bien rendue, ils succomberont nécessairement dans la lutte; résultat déplorable. De plus, l'orateur, ayant à parler d'une science devant certains hommes, ne pourrait pas

10 PHTOPIKH.

" LI Ω "» > F4 ? + δ. ; # - | τὴν ἀκοιδεστάτην ἔχοιμεν ἐπιστήμην, pédoy ἀπ᾽ ἐχείνης πεῖσαι λέγοντας" διδασκαλίας γώρ ἐστιν ὁ κατὰ τὴν ἐπιστήμην λόγος" τοῦτο δὲ ἀδύνατον" ἀλλ᾽ ἀνάγκη διὰ τῶν χοινῶν ποιεῖσθαι τὰς πίστεις καὶ τοὺς λόγους" ὥσπερ καὶ ἐν τοῖς τοπικοῖς ἐλέγομεν

ΜΕ τ ΤΡ ἀπ ee CE RP δῶν περὶ τῆς πρὸς τοὺς πολλοὺς ἐντεύξεως. Etc δὲ τἀναντία δεῖ δύνασθαι πείθειν, καθάπερ καὶ ἐν τοῖς συλλογισμοῖς, οὐχ ὅπως ἀμφότερα πράττωμεν" οὐ γὰρ δεῖ τὰ φαῦλα πείθειν" ἀλλ᾽ ἵνα μήτε λανθάνῃ πῶς ἔχει, καὶ ὅπως, ἄλλου γρωμένου τοῖς λόγοις αὐτοῖς μὴ δικαίως, λύειν ἔχωμεν. Τῶν μὲν οὖν ἄλλων τεχνῶν οὐδεμία τἀναντία συλλογίζεται" ἡ δὲ διαλεχτικὴ καὶ ἡ ῥητορικὴ

; = RS OUS E RRO COERR NU EN μόναι τοῦτο ποιοῦσιν" ὁμοίως 5 ἄρ εἰσιν ἀμφότεραι τῶν ἐναντίων. Τὰ μέντοι ὑποχείμενα πράγματα οὐχ ὁμοίως ἔχει, ἀλλ᾽ αἰεὶ τἀληθῆ καὶ τὰ βελτίω τῇ φύσει, εὐσυλλογιστότερα καὶ πιθανώ-τερα, ὡς ἁπλῶς εἰπεῖν. Πρὸς δὲ τούτοις, ἄτοπον, εἰ τῷ σώματι μὲν αἰσχρὸν μὴ δύνασθαι βοηθεῖν ἑαυτῷ, λόγῳ δ᾽ οὐχ αἰσχρόν" ὃ μᾶλλον ἴδιόν ἐστιν ἀνθοώπου τῆς τοῦ σώματος χρείας. Ἐὶ δὲ, ὅτι μεγάλα βλάψειεν ἂν ὁ χρώμενος ἀδίκως τῇ τοιαύτη δυνάμει, τῶν λόγων, τοῦτό τε χοινόν ἐστι χατὰ πάντων τῶν ἀγαθῶν, πλὴν ἀρετῆς, καὶ μάλιστα κατὰ τῶν χοησιμωτάτων, οἷον ἰσχύος, e 4 L ; , me 2 ὦ ὦ 1 12 » ᾿ ὑγιείας, πλούτου, στρατηγίας" τούτοις γὰρ ἄν τις ὠφελήσειε

Al La 4 à. LA 8 ἴσῳ LA ΑΨ LE 5 τὰ μέγιστα, χρώμενος θιχαιως, Kai βλάψειεν ak.

δ ᾿ + ᾽ ν " A 4 ΄ A ΄ Ζ'. Οτι μὲν οὖν οὐκ ἔστιν οὔτε ἑνός τινος γένους ἀφωρισμένου ἡ ῥητορικὴ, ἀλλὰ καθάπερ ἡ διαλεκτικὴ, καὶ ὅτι χρήσιμος, φα-γερόν" καὶ ὅτι οὐ τὸ πεῖσαι ἔργον αὑτῆς, ἀλλὰ τὸ ἰδεῖν τὰ ὑπάρχοντα πιθανὰ περὶ ἕκαστον, χαθάπερ καὶ ἐν ταῖς ἄλλαις , ; το ας δ à πε UE ie et à ὑλῶν τέχναις πάσαις. Οὐδὲ γὰρ ἰατρικῆς τὸ ὑγιᾶ ποιῆσαι, ἀλλὰ,

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