‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 59 sur 281 · LIVRE I, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XI

est le contraire. Si le plaisir est tel que nous le définissons, il est évident que ce qui produit cette disposition dont nous venons de parler est une chose agréable, et que ce qui la détruit ou produit l'état contraire est une chose pénible. Il suit de là qu'il est ordinairement agréable de tendre vers ce qui est selon la nature, et surtout lorsque les choses qui se font par elle sont elles-mêmes dans leur état naturel. Les habitudes sont aussi une chose agréable; ce à quoi nous sommes habitués devient comme naturel. En effet, l'habitude ressemhle en quelque sorte à la nature ; car il n’y ἃ pas loin de souvent à toujours; et si la nature dit toujours, l'habitude dit souvent. Ce qui n'est pas forcé est agréable; car la violence est opposée à la nature. C’est pourquoi ce qui est nécessaire est affligeant, et c’est avec raison que l’on a.dit : «Tout ce qu’on fait par nécessité est affligeant !. » ‘ Les soucis, l'application, les efforts sont pénibles; car tout cela est nécessaire et forcé, quand on n’y est pas habitué ; mais l’habitude 16 rend agréable. Les choses contraires à celles-là sont agréables. C’est pourquoi l'indolence, F'oisiveté, l’insouciance, le jeu, le repos, le sommeil, sont au nombre des choses agréables, parce qu’il n’y a en elles rien de forcé. Ce que nous désirons est agréable, car le désir est l'appétit de l’agréable. Nos désirs sont ou irraisonnables, ou conformes à la raison. J’appelle irraisonnables tous ceux qui viennent sans le concours de la réflexion. Dans ce nombre sont ceux qu’on appelle naturels, par exemple, ceux qui partent du corps : tels sont l'appétit, la soif, la faim, le désir de tel ou tel aliment en particulier ; ceux qui naissent du goût, des plaisirs de l'amour ; en un mot, le tact, les plaisirs de l’odorat, l’ouïe, la vue. J'appelle conformes à la raison ceux qui nous viennent quand nous sommes persuadés par la réflexion. En effêt, ily a un grand nombre de choses que nous désirons voir et acquérir, quand nous en avons entendu parler, et que nous les jugeons agréables. Mais puisque le plaisir consiste à épronver une certaine sensation, et que l'imagination est une sensation affaiblie, on peut dire que l'homme Qui se souvient et celui qui espère’ conservent dans

᾿ A M 7 3 , - μέμνηται ἣ ἐλπίζει" εἰ δὲ τοῦτο, δῆλον ὅτι καὶ ἡδοναὶ ἅμα μεμνημένοις καὶ ἐλπίζουσιν, ἐπείπερ καὶ αἴσθησις. ὧστ᾽ ἀνάγκη πάντα τὰ ἡδέα ἢ ἐν τῷ αἰσθάνεσθαι εἶναι παρόντα, ἢ ἐν τῷ μεμνῆσθαι yeyeynpéra , ἢ ἐν τῷ ἐλπίζειν μέλλοντα " αἰσθάνονται μὲν γὰρ τὰ παρόντα, μέμνηνται δὲ τὰ γεγενημένα, ἔλπι-ξονσι δὲ τὰ μέλ) Τὰ μὲν οὗ ra , ἡδέα ἐστὶν, οὐ

ι δὲ τὰ μέλλοντα. Τὰ μὲν οὖν uynuoveura , ἡδέα ἐστὶν, οὐ μόνον ὅφα ἐν τῷ παρόντι, ὅτε παρῆν, ἡδέα ἦν, ἀλλ᾽ ἔνια καὶ οὐχ ἡδέα, ἂν ἦ ὕστερον καλὸν καὶ ἀγαθὸν τὸ μετὰ τοῦτο.

ù δ θεν Pl εἰ") ἢ GE ? MEYaRX, 4 »ἤ , ᾽ “-- Ô N) e ’ 3 7 ᾿ ἢ ἄνευ λύπης ὠφελεῖν. λῳς δὲ, ὅσα παρόντα εὑφραΐει καὶ ἐλπίζοντας καὶ μεμνημένους, ὡς ἐπὶ τὸ πολύ, Διὸ καὶ τὸ ὀργί-

9 1. ᾿ 4 , : 12 - AA pe Ξ ΑΙ 4 .Ψ οὐδεὶς γὰρ ὀργίζεται τῷ ἀδυνάτῳ φαιγομένῳ τιμῳρίας τυχεῖν, ἊΣ ᾿ 2 LR. \ € - .

Οὐδὲ τοῖς πολὺ ὑπὲρ αὑτοὺς τῇ δυνάμει, ἢ οὐκ ὀργίζονται, ἢ ἧττον. Καὶ ἐν ταῖς πλείσταις ἐπιθυμίαις ἀχολουθεῖ τις ἡδονή " ἢ γὰρ μεμνημένοι ὡς ἔτυχον, ἢ ἐλπίζοντες ὡς τεύξονται, χαίρουσί τινα ἡδονήν" οἷον οἵ τ᾽ ἐν τοῖς πυρετοῖς ἐχόμενοι ταῖς δίψαις, καὶ μεμνημένοι ὡς ἔπιον, χαὶ ἐλπίζοντες πιεῖσθαι., ’ ' € 2 » 4 ’ \ 4 χαίρουσι. Kai οἱ ἐρῶντες ai διαλεγόμενοι, καὶ γράφοντες, ' - » ἡ" ' CE ’ + ὼ 3 14 χαὶ ποιοῦντες αἰεί τι περὶ τοῦ ἐρωμένου, χαίρουσιν " ἐν ἅπασι γὰρ τοῖς τοιούτοις μεμνημένοι, οἷον αἰσθάνεσθαι οἴονται τοῦ ἐρω-

μένον. Kai ἀρχὴ δὲ τοῦ ἔρωτος γίγνεται αὕτη πᾶσιν, ὅταν μὴ

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