LIVRE 1, CHAPITRE XI
l'imagination l’objet de leur souvenir ou de leur espérance. S'il en est ainsi, il est évident qu'il y a du plaisir à se souvenir et à espérer, puisqu'on éprouve une sensation. Il faut donc que toutes les choses agréables soient, ou présentes dans la sensation, ou passées dans le souvenir, ou futures dans l'espérance. En effet, on sent les choses présentes, on se souvient de celles qui sont passées, on espère celles qui sont à venir. Nos souvenirs sont agréables, non-seulement quand ils nous rappellent des choses qui, présentes, étaient agréables, mais aussi quelquefois des choses désagréables, dont la suite a été plus tard belle et bonne. C’est pourquoi on a dit : «11 est doux de se souvenir des dangers auxquels on ἃ échappé?. » Et aussi : « Il se complaît dans le souvenir de ses douleurs l’homme qui a supporté beaucoup de fitigues et de trayaux 3. » La cause en est qu'il y a du plaisir, même à se trouver à l’abri du mal. Les choses que nous espérons sont agréables, lorsque leur présence semble devoir nous apporter du plaisir, ou un avantage considérable, ou un bien exempt de tristesse. En un mot, ce qui nous réjouit par sa présence, nous réjouit aussi presque toujours par l'espérance ou par le souvenir. C’est pour cela qu’il est agréable de nourrir son ressentiment, et c’est ce qui a fait dire à Homère que la colère «est beaucoup plas douce que des gouttes de miel#:» On ne s’'emporte ni contre celui que la veangeance ne saurait atteindre, ni contre ceux qui sont beaucoup plus puissants; contre ces personnes, il n’y a pas de colère, ou il ÿ en a moins. La plupart de nos désirs sont accompagnés d'un sentiment agréable. Le souvenir d’un plaisir passé, l'espérance d'un plaisir futur, font naître la joie dans notre âme. Ainsi, dans la fièvre, le malade, tourmenté par la soif, aime à sesouvenir qu’il a bu et à espérer qu'il boira encore. Les amoureux aiment à s’entretenir de leur amour, à écrire, à s'occuper sans cesse de la personne qu’ils aiment. Il leur semble dans tout cela que le souvenir rend sensible et présent l’objet de leur affection. L'amour commence toujours ainsi : non-seulement on est heureux de la présence de l'objet aimé; mais en son absence, l'amour se nourrit
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μόνον παρόντος χαίρουσιν, ἀλλὰ χαὶ ἀπόντος μευνημένοι ἐρῶσι. Διὸ καὶ ὅταν λυπηρὸς γένηται τῷ un παρεῖναι, καὶ ἐν τοῖς πένθεσι χαὶ 3ρήνοις ἐγγίγνεταί τις ἡδονή. Η μὲν γὰρ λύπη, ἐπὶ τῷ μὴ ὑπάρχειν " ἡδονὴ δὲ, ἐν τῷ μεμνῆσθαι καὶ ὁρᾷν
πως ἐχεῖνον, χαὶ ἃ ἔπραττε, καὶ οἷος ἦν. Διὸ mat τοῦτ᾽ εἴρηται, “ ὡ Ὑ Ὡς φάτο" τοῖσι δὲ πᾶσιν ὑφ᾽ ἵμερον ὦρσε γόοιο.
Καὶ τὸ τιμωρεῖσθαι, ἡδύ" οὗ γὰρ τὸ μὴ τυγχάνειν λυπηρὸν, τὸ τυγχάνειν ἡδύ" οἱ δ᾽ ὀργιξόμενοι λυποῦνται ἀνυπερξλήτως, " ᾿ y " Q , r 4 = μὴ τιμωρούμενοι" ἐλπίζοντες δὲ, χαίρουσι. Καὶ τὸ νικᾶν, ce“ ν᾿ ᾿ = # " U “πὶ ᾿ , ἡδὺ, οὐ μόνον τοῖς φιλονίκοις, ἀλλὰ πᾶσι" φαντασία γὰρ ὑπεροχῆς γίγνεται, οὗ πάντες ἔχουσιν ἐπιθυμίαν, ἢ ἠρέμα, n μᾶλλον. ἐπεὶ δὲ τὸ νικᾷν ἡδὺ, ἀνάγκη καὶ τὰς παιδιὰς ἡδείας εἶναι, τὰς μαχητικὰς καὶ τὰς αὐλητικὰς καὶ ἐριστικάς" πολλάκις γὰρ ἐν αὐταῖς γίγνεται τὸ νικᾷν. Καὶ ἀστραγαλίσεις, καὶ σφαιρίσεις, καὶ κυδείας, καὶ πεττείας. Καὶ LU U F4 L4 A! . . [2 , , + περὶ τὰς ἐσπουδασμένας δὲ παιδιὰς ὁμοίως" αἱ μὲν γὰρ ἡδεῖσι γίγνονται, ἄν τις ἦ συνήθης" αἱ δ᾽ εὐθὺς ἡδεῖαι, οἷον χυνηγία, καὶ πᾶσα θηρευτική" ὅπου γὰρ ua, ἐνταῦθα , ΄ » ᾿ " 4. α 4 A 3 4 « = oi νίκη ἐστί, Διὸ nai ἡ δικανικὴ, καὶ ἡ ἐριστιχὴ, ἡδεῖα τοῖς εἰθισμένοις χαὶ δυναμένοις. Καὶ τιμὴ καὶ εὐδοξία, τῶν
ἡδίστων, διὰ τὸ γίγνεσθαι φαντασίαν ἑχάστῳ., ὅτι τοιοῦτος 2 ré ri à
D” ᾿ «Ὁ “ - A w 7) a PRESS οἷος ὁ σπουδαῖος" καὶ μᾶλλον ὅταν φῶσιν οὗς οἴεται ἀληθεύειν. Τοιοῦτοι δὲ οἱ ἐγγὺς μᾶλλον τῶν πόῤῥω" καὶ οἱ συνήθεις
ii ?
καὶ οἱ γνώριμοι, χαὶ οἱ πολῖται, τῶν ἄπωθεν" καὶ οἱ ὄντες, - = ? ἃ “ ε ᾿ , ᾿ ΝΑ « , , τῶν μελλόντων. χαὶ οἱ φρόνιμοι, ἀφρόνων" καὶ πολλοὶ, Ψ # LU δ. “Ὁ 3" , " ᾽ ᾿ ὀλῴων: μᾶλλον γὰρ εἰκὸς ἀληθεύειν τοὺς εἰρημένους, τῶν ἐναντίων" ἐπεὶ, ὧν τις πολὺ καταφρονεῖ, ὥσπερ παιδίων ὃ