‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 79 sur 281 · LIVRE I, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XV

cet égard de la plus grande foi, et les plus dignes sont les anciens, parce qu'il est impossible de les corrompre. Voici maintenant comment il faut employer les témoignages. Si vous n’avez pas de témoins, vous direz qu’il faut juger d’après les probabilités ; que c'est là juger en conscience ; que l'argament des probabilités ne peut être faussé à prix d'argent, et qu'on ne peut le prendre en flagrant délit de faux témoignage. Si vous avez des témoins, et que l'adversaire n’en ait point, vous direz que l'argument des probabilités n’encourt aucune responsabi lité en justice, et qu'on aurait aucun besoin de témoins , s’il suffisait d'examiner les raisons. Les témoignages regardent, ou nous-même, ou notre adversaire, ou le fait lui-même, ou la moralité des parties. Il est donc clair qu'on ne peut jamais manquer de quelque témoignage utile. Si vous n'avez pas sur le fait lui-même de témoignage qui soit pour vous ou contre votre adversaire, vous en aurez toujours pour établi votre moralité ou attaquer celle de la partie adverse. Pour toutes les autres questions relatives à un témoin, s’il est ami, ou ennemi, ou indifférent, s’il est bien ou mal famé, ou s’il n’est connu ni en bien ni en mal, et pour toutes les diverses considérations de cette nature, il faut recourir aux mêmes lieux qui fournissent

les enthymèmes.

$ TT. Des conventions.

En ce qui concerne les conventions, l’orateur qui en fait usage doit leur donner de la force où les infirmer ; prouver qu'elles méritent ou ne méritent pas créance. Si elles sont pour lui, il doit en étabir la bonne foi et l’autorité, et faire le contraire, si elles sont pour la partie adverse. Veut-il les rendre dignes ou indignes de créance, il doit procéder absolument de”’même que pour les témoins ; car les conventions tirent leur force des qualités morales des signataires ou des dépositaires des titres. L'existence de la convention étant reconnue des deux parties, si elle est en votre faveur, vous devez l’appuyer ainsi : la convention est une loi particulière, faite dans l'intérêt d’une partie; ce

132 PHTOPIKH.

τὸν γύμον χύριον" οἱ δὲ νόμοι, τὰς κατὰ τὸν νόμον συνθήχας. Καὶ ὅλως αὐτὸς ὁ νόμος, συνθήκη τίς ἐστιν" ὥστε ὅστις ἀπι-στεῖ, χαὶ ἀναιρεῖ συνθήχην, τοὺς νόμους ἀναιρεῖ, ἔτι δὲ, πράττεται τὰ. πολλὰ τῶν συναλλαγμάτων, χαὶ τὰ ἑκούσια, κατὰ συνθήκας" ὥστε ἀχύρων γιγνομένων, ἀναιρεῖται ἡ πρὸς ἀλ)ή-λους χρεία τῶν ἀνθρώπων. Καὶ τἄλλα δὲ ὅσα ἁρμόττει, ἐπιπολῆς ἰδεῖν ἐστιν. ἂν δ᾽ ἐναντία ἡ καὶ μετὰ τῶν ἀμφισβητούντων, πρῶτον μὲν ἅπερ ἄν τις πρὸς νόμον ἐναντίον μαχέσαιτο, ταῦθ᾽ ἁρμόττει" ἄτοπον γὰρ, εἰ, τοῖς μὲν νόμοις, ἂν μὴ ὀρθῶς κείμενοι ὦσιν ἀλλ᾽ ἐξαμάρτωσιν οἱ τιθέμενοι, οὐκ οἰόμεθα δεῖν πείθε-σθαι" ταῖς δὲ συνθήκαις, ἀναγκαῖον. Eire ὅτι τοῦ δικαίου Ba δευτής ἐστιν ὁ δικαστής" οὔχουν τοῦτο σκεπτέον, ἀλλ᾽ ὡς δικαιότερον. Καὶ τὸ μὲν δίκαιον, οὐκ ἔστι μεταστρέψαι, οὔτ᾽ ἀπάτη, οὔτ᾽ ἀνάγχῃ" πεφυχὸς γάρ ἐστι. Συνθῆχαι δὲ γίγνονται xal ἐξαπατηθέντων, καὶ ἀναγχασθέντων. Πρὸς δὲ τούτοις σχο-πεῖν, εἰ ἐναντία τινί ἐστιν, ἢ τῶν γεγραμμένων νόμων, ἢ τῶν χοινῶν, καὶ τῶν γεγραμμένων ἣ τοῖς οἰκείοις ἡ τοῖς ἀλλοτρίοις. ἔτι τε, εἰ ἄλλαις συνθήκαις ὑστέραις, ἢ προτέραις" ἣ γὰρ ai ὕστεραι χύριαι, ἄχυροι δ᾽ αἱ πρότεραι" ἣ αἱ πρότεραι ὀρθαὶ, αἱ δ᾽ ὕστεραι ἠπατήχασιν, ὁποτέρως ἂν ἡ χρήσιμον. ἔτι δὲ, τὸ συμφέρον ὁρᾷν, εἴ πη ἐναν τιοῦται τοῖς χριταῖς, χαὶ ὅσα

A'. Αἱ δὲ βάσανοι, μαρτυρίαι τινές εἰσιν. Éyeuv δὲ δο-χοῦσι τὸ πιστὸν, ὅτι ἀνάγχη τις πρόσεστι. Οὐχουν χαλεπὸν

Page 1