‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 82 sur 281 · LIVRE 1, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE XV

saire; et, renversant alors le mot de Xénophane , nous dirons qu'il y a égalité lorsque l’impie défère le serment, et que l’homme pieux l’accepte; qu'il serait extraordinaire de refuser nous-mêmes le serment, tandis que nous voulons que les juges le prêtent avant de rendre la sentence. Déféronsnous le serment, nous dirons que c’est un acte de piété de vouloir s'en rapporter aux dieux ; que notre adversaire n'a pas besoin de chercher d’autres juges, puisque nous lui offrons d’être son juge à lui-même; qu'il serait étrange qu'il ne voulût pas prêter un serment qu'il demande aux juges. Si nous avons clairement démontré comment il faut traiter chaque cas en particulier, on comprendra ce qu'il faut dire, quand on en traite deux à la fois; par exemple, si nous voulons prêter serment nous-mêmes, et ne pas accepter celui de l'adversaire; ou accepter celui de l'adversaire, sans le prêter nous-mêmes; ou l'accepter pour nous et le déférer à la fois ; ou ne faire ni l'un ni l’autre. On ne peut réunir que les cas dont nous venons de parler; il faut donc réunir les motifs que nous avons fait connaître.

$ VI. Du serment déjà prêté.

Mais si nous avons prêté un serment contraire à celui que nous prêtons actuellement, nous dirons qu’il n’y a pas pour cela parjure de notre part ; car il n’y ἃ injustice qu'avec le concours de la volonté, et le parjure est une injustice ; mais il n’y a pas de volonté quand il y a fraude et violence. 1] faudra ensuite serrer la définition du parjure, en disant qu'il est dans l'intention, et non sur les lèvres. Si c'est l'adversaire qui a prêté le serment, nous dirons qu’il détruit toute justice en ne s’en tenant pas à ce qu’il a juré ; que ce n’est qu’en respectant leur serment que les juges appliquent la loi. « O juges, nous voulons que vous respectiez votre serment quand vous prononcez la sentence; et nous, nous violerons le nôtre!» Et nous ajouterons tous les moyens d'amplification. Voilà tout ce qu'il y avait à dire sur les preuves indépendantes de l’art.

TEXNHEZ PHTOPIKHE B.

Α΄. ἔκ τῴων μὲν οὖν δεῖ καὶ προτρέπειν καὶ ἀποτρέπειν, καὶ ψέγειν καὶ ἐπαινεῖν, χαὶ κατηγορεῖν καὶ ἀπολογεῖσθαι, καὶ ποῖαι δόξαι mai προτάσεις χρήσιμοι πρὸς τὰς τούτων πίστεις, ταῦτ᾽ ἐστί. Περὶ γὰρ τούτων καὶ ἐκ τούτων τὰ ἐνθυμήματα λέγεται, ὡς περὶ ἕκαστον εἰπεῖν ἰδίᾳ τὸ γένος τῶν λόγων. ἐπεὶ δ᾽ ἕνεκα κρίσεώς ἐστιν ἡ ῥητορικὴ (καὶ γὰρ τὰς συμβουλὰς χρέ γουσι, χαὶ ἡ δίκη χρίσις ἐστίν") ἀνάγκη μὴ μόνον πρὸς τὸν λόγον ὁρᾷν, ὅπως ἀποδεικτικὸς ἔσται καὶ πιστὸς, ἀλλὰ καὶ αὑτὸν ποῖόν τινα καὶ τὸν χριτὴν κατασχευάξειν. Πολὺ γὰρ διαφέρει πρὸς πίστιν, μάλιστα μὲν ἐν ταῖς συμβουλαῖς, εἶτα mai ἐν ταῖς δίκαις, τό τε ποῖόν τινα φαίνεσθαι τὸν λέγοντα, χαὶ τὸ πρὸς αὑτοὺς ὑπολαμθδάνειν ἔχειν πως αὐτόν" πρὸς δὲ τούτοις ἐὰν καὶ αὐτοὶ διακείμενοί πως τυγχάνωσι. Τὸ μὲν οὖν ποιόν τινα φαίνεσθαι τὸν λέγοντα χρησιμώτερον εἰς τὰς συμβουλάς ἐστι" τὸ δὲ διακεῖσθαί πως τὸν ἀκροατὴν, εἰς τὰς δίχας. Οὐ γὰρ ταὐτὰ φαίνεται φιηοῦσι χαὶ μισοῦσιν, οὐδ᾽ ὀργιξομένοις καὶ πράως ἔχουσιν" ἀλλ᾽ ἣ τὸ παράπαν ἕτερα,

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