LIVRE II, CHAPITRE I
$ EH. Du mépris et de ses diverses espèces.
Le mépris est un acte de l'esprit jugeant qu’une chose ne semble avoir aucune valeur. Ce qui est mal, ce qui est bien, et ce qui tend à devenir l’un ou l’autre, nous paraissent dignes d’attention ; mais ce qui n’est rien, ou presque rien, nous ne pensons pas devoir nous en occuper. Il y a trois espèces de mépris : le dédain, l'esprit d'opposition, et l’outrage. Celui qui dédaigne, méprise; car on dédaigne les choses qu’on croit π᾿ ἃvoir aucune valeur, et celles qui n’en ont aucune, on les méprise. Il semble aussi que celui qui contredit, méprise; car l'esprit d'opposition est un obstacle que nous portons aux volontés d'autrui, non pour qu’il nous en revienne quelque chose, mais pour qu'il n’en revienne rien aux autres. Si donc on ne contredit pas pour son propre intérêt, on ne le fait que par un sentiment de mépris. D’un côté, il est évident qu’on ne redoute aucun dommage ; car, dans ce cas, on craindrait, on ne mépriserait pas. D’un autre côté, on espère aucun avantage digne d'être pris en considération; car autrement on chercherait à devenir l'ami de celui qu’on moleste. Celui qui outrage, méprise aussi. L'outrage consiste à causer du dommagé ou du chagrin en des choses qui font rougir ceux qui les endurent, et cela, non pour en retirer du profit, ou pour rendre la pareille, mais seulement pour son propre plaisir, Car ceux qui rendent la pareille n’outragent pas, ils se engent. La cause du plaisir qu'éprouvent ceux qui outragent, c’est qu'en maltraitant les autres, ils croient s'élever eux mêmes d'autant plus. Voilà pourquoi les jeunes gens et les iches sont portés à ountrager les autres; en les outrageant, ils pensent s'élever. Mésestimer quelqu'un, c’est l’outrager, et celui qui mésestime, méprise ; car ce qui n’a aucune valeur, on n’en fait aucune estime, ni en bien, ni en mal. Achille irrité s’écrie : « Il m’a outragé, car il retient la récompense qu’il m'a enlevée, qu’il a ravie lui-même 4. » Et ailleurs : « Il m'a traité comme un vil transfuge ÿ. » Voilà les motifs de sa colère. Nous croyons avoir droit aux égards et à
Le
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Τ΄, Φανερὸν οὖν ἐκ τούτων ἤδη, πῶς τ᾽ ἔχοντες ὀργίζονται αὐτοὶ, καὶ τίσι, καὶ διὰ ποῖα. Αὐτοὶ μὲν γὰρ, ὅταν λυπῶνται" ἐφίεται γάρ τινος, ὁ λυπούμενος" ἐάν τε κατ᾽ εὐθυωρίαν οὖν ἀντιχρούῃ τις" οἷον, τῷ διψῶντι πρὸς τὸ πιεῖν’ ἐάν τε μὴ, ὁμοίως ταὐτὸ φαίνεται ποιεῖν" καὶ ἐάν τε ἀντιπράττῃ τις, ἐάν τε μὴ συμπράττῃ, ἐάν τε ἄλλο τι ἐνοχλῇ οὕτως ἔχοντα, τοῖς πᾶσιν ὀργίξεται. Διὸ κάμνοντες, πενόμενοι, ἐρῶντες, διψῶν-τες, ὅλως ἐπιθυμοῦντες, καὶ μὴ κατορθοῦντες, ὀργίλοι εἰσὶ καὶ εὐπαρόρμγτοι" μάλιστα μὲν πρὸς τοὺς τοῦ παρόντος ὀλιγωροῦντας" οἷον, κάμνων μὲν, τοῖς πρὸς τὴν νόσον" πενόμενος δὲ, τοῖς πρὸς τὴν πενίαν" πολεμῶν δὲ, τοῖς πρὸς τὸν πόλεμον" ἐρὼν δὲ, τοῖς πρὸς τὸν ἔρωτα’ ὁμοίως δὲ καὶ τοῖς ἄλλοις" προοδοποιεῖται γὰρ ἕχαστος πρὸς τὴν ἑκάστου ὀργὴν, ὑπὸ τοῦ ὑπάρχοντος πάθους. ἔτι δὲ, ἐὰν τἀναντία τύχῃ TOY Guen vos" λυπεῖ γὰρ μᾶλλον τὸ πολὺ παρὰ δόξαν, ὥσπερ καὶ tépe