LIVRE II, CHAPITRE IL
afflige, de même que nous sommes dans la joie, si, contre toute attente, ce que nous voulons arrive, On voit donc quelles sont les circonstances, les occasions, les dispositions, les conditions d'âge, de lieu, de temps, qui nous portent à la colère; et on voit aussi que plus nous sommes dans ces conditions, plus il est facile . de nous irriter.
$ IV. Qui sont ceux contre lesquels on se met en colère.
Voilà donc quels sont les hommes qu’il est facile de mettre en colère. Nous nous mettons en colère contre ceux qui rient de nous, nous bafouent où nous raillent; car ils nous offensent : contre ceux qui font des actes qui nous nuisent.et qui prouvent qu'ils veulent nous offenser ; mais il est nécessaire que ces actes n'aient pour mobile ni un désir de vengeance, ni l'intérêt de celui qui les fait, pour qu’il nous semble qu’on veuille nous offenser : contre ceux qui disent du mal de nous, et qui font fi des choses auxquelles nous attachons le plus d'importance, par exemple, si on déprécie la philosophie devant quelqu'un qui se pique de philosophie, ou la beauté du corps devant celui qui s'en fait gloire, et ainsi du reste. Nous nous fâchons beaucoup plus quand nous pensons que nous ne possédons pas ces qualités, ou entièrement, ou d'une manière incontestable, ou quand on pense que nous ne les possédons pas. Car les railleries que l’on fait contre nous pour des choses que nous croyons posséder à un degré éminent, nous n’en tenons aucun compte. Nous nous mettons en colère contre ceux qui sont nos amis plus que contre ceux qui ne le sont pas ; car nous pensons que nous avons droit à recevoir de leur part du bien plutôt que du mal : contre ceux qui étaient habitués à avoir pour nous des égards et des soins, si maintenant ils ne sont plus les mêmes envers nous; nous croyons qu'ils nous méprisent, car autrement ils agiraient comme par le passé : contre ceux qui ne paient pas nos bienfaits de retour, ou ne nous rendent pas la pareille, et contre ceux qui agissent contrairement à nous, s’ils sont nos inférieurs. Les unset les autres semblent nous mépriser ; ceux-ci, comme
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γονται" καὶ οἱ μὲν, ὡς ἡττόνων" οἱ δ᾽ ὡς παρ᾽ ἡττόνων. Kai τοῖς ἐν μηδενὶ λόγῳ οὖσιν, ἄν τι ὀλιγωρῶσι, μᾶλλον" ὑπόxettat γὰρ ἡ ὀργὴ τῆς ὀλιγωρίας, πρὸς τοὺς μὴ προσήχοντας" προσήκει δὲ τοῖς ἥττοσι, μὴ ὀλιγωρεῖν. Τοῖς δὲ φίλοις, ἐάν τε μὴ εὖ λέγωσιν, ἢ ποιῶσι" mai ἔτι μᾶλλον, ἐὰν τἀναντία" καὶ ἐὰν μὴ αἰσθάνωνται δεομένων" ὥσπερ ὁ ἀντιφῶντος Πλήξιππος τῷ Μελεάγρῳ" ὀλιγωρίας γὰρ, τὸ μὴ αἰσθάνεσθαι, σημεῖον" ὧν γὰρ φροντίζομεν, οὐ λανθάνει. Καὶ τοῖς ἐπιχαίρουσι ταῖς ἀτυχίαις" καὶ ὅλως, εὐθυμουμένοις ἐν ταῖς ἑαυτῶν ἀτυχίαις" h γὰρ ἐχθροῦ, à ὀλιγωροῦντος σημεῖον. Καὶ τοῖς μὴ φροντίζουσιν ἐὰν λυπήσωσι" διὸ καὶ τοῖς κακὰ ἀγγέλλουσιν ὀργίζονται. Καὶ τοῖς ἢ ἀκούουσι περὶ αὐτῶν, ἢ θεωμένοις τὰ αὐτῶν φαῦλα" ὅμοιοι γάρ εἰσιν ἢ ὀλιγωροῦσιν, ἢ ἐχθροῖς οἱ γὰρ φίλοι σνναλγαῦσι" θεώμενοι δὲ τὰ οἰκεῖα φαῦλα πάντες ἀλγοῦσιν. ἔτι τοῖς ὀλιγωροῦσι πρὸς πέντε, πρὸς oÙc φιλοτιμοῦνται, πρὸς οὺς θαυμάξουσιω, ὑφ᾽ ὧν βούλονται θαυμάξεσθαι, πρὸς οὗς αἰσχύνονται, ἢ ἐν τοῖς αἰσχυνομένοις αὐτούς" ἐν τού-τοῖς ἐάν τις ὀλιγωρῇ, ὀργίζονται μᾶλλον. Καὶ τοῖς εἰς τὰ τοιαῦτα ὀλιγωροῦσιν, ὑπὲρ ὧν αὐτοῖς αἰσχρὸν μὴ βοηθεῖν" οἷον γονεῖς, τέχνα, γυναῖκας, ἀρχομένους. Καὶ τοῖς χάριν μὴ ἀπο-
αὐτόν. Tlomruxôv δ᾽ ὀργῆς καὶ ἡ λήθη" οἷον καὶ τῶν ὀνομά--