LIVRE II, CHAPITRE HI
que c’est un manque de respect de nier l'évidence; et le manque de respect vient du mépris ou du dédain: aussi manquonsnous de respect pour ceux que nous méprisons beaucoup. Nous traitons avec douceur ceux qui s’humilient devant nous, et qui ne nous contredisent pas ; car ils semblent reconnaître qu'ils sont nos inférieurs ; or, un inférieur craint, et un homme qui craint ne méprise pas ; les chiens même sont une preuve que la colère cessé à l'égard de ceux qui s’humilient, car ils ne mordent pas ceux qui sont assis ? : ceux qui agissent sérieusement quand nous sommes sérieux; car il semble alors qu'ils font état de nous, et qu’ils ne nous méprisent pas: ceux dont les b‘enfaits surpassent les torts ; ceux qui nous adressent des prières et des supplications, car ils se mettent au-dessous de nous: ceux qui n'outragent, ne raillent, ne méprisent personne, ou qui respectent du moins les hommes vertueux, ou ceux qui nous ressemblent; en un mot, c'est par les contraires qu'on peut connaître les raisons pour lesquelles on s'apaise * ; ceux que nous craignons et que nous respectons; tant que nous sommes dans ces sentiments, nous sommes sans colère, parce qu’il est impossible de craindre et de s’irriter en même temps. On ne s’irrite pas ou on s’irrite moins contre ceux qui ont agi par colère ; car il ne semble pas qu'ils aient agi par mépris. En effet, on ne méprise pas quand on est en colère, puisque le mépris est sans douleur, tandis que la colère est accompagnée de douleur. Il en est de même à l'égard de ceux qui nous respectent.
$ II, Quels sont ceux qui sont doux et bienveillants.
Il est évident aussi que ceux-là sont doux, qui sont dans des dispositions contraires à celles qui excitent la colère, comme dans les jeux, le rire, les fêtes, les jours de réjouissance, les succès, l'accomplissement de tous les désirs ; en un mot, quaud on est sans douleur, et qu'on jouit d’un plaisir qui n’offense personne, ou d'honnêtes espérances. Ajoutons-y ceux dont le courroux a vieilli, et qui n’ont plus, pour ainsi dire, la colère sous la main, car le temps la fait cesser. Une première vengeance
156 PHTOPIKH.
ὀργὴν μείζω, ἡ παρ᾽ ἄλλου ληφθεῖσα τιμωρία πρότερον. Διὸ εὖ Φιλοκράτης, εἰπόντος τινὸς, ὀργιζομένου τοῦ δήμου, τί οὐκ ἀπολογεῖ; οὔπω γε; ἔφη" ἀλλὰ πότε; ὅταν ἄλλον ἴδω διαδεδλημένον, ἸΤρᾷοι γὰρ γίγνονται, ὅταν εἰς ἄλλον τὴν ὀργὴν ἀναλώσωσιν" οἷον συνέδη ἐπὶ Ἐργοφίλου" μᾶλλον γὰρ χαλεπαίνοντες ἢ Καλλισθένει, ἀφεῖσαν, διὰ τὸ Κὰ αλλισθένους τῇ προτεραίᾳ κατα-γνῶναι θάνατον. Καὶ ἐὰν ἐλεῶσι, καὶ ἐὰν μεῖζον κακὸν πεπονθότες ὦσιν, ἢ οἱ ὀργιξόμενοι ἂν ἔδρασαν" ὥσπερ γὰρ εἰληφέναι τιμωρίαν οἴονται. Kai ἐὰν ἀδικεῖν οἴωνται αὐτοὶ, καὶ δικαίως πάσχειν" οὐ γίγνεται γὰρ ἡ ὀργὴ πρὸς τὸ δίκαιον" οὐ γὰρ ἔτι παρὰ τὸ προσῆκον οἴονται πάσχειν" ἡ δὲ ὀργὴ τοῦτο ἦν. Διὸ τῷ λόγῳ δεῖ προκολάξειν" ἀγανακτοῦσι γὰρ ἧττον κολαξόμενοι καὶ οἱ δοῦλοι. Kai ἐὰν μὴ αἰσθήσεσθαι οἴωνται, ὅτι δ αὐτοὺς, καὶ ἀνθ᾽ ὧν ἔπαθον" ἡ γὰρ ὀργὴ, τῶν καθέκαστόν ἐστι' δῆλον δ᾽ ἐκ τοῦ ὁρισμοῦ. Διὸ ὀρθῶς πέποίηται"
ὡς οὐ τετιμωρημένος, εἰ μὴ ἤσθετο καὶ ὑφ᾽ οὗ, καὶ ἀνθ᾽ ὅτου. ὥστε οὔτε τοῖς ἄλλοις, ὅσοι μὴ αἰσθάνονται, ὀργίζονται" οὔτε τοῖς τεθνεῶσιν ἔτι, ὡς πεπονθόσι τε τὸ ἔσχατον, καὶ οὐκ ἀλγήσουσιν, οὐδ᾽ αἰσθησομένοις, οὗ οἱ ὀργιζόμενοι ἐφίενται. Διὸ εὖ περὶ τοῦ Éxropos ὁ ποιητὴς» παῦσαι βουλόμενος τὸν À xx τῆς ὀργῆς τεθνεῶτος"