LIVRE II, CHAPITRE III
que nous avons tirée d’une offense apaise une colère plus grande que nous avions contre un autre. Aussi Philocrate répondit sagement lorsqu'on lui demanda pourquoi, le peuple étant irrité contre lui, il ne se justifiait pas# : « Il n'est pas temps encore, dit-il. — Et quand donc? — Lorsque j'en verrai un autre accusé comme moi. » En effet, on s’apaise quand on a épuisé sa colère contre un autre. C’est ce qui arriva à Ergophile 5. Les juges étaient plus irrités contre lui que contre Callisthène ; et cependant ils le renvoyèrent absous, parce qu’ils avaient la veille condamné Callisthène à la mort. Nous nous apaisons aussi à l'égard de ceux qui nous inspirent la pitié ὃ, et qui ont suffert des maux plus grands que ceux qu'ils auräjent eu à souffrir de notre colère, car il semble que nous sommes vengés. Nous sommes sans colère, si nous croyons avoir tort et mériter ce que nous souffrons ; on ne s’irrite pas contre ce qui est juste ; on ne croit plus alors être traité autrement qu’il convient, et c’est de là, avons-nous dit, que vient la colère. Aussi la punition doit-elle commencer par des remontrances, car les esclaves même se fâchent moins quand on les punit ainsi. Il en est de même, si nous pensons qué celui qui est puni ne saura pas d'où et pourquoi lui vient le mal qu'il souffre ; car la colère, ainsi qu’il résulte de notre définition, s'en prend à un homme en particulier, Aussi le poëte a dit justement : « Réponds-lui que c’est Ulysse le destructeur des cités 7.» Ulysse ne se regardait pas comme vengé, si le Cyclope eût ignoré quels étaient l'auteur et la cause de ses maux. Nous sommes donc sans colère contre tous ceux qui ne pourraient savoir qui les punit ; nous ne conservons aucun ressentiment contre les morts, parce qu’ils ont subi la dernière peine, et qu'ils ne doivent ni souffrir, ni être sensibles à la vengeance, résultat que désire l’homme irrité. Homère a donc eu raison de dire, quand il veut arrêter la colère d'Achille qui s’acharne sur le cadavre d’Hector : « Dans sa fureur, il outrage une terre insensible $. » Il est donc évident qu’il faut avoir recours à ces lieux, quand on veut apaiser les auditeurs, et les rendre tels que ceux que nous venons de dé-
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Α΄, Tivas δὲ φιλοῦσι, καὶ μισοῦσι, καὶ διὰ τί, τὴν φιλίαν
ἐκ Τὰ , “ RE mai τὸ φιλεῖν ὁρισάμενοι, λέγωμεν. Ἑστω δὴ τὸ φιλεῖν, τὸ βοὐλεσθαίτινι, ἃ οἴεται ἀγαθὰ, ἐκείνου ἕνεκα, ἀλλὰ μὴ αὑτοῦ, χαὶ τὸ κατὰ δύναμιν πρακτικὸν εἶναι τούτων, Φίλος δ᾽ ἐστὶν ὁ φιλῶν καὶ ἀντιφιλούμενος, Οἴονται δὲ φίλοι εἶναι, οἱ οὕτως ἔχειν οἰόμενοι πρὸς ἀλλήλους. Τούτων δὲ ὑποχειμένων, ἀνάγκη φίλον εἶναι τὸν συνηδόμενον τοῖς ἀγαθοῖς, καὶ συναλγοῦντα τοῖς λυπηροῖς, μὴ διά τι ἕτερον, ἀλλὰ δὲ ἐκεῖνον. Γιγνομένων γὰρ ὧν βούλονται, χαίρουσι πάντες" τῶν ἐναντίων δὲ, λυ-ποῦνται" ὥστε τῆς βουλήσεως σημεῖον, αἱ λῦπαι καὶ αἱ ἡδοναί, Καὶ οἷς ἤδη ταὐτὰ ἀγαθὰ καὶ καχά" καὶ οἱ τοῖς ἀυτοῖς φἕλοι, καὶ οἱ τοῖς αὐτοῖς ἐχθροί" ταὐτὰ γὰρ τούτοις βούλεσθαι ἀνάγκη. ὥστε ἅπερ αὑτῷ, καὶ ἄλλῳ βουλόμενος, αν τούτῳ φαΐ νεται φῇος εἶναι.
FEB. Καὶ τοὺς πεποιηκότας εὖ, φιλοῦσιν, "ἢ αὐτοὺς, ἢ ὧν κή-