‹ La rhétorique d'AristoteChapitre 98 sur 281 · LIVRE II, CHAPITRE ΤΥ · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE ΤΥ

aimer : ceux que nous ne craignons pas et en qui nous ayons confiance ; car on n'aime jamais celui que l'on craint. La camaraderie, la familiarité, la parenté, et les autres liens de cette nature, sont des espèces d'amitié. Ce qui engendre l'amitié, c'est le bienfait, le service qu’on rend sans en être prié, et qu'on pe publie pas après l'avoir rendu; autrement il semblerait qu'on ἃ agi dans son intérêt propre, et non pour un autre motif. $ LIT. En quoi l’inimitié diffère de la haine.

Il est clair que c’est par les contraires qu'on doit examiner ce qui concerne l'inimitié et la haine. Les causes qui produisent l'inimitié sont la colère, les vexations, la médisance. La colère naît des choses qui sont faites contre nous ; l’inimitié, de celles mêmes qui ne sont pas faites contre nous ; car si nous supposons telle ou telle qualité à un homme, nous le baïssons. La colère s'attache toujours à l'individu, comme, par exemple, à Callias ou à Socrate ; la haine s'attache même au genre; chacun déteste, par exemple, le voleur et le calomniateur ; la première guérit avec le temps, la seconde, non. Celle-là veut affliger, celle-ci veut plutôt faire du mal. Quand nous sommes en colère, nous voulons qu’on sente d'où vient le mal; quand nous haïssons, peu nous importe. Les choses qui nous affligent nous sont toutes sensibles ; tandis que les choses les plus mauvaises, comme l'injustice ou la folie, ne produisent en nous aucune sensation ; en effet, la méchanceté qui $e trouve en nous, ne nous cause aucune douleur. La colère est accompagnée de douleur, la haine ne l'est pas. Celui qui est en colère souffre, celui qui haïit ne souffre pas. Celui-là pourrait s'attendrir dans beaucoup de circonstances; celui-ci, jamais. Le premier veut faire souffrir à son tour celui contre qui il est irrité; le second voudrait que son ennemi cessât d'exister. Ce que nous venons de dire montre comment on peut établir que les hommes ont de l’amour ou de la haine, inspirer ces sentiments à ceux qui ne les ont pas,. démêler si ceux qui prétendent lés avoir disent vrai, et faire pencher ceux qui balancent encore entre la colère et l'inimitié, du côté que l’on préfère.

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KEDAAAION Ε΄.

Δ΄, Ποῖα δὲ φοδοῦνται, καὶ τίνας, καὶ πῶς ἔχοντες, ὧδ᾽ ἔσται φανερόν. ἔστω δὴ pé6os, λύπη τις ἢ ταραχὴ, ἐκ φαντασίας μέλλοντος καχοῦ, ἢ φθαρτιχοῦ, ἢ λυπηροῦ. Οὐ γὰρ πάντα τὰ καχὰ φοθοῦνται" οἷον, εἰ ἔσται ἄδικος n βραδύς" ἀλλ᾽ ὅσα ἢ λύπας μεγάλας, n phopas δύναται" καὶ ταῦτα, ἐὰν μὴ πόῤῥω, ἀλλὰ σύνεγγυς φαίνηται, ὥστε μέλλειν" τὰ γὰρ. πόῤῥω σφόδρα, οὐ φοβοῦνται. ἴσασι γὰρ πάντες, ὅτι ἀποθανοῦνται" ἀλλ ὅτι οὐχ ἐγγὺς, οὐδὲν φροντίζουσιν. Ei δὴ ὁ φόθος τοῦτ᾽ ἐστὶν, ἀνάγκη τὰ τοιαῦτα φοδερὰ εἶναι, ὅσα φαίνεται δύνα-μιν ἔχειν μεγάλην τοῦ φθείρειν, ἡ βλάπτειν βλάδας, εἰς λύπην μεγάλην συντεινούσας. Διὸ καὶ τὰ σημεῖα τῶν τοιούτων φοδερά" ἐγγὺς γὰρ paivera τὸ φοδερόν' τοῦτο γάρ ἐστι κίνδυνος, φοβεροῦ πλησιασμός. Τοιαῦτα δὲ, ἔχθρα τε καὶ ὀργὴ δυναμένων ποιεῖν τι" δῆλον γὰρ, ὅτι βούλονταί τε καὶ δύνανται: ὥστε ἐγγύς εἰσι τοῦ ποιεῖν. Καὶ ἀδικία δύναμιν ἔχουσα" τῷ προαιρεῖσθαι γὰρ ὁ ἄδιχος, ἄδικος. Καὶ ἀρετὴ ὑβριξομένη, δύναμιν ἔχουσα" δῆλον γὰρ, ὅτι. προαιρεῖται μὲν, ὅταν ὑδρί-ξηται, ἀεὶ, δύναται δὲ νῦν. Kai pé6os τῶν δυναμένων τι ποιῆσαι" ἐν παρασχενῇ γὰρ ἀνάγχη εἶναι καὶ τὸν τοιοῦτον. Ἐπεὶ δ᾽ οἱ πολλοὶ χείρους καὶ ἥττους τοῦ κερδαίνειν, καὶ δειλοὶ ἐν τοῖς κινδύνοις, φοδερὸν ὡς ἐπιτοπολὺ, τὸ ἐπ᾽ ἄλλῳ αὐτὸν εἶναι. ὥστε οἱ συνειδότες πεποιηκότι τι δεινὸν à φοδεροὶ,

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