Obligations 6°/o
En échange de ces titres l’Etat émettait des obligations à 6% d’une valeur nominale de 237.500.000 lei, amortibles en 44 ans; dans cette somme étaient compris 20 millions qui devaient être employés par l’Etat pour l'amélioration du réseau des chemins de fer. La conversion ne comprenait pas les obligations 6% qui devaient subsister comme dette du capital-actions. Cette opération rendit l’Etat maître de nos chemfns de fer, en même temps qu’elle lui procurait un bénéfice considérable.
Le premier contact avec la finance allemande n’a pas été très heureux pour nous; il nous a fallu de grands efforts pour nous libérer, par le rachat d’une dette qui pesait d’une manière si lourde, pendant une période extrêmement longue — 81 ans — sur nos finances publiques.
Une fois l’opération de la conversion terminée, le ministère des finances chargea la «Disconto-Gesellschaft» ainsi que la maison «S. Bleichrôder» de Berlin de faire service des coupons. C’est depuis cette époque que nous trouvons la «Disconto» engagée dans presque toutes nos opérations d’emprunt.
Les obligations 5°/o furent converties en obligations d’Etat 5 a/o par la loi du 1er Juillet 1881.
Pour être juste il faut reconnaître que la situation politique et économique de la Roumanie, avant la guerre libératrice de 1878—1878. nous mettait dans Pim possibilité de contracter des emprunts publics dans de bonnes conditions; les emprunts contractés avant les emprunts Strussberg, étaient presque aussi onéreux; ce dernier avait le désavantage de rendre un groupe étranger maître de nos cheminsde fer.
Depuis 1881, tous nos emprunts publics furent contractés en Allemagne.
/ En 1883 un événement capital fixa l’orientation politique de la Roumanie : notre alliance avec P Autriche-Hongrie et par conséquent notre rattachement au groupe des Puissances centrales; cette alliance n’a été utile qu’à un seul
L’EXPANSION ALLEMANDE EN ORIENT
point de vue: elie nous a procuré Fargent nécessaire à notre développement économique.
Mr Pierre Garp a relevé dernièrement le fait au Parlement: „N’oubliez pas que c’est l’Allemagne qui nous a donné l’argent nécessaire à notre développement; la France ne nous a donné qu’avec difficulté)).
Pouvons-nous faire un reproche à la France de ne pas avoir répondu à notre appel?
En répondant à Mr Garp, Mr Take Ionesco disait avec juste raison:
ccEtait-il possible que nous nous trouvions dans une alliance qui, à un moment donné, pouvait nous placer dans un camp opposé à celui de la France, et que nous attendions à ce que ce pays nous donnât de l’argent? Je trouve, moi, que les qnelques centaines de millions de rente roumaine pris par la France constituent un miracle, puisque, ce qui eût été naturel, c’eût été que tous nos emprunts restassent chez ceux qui allaient tirer profit de notre développement économique et militaire))1).
Il était naturel, une fois entrés dans l’alliance, que l’Allemagne nous aidat à parfaire notre outillage économique, à compléter notre armement et à consolider notre situation financière.
En 1882 nous avons contracté à la «Disconto» et à la maison Rotschild de Francfort am Main un emprunt de 50 millions en titres de rente amortibile 5% au prix de 91%. Depuis cette époque les emprunts se suivent; après quelques émissions de rente moins importantes, l’Etat contracte en 1888 un emprunt de 100 millions de rente amortible 5% au prix de 90%. Dans la période 1881—1888 l’Etat avait fait des émissions de rente d’une valeur nominale de 436.525.000 qui ont produit 395.810.122 lei net.
Nous avons formé un tableau complet de tous les emprunts contractés en Allemagne avec indication des banques qui les ont émis. Nous avons eu soin de noter la participation des banques françaises à ces emprunts (elle n’a jamais dépassé 25% de la somme totale); cette participation ne changeait en rien le caractère de l’emprunt ni ne diminuait l’influence allemande chez nous; c’était un placement pur et simple, indifférent aux relations entre le principal prêteur et le débiteur.
9 La 'politique de V Instinct national, discours prononcé par Mr Take Ionesco dans les séances du 16 et 17 Décembre 1915 à la Chambre des Députés de Roumanie, p. 65.
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