‹ La rivale d'elle-mêmeChapitre 3 sur 51 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Avec ce qu'on publie à ton honnem *

s AINT-PHAR.

De moi !

D ALVI ANE.

Parbleu! ne vas-lu pas t'en défendre? Eh! pourquoi?

Sans bruit et sans scandale, en personne discrète,

En habile guerrier, tu sonnas la retraite.

Une Agnès! comment diable en finir autrement?

Pour la coquette, passe. Oh! sans ménagement,

La prendre et Tafficher , la quitter sans mesure :

On np peut trop donner d'éclat a la rupture ;

Mais ici tu devais te montrer généreux.

Moi , qui m'en pique, tiens, je n'aurais pas fait mieux.

SAINT-PH An.

Tu me railles; eh bien , je l'avoue, h ma honte,

L'amour seul m'inspira cette fuite si prompte

Qu'on dut attribuer à ma légèreté.

Fidèle à mon devoir, autant qu'à la beauté,

L'honneur nous appelait : j'abandonnai la France,

Je partis avec loi. Ma juste défiance

Prévint jusqu'au danger de nos cruels adieux.

Sophie! il m'en coûta pour ra'arracher des lieux

Animés par ta voix, embellis par tes charmes;

Mais, avant de partir, si j'avais vu tes larmes,

Malgré moi, je le sens, l'amour était vainqueur:

Tu triomphais peut-être aux dépens de rhonncur.

De mon cœur déchiré pour chasser ton image,

Je voulus même alors te paraître volage;

Et , n'osant me flatter de te revoir m\ jour ,

3Xe cherchant que la mort, trouvant partout l'amour,

Trois ans je t adorai sous un autre hémisphère. Je reviens ; mais, hélas ! que faut-il que j'espère?

d'alviane.

Est-ce que par hasard tu veux me convertir? Ah! mon pauvre Saint-Phar, il faut en convenir, Ton pareil est encore à trouver. De ma vie , Je n'essuyai , je crois , plus touchante élégie. Et quelle est ta déesse ? une fille des champs , Naïve en ses propos, simple dans ses penchants, Qui, fort innocemment, te fit tourner la tête. Et dut bien s'élonner d'avoir fait ta conquête.

s AINT-PH AR.

Sophie , a dix-sept ans, n'était , je l'avoùrai, Que simple villageoise, et je l'idolâtrai; Orpheline, élevée, instruite par sa tante Qui , pour y subsister d'une modique renie Habilait sous le chaume, et cachait ce trésor

De grâces, de vertus Ah! je n'y songe encor

Que pour me rappeler sa candeur, sa sagesse, Et mon respect pour elle, et sa délicatesse. Aime et tu connaîtras ....

Je m'en garderai bien.

SAIKT-PHAK.

Quand on effleure tout, on ne jouit de rien.

d'alviawe.

Gn ne jouit de rien ! C'est "a quoi je m'oppose. QiicM donc! pour respirer le parfum de la rose

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