ACTE I, SCÈNE T
Faut-il absolument l'effeuiller, la liétrir? Non, non; mais quand je vois le bouton s'entrouvrir. Je m'approche un moment de sa tige nouvelle; Un autre va fleurir; à son tour il m'appelle, Et j'y vole : tu vois que par ce doux moyen, Je sais jouir de tout, sans me lasser de rien.
SAINT-PHAK.
Toutes femmes ainsi seront par toi chéries !
d'à L VI A NE.
Toutes ! oh ! distinguons : toutes femmes jolies.
s AINT-PH AR.
Et tu les tromperas.
d'aLVI ANE.
Non pas, mais tour à tour.
Je saurai les aimer d'un éternel amour.
SAINT-PIIAR.
Mais en aimer plusieurs, c'est n'en aimer aucune.
n'A L VI ANE.
C'est en insulter vingt que de n'en aimer qu'une,
SAINT-PHAR
Eli bien , soit. Mais vois donc notre valet, Germain;
Compte-t-il nous laisser ici jusqu'à demain ?
Au bout de cette allée il devait nous attendre . . ; .
d'aL VI ANE.
C'est nous qui l'attendons.
s AIWT-PHAR.
Il aurait pu ra'apprendre
Au moins dans quelle auberge il compte nous loger. D'ailleurs ne faut-il pas, malgré moi , le charger, Puisque je reste ici , d'un important message ? Six milles, de ce port, séparent le village Qu'habite ina Sophie !
d'aï. VI ANE.
Et tu crois bonnement Qu'elle sera restée a pleurer son amant , Depuis ton escapade, au même endroit?
SAINT-PHAR
Sans doute.
Je le souhaite. Moi , je reprendrai la route
De Paris , où , ma foi , je brûle d'arriver.
Car moi-même en ces lieux je crains de retrouver
La sensible d'Armin , celte veuve si tendre
Qui , lors de mon départ , a promis de m'attendre.
Sais-tu que dans le temps elle m'a proposé
J'ai vu l'instant, mon cher, où j'étais épousé. Pourvu qu'elle renonce a celte folle envie : Oh ! quelque bon époux de moi l'aura guérie.
SAINT-PHAU.
Tu mériterais bien de trouver là ta fin.
d' ALV I ANE.
Mon étoile n'est pas encore à son déclin ;
Ce n'est pas pour l'hymen qu'elle va luire en Franc*.
SAINT-PHAR
Ah ! le voici pourtant ce drôle. Approche.
d' ALVI ANE.
Avance.