‹ La rivalité anglo-germaniqueChapitre 2 sur 27 · AVANT-PROPOS III · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS III

d'organiser un réseau national de câbles sous-niarins, ce fut en vue de soustraire à l'hégémonie télégraphique de l'Angleterre ses relations avec tout ce qui dans l'univers représente un intérêt allemand, de quelque nature qu'il soit. La Grande- Bretagne s'opposa à la réalisation de ce plan, mais sans grande vigueur. L'ambition du Deiitsc/itum n'étant point injustifiée, l'impérialisme britannique estima probablement qu'il ne serait pas de saine politique de la briser. Peut-être aussi a-t-il su la versatilité de la France dans ses tractations télégraphiques avec sa voisine de l'Est, et a-t-il hésité à engager à fond contre celle-ci une lutte où il ne pouvait vaincre qu'alliée à celle-là.

Ma seconde raison de considérer avec attention la télégraphie sous- marine des Allemands, fut qu'à tort ou à raison, je crus discerner dans leur réseau de l'Océan

IV LES CABLES SOUS MaRINS ALLEMANDS

Pacifique, sinon la première application, du moins les origines d'une méthode internationale d'exploitation propre au vingtième siècle. Cette méthode consiste, pour des puissances rivales, qui à cause de leur rivalité même ne peuvent s'approprier un pays étranger qu'elles convoitent, à y organiser en commun quelques grandes compagnies privées, où chacune d'elles aura des délégués officiels. L'administration de ces compagnies est donc mixte, d'abord en ce sens qu'elle représente des intérêts privés et des intérêts gouvernementaux ; ensuite, en ce sens qu'il y a, parmi les administrateurs, des mandataires de plusieurs États. Quant à l'objet de ces associations commerciales, c'est toujours l'exploitation de richesses ou de biens dont la production ou la détention a une valeur économique telle qu'ils confèrent à qui les possède presque une puissance politique.

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