LA FUITE
Quatre heures du matin sonnent à l’horloge de la cour des Messageries.
La nuit dure encore. Le ciel est chargé de gros et sombres nuages.
La journée sera triste etbrumeuse, et, comme la veille, la nuit viendra de bonneheiire.
Une pluie fine et pénétrante croise ses mille réseaux.
La cour des Messageries est presque déserte.
De petites flaques d’eau ont envahi les interstices des pavés : la lueur douteuse de quelques
rares lanternes s’y réverbère en lames lumineuses.
L’air est humide et froid.
A la porte de la salle d’attente, sous l’espèce d’auvent formé par la gouttière, d’où tombent de larges gouttes d’eau clapotant sur la dalle, Claudien est debout et attend.
Jeanne est à côté de lui. Ils sont silencieux et absorbés.
L’œil de Claudien est fixe, et sa physionomie fatiguée.
Jeanne est pâle, et frissonne par instants.
Leur voyage s’annonce sous de lugubres auspices.
La résolution de Claudien est irrévocable désormais. Son âme faible a pris avec une insurmontable énergie un parti désespéré.
Les conseils d’Armand à cette heure ne seraient même pas entendus. Mais en lui, quoi qu’il fasse pour en chasser le souvenir, retentissent, sinistres et éclatantes, les dernières paroles de son frère.
L’image d’Armand revient malgré lui à sa pensée : il voit cette figure sévère et indignée
lui reprocher son mensonge. Il se rappelle en ce moment l’argent que dans sa profonde bonté son frère lui a remis pour l’aider à rentrer dans une autre vie. A travers ses vêtements, ce papier qu’il avait oublié brûle sa poitrine. Dès son arrivée, il le lui renverra. D’autres images funestes se succèdent dans la pensée de Claudien : il voit l’avenir sombre. Il est désormais le seul soutien de Jeapne dans un pays inconnu. Tl a lieu de croire que les ressources de Jeanne seront bientôt épuisées, et ces ressources honteuses, il les calcule et les suppute, en rougissant de lui-même. Il comprend, si la misère arrive, quels reproches sera en droit de lui faire cette femme qu’il aura arrachée à une vie opulente et heureuse.
Parfois, son imagination, menteuse et facile aux espoirs décevants, reprend le dessus : il espère qu’avec un travail et des efforts soutenus, il pourra être plus fort que les obstacles. Il se dit bien haut dans son cœur, pour se rassurer, que devant la nécessité se révéleront sa volonté et son énergie. Il aime Jeanne plus qu’il ne l’a jamais aimée, et cet amour lui donnera le cou-
rage dont il aura besoin. Mais l’expérience fatale qu’il a faite de lui-même , la décourageante analyse de son frère, le rappellent au vrai, et il retombe lourdement dans la fatale réalité. Lui qui a toujours et trop compté sur son avenir, pour la première fois il commence à en douter, et ce doute l’effraye et brise déjà ses forces. Il pense enfin, avec un bonheur mêlé d’épouvante, à l’enfant que Jeanne porte dans son sein.
La nuit, le froid humide, la pluie triste et glacée, agissent sur la nature nerveuse et impressionnable de Jeanne.
Au moment de renoncer pour jamais à ce qu’elle était si heureuse d’abandonner la veille, elle a peur et elle hésiterait peut-être s’il était temps encore.
Ses projets d’avenir et de bonheur s’effacent peu à peu et s’évanouissent. Elle peut en ce moment, en dehors de toute préoccupation ardente, envisager ce qu’elle laisse derrière elle. Elle pense au scandale que va faire naître sa fuite : elle voit le froid dédain de sa sœur en apprenant celte nouvelle.
L’amour de Claudien lui rendra-t-il tout cela?
La scène de la veille le lui a montré tel qu’il est, faible et irrésolu. Pourra-t-elle toujours compter sur lui? Mais une pensée d’espoir et de bonheur l’élève au-dessus de ces craintes et de ces regrets.
Le sentiment de la maternité lui fait entrevoir déjà de puissantes et chaleureuses consolations .
Jeanne est plongée dans ces pensées. Par moments, elle tombe dans une noire mélancolie et frissonne.
— Tu as froid? lui dit Claudien.
— Non, Claudien, répondit Jeanne, ranimée déjà et réchauffée par cette voix.
Cependant l’heure du départ approchait. Des hommes traversaient la cour, conduisant des chevaux. Quelques voyageurs arrivaient : on transportait des bagages.
— Et Louise qui n’arrive pas ! dit Claudien avec impatience.
— 11 ne faut pas lui en vouloir, mon ami; elle a bien des choses à faire. Pour préparer et disposer ce que nous emportons, il faut du temps.
— La voilà! dit Claudien.
Louise, suivie d’un homme qui portait des bagages, accourait vers eux. Elle remit à madame Regis un paquet qu’elle portait à la main, plus léger que les autres.
— Je ne puis partir avec vous, dit-elle d’une voix haletante.
Jeanne et Claudien remarquèrent son agitation.
Les traits de Louise étaient renversés, ses joues couvertes d’une pâleur livide, et il y avait de l’égarement dans ses yeux.
— Qu’y a-t-il, au nom du ciel ? dit Jeanne craignant quelque nouveau malheur.
— Mon enfant est bien malade, répondit Louise. Je tremblais de le quitter un seul instant pour venir vous retrouver... Mais vous ne pouviez partir sans m’avoir vue...
Elle suffoquait.
— S’il va mieux, reprit-elle, j’irai vous rejoindre... Vous m’écrirez, n’est-ce pas, madame ?
Elle voulut saisir la main de Jeanne. Celle-ci l’embrassa en pleurant.
LA ROBE DE DtâJANIRE. 135
— Adieu, monsieur Claudien, dit Louise à Claudien, qui la regardait ému. Vous serez heureux, tous deux!...
Et elle s’enfuit.
— Pauvre fille! dit Claudien plus triste encore.
—Son enfant? murmura feanne avec terreur, en pensant à elle-même; Claudien, si son enfant mourait!...
Tous deux se regardèrent avec angoisse ; ils s’étaient compris.
Claudien lui serra les mains entre les siennes.
— Je t’en supplie, dit-il, écarte ces affreuses idées!...
Les chevaux étaient attelés et faisaient jaillir du pavé humide l’étincelle sous leur fer impatient.
Les voyageurs se pressaient autour de la diligence : quelques-uns éta lent déjà montés et avaient pris leurs places.
La voix du conducteur a ppelait les noms.
— On part! dit Claudien heureux de cette diversion aux noires pensées de Jeanne.
Ils se dirigèrent à la hâte vers la voiture.
Un homme enveloppé dans un manteau leur barra le chemin. Quoiqu’on ne pût distinguer ses traits, Glaudien le reconnut et frissonna d’un tremblement convulsif. C'était Armand.
— Qu’as-tu, Claudien? demanda Jeanne épouvantée sans comprendre.
— Monte dans la voiture! dit Claudien d’une voix entrecoupée.
Et il la poussa vivement par un mouvement instinctif.
Armand fit un pas pour l’empêcher, et s’arrêta ; Claudien était toujours devant lui, atterré, mais résolu.
— Armand, dit-il, ne me retenez pas !
— Tu ne partiras pas, répondit Armand. Je suis arrivé à temps, et je te sauverai malgré toi-même.
— Laissez-moi! s’écria Claudien en faisant un pas vers la voiture.
Armand rejeta son manteau en arrière, et se plaça de nouveau en face de lui dans une attitude décidée.
Jeanne, de la voilure, voyait cette scène. Elle voulut s’élancer.
— Au nom de Dieu! dit Claudien, les dents serrées, laissez-moi passer!
— Tu ne passeras pas! dit Armand inflexible.
Les muscles de Claudien se contractèrent. Cette résistance froide et implacable l’exaspérait.
Armand était toujours devant lui, immobile.
Claudien voyait un abîme, et, aveugle, il s’y précipitait avec une fureur désespérée.
— Claudien ! s’écria Jeanne d’une voix déchirante.
— Armand, faites-moi place! dit Claudien, menaçant, avec un sourd éclat.
Et il fit un pas en avant. Les poitrines des deux frères se touchaient.
Armand ne recula pas.
— Armand ! s’écria une dernière fois Claudien hors de lui.
— Tu ne passeras pas !.. .
Claudien, d’un élan aveugle, se précipita et repoussa son frère.
Armand fut presque renversé.
Toute la résolution froide d’Armand et son
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impassibilité l’abandonnèrent en ce moment; il pâlit, son œil devint humide, et, sans faire un mouvement, il regarda son frère qui franchissait le marchepied.
— Malheureux! dit-il avec une indicible expression de tristesse et de douleur, malheureux!
La voiture ébranlée se lança au galop hors de la cour...
Armand était resté immobile, abattu. Tout à coup, par un dernier effort et par une résolution subite, il s’élanç a après la voiture.
Il était trop tard. A peine pouvait-il l’apercevoir encore.
Il s’appuya contre une muraille et tomba dans un morne acca blement.
Après quelques instants, il rentra dans la cour des Messageries.
— Quelle est la voiture qui vient de partir? demanda-t-il à un homme qu’il trouva devant lui.
— La voiture de Valenciennes, répondit l'homme.
Armand s’éloigna pensif.
En quitlant son frère la veille, Armand s’était rendu chez M. Regis, avec qui il devait avoir une entrevue dernière et signer le contrat de vente de la fabrique de papiers.
Armand s’en allait chez le banquier, le cœur content, sans inquiétude désormais. Tout lui avait réussi. Il allait conclure pour ses commettants une opération importante dont les résultats promettaient d’être brillants : il avait fait rentrer son frère dans le chemin de l’honneur. 11 partait avec lui le soir même, et se promettait bien de ne pas perdre le temps de la route pour donner une force nouvelle aux nobles résolutions qu’il lui avait été si difficile d’obtenir de Claudien.
Il arriva donc chez le banquier avec la physionomie calme et heureuse d’un homme honnête qui a fait son devoir et a aidé ceux qu’il aimait à faire le leur.
Le banquier le reçut froidement et même avec une certaine défiance.
Armand allait lui demander l’explication de cet étrange accueil.
Regis le prévint.
— Eh bien , monsieur, lui dit-il avec amertume, vous m’aviez pourtant dit hier qu’on pouvait compter sur une promesse de vous?
— Que voulez-vous dire? demanda Armand inquiet.
— Ne le savez-vous pas? dit le banquier„en le regardant fixement.
Comme Armand, étonné, le regardait luimème sans paraître comprendre :
— Madame Regis, continua le banquie r, madame Regis a disparu. Au lieu d’aller à Moulins, elle s’est arrêtée au premier relais, a dit aux domestiques de continuer sans elle avec la chaise de poste leur route pour Moulins, et elle a pris, dans une voiture publique, la route de Paris.
Armand était muet de surprise.
— ■ Comment, dit-il, avez-vous pu savoir?...
— Le cocher, répondit Regis, a continué sa route, suivant l’ordre exprès qu’il venait de recevoir de madame Regis. Mais, à quelques lieues plus loin, il s’est consulté avec l’autre domestique. Le fait leur a paru si étrange, qu’ils ont redouté pour eux-mêmes une grave responsabilité. Ils ont pris le parti de tourner bride en
toute hâte et de revenir aussitôt à l’hôtel. Serace vous, maintenant, qui me direz ce que je dois faire, vous qui êtes la cause de ce qui arrive aujourd’hui, vous qui m’avez empêché de prévenir ce dernier malheur, lorsque je pouvais sûrement le prévenir ?
La physionomie de Regis avait ressenti le contre-coup de ces événements. Ses traits étaient contractés et sa voix tremblante et saccadée.
— Je puis vous assurer, dit Armand avec la plus ardente conviction, je puis vous assurer que madame Regis n’a pas revu celui que sans doute vous accusez.
— Où est-elle donc alors?
Armand se leva pour sortir.
— 11 y a dans tout ceci quelque chose que je ne puis comprendre, répondit-il. La promesse que je vous ai faite hier, je la tiendrai, vous pouvez en être sûr; car dans une heure j’emmène ce malheureux hors de France. Maintenant un rien peut tout perd re. Promettez-moi de ne prendre aucun parti avant de m’avoir revu, et je crois pouvoir encore vous répondre de tout.
Regis réfléchissait.
Son imagination bouleversée s’arrêtait confusément a mille résolutions impossibles qu’elle repoussait aussitôt.
— Eh bien, soit, dit-il enfin. Puisque le hasard vous a mêlé si singulièrement dans tout ceci, faites ; je m’en rapporte à vous. J’ai trop accordé déjà, pour ne pas consentir cette fois encore.
— Attendez-moi donc, dit Armand.
Et il sortit.
Il ne doutait pas de son frère. Il ne supposa pas un instant que Claudien eût pu mentir pour se soustraire à lui. Loin de là, il comptait en ce moment sur Claudien même pour venir à bout de ce qu’il s’était chargé d’accomplir et pour faire rentrer madame Regis chez son mari.
Prévoyant que probablement ce nouvel incident allait retarder leur départ, il courut chez son frère.
Mais il était trop tard déjà. Jeanne et Claudien étaient près l’un de l’autre, et leurs précautions n’étaient que trop bien prises.
Le concierge, prévenu, annonça à Armand que M. Claudien avait quitté la maison et que les meubles avalent été enlevés dans la journée.
Cette nouvelle décevante rassura Armand.
Il alla attendre son frère aux Messageries.
Mais, quand cinq heures sonnèrent sans qu’il l’eût vu paraître, Armand, malgré la noble confiance de son caractère, ne put s’empêcher de concevoir des doutes accablants. Il attendit longtemps encore : Claudien ne vint pas. Décidé à poursuivre jusqu’au bout une lutte où l’honneur de son frère était en jeu, il laissa partir la voiture.
11 savait à n’en pouvoir douter que Louise avait servi les relations de Jeanne avec Claudien. Ce fut chez Louise qu’il se rendit.
Il vit une femme en larmes auprès d’un enfant mourant.
Louise était avertie, et devant sa dissimulation de femme la perspicacité d’Armand dut échouer.
L’anxiété d’Armand était cruelle. Il s’arrêta quelques instants dans la rue, se consultant,
Un homme s’approcha de lui et le salua : c’était Grouard.
—Eh bien, dit-il, monsieur Armand, que pensez-vous de ce qui arrive?
Armand le regarda* ne sachant que répondre, et s’aperçut que ce pauvre poète avait eu sa part dans toutes ces émotions successives, car les traits de Grouard étaient tout bouleversés, et sa barbe et ses cheveux plus incultes que jamais.
— Qu’arrive-t-il donc? lui demanda Armand.
— Gomment! dit Grouard fort surpris, vous ne savez pas? Elle part, monsieur, elle part demain matin !
L’attention d’Armand était, comme on doit le croire, excitée au plus haut degré.
— Le portier, ce brave homme! m’a tout appris. Elle part, et me laisse là ! Comprenezvous cela, vous, monsieur?
— Permettez-moi de vous demander une chose, monsieur Grouard, dit Armand en l’interrompant. Savez-vous où est Claudien?
— Non, dit Grouard en baissant la tête. Je ne l’ai pas vu depuis bien longtemps.
— Mais ne se voyaient-ils pas avec mademoiselle Louise?
— Elle le connaît à peine, répondit Grouard, un peu intrigué toutefois par les questions d’Armand.
Celui-ci vit que Grouard, de ce côté, en savait moins que lui, et qu’il fallait prendre un autre moyen.
— Enfin, vous, monsieur, reprit Grouard revenant à son idée fixe, vous qui êtes un homme raisonnable, comprenez -vous cela? Je veux bien que j’aie eu quelques torts avec elle : mais ce n’est pas une raison, soyez juge, pour partir ainsi...
Dans le désespoir comique de Grouard, il était facile de voir une douleur profonde.
Le pauvre garçon aimait sérieusement Louise, et, à l’idée de la voir s’éloigner de lui, ses yeux se mouillèrent d’une larme qu'il essuya furtivement.
— Mais comment s’est-elle décidée si brusquement à partir? lui demanda Armand.
— Il paraît qu’il est venu cette nuit chez elle une dame qui a fait lever la portière pour lui
üé Là ROBE DE DÉJAN1RË.
ouvrir. Puis elle est. sortie deux fois, dans la nuit. Le matin, au petit jour, il est venu un jeune homme qui est parti quelque temps après. Puis il est revenu dans la journée et a emmené l’autre dame. On ne comprend rien à tout cela. Louise a annoncé alors au portier qu’elle quittait la maison et qu’elle partait demain matin.
Armand comprit tout. Son indignation fut plus vive encore que sa douleur lorsqu’il ne put douter que Claudien l’eût trompé. Un instant lui suffit pour décider ce qu’il devait faire.
Grouard le regardait avec un point d’interrogation dans chaque œil.
— Laissez-moi faire, lui dit Armand, et allez chez vous. Mademoiselle Louise ne partira pas.
Grouard, encore indécis, ne savait s’il devait se réjouir.
— Allez chez vous, reprit Armand, et soyez sans inquiétude.
Il parvint à le décider à se retirer, mais ce ne fut pas sans peine.
Grouard, un instant après, revint sur ses pas, et lui dit avec une certaine solennité dans laquelle il y avait aussi un peu de défiance :
— Vous me répondez de tout, monsieur, n’est-ce pas?
— De tout, dit Armand.
Grouard reprit lentement, mais avec un espoir au cœur, le chemin du phalanstère.
Armand, resté seul, réfléchit que Louise, partant, selon toute probabilité, avec Jeanne et Glaudien, lui servirait de fil conducteur pour les joindre. Il ne voyait pas d’autre moyen de rencontrer son malheureux frère. Une lois en face de lui, il ne doutait pas d’être plus fort que sa dangereuse passion, et de le faire renoncer à une résolution qui le perdait sans retour. Il résolut donc de passer la nuit tout entière devant la maison de Louise, pour être plus sûr de l’événement.
Il la suivit, sans qu’elle pût s’en apercevoir, lorsqu’il la vit sortir à quatre heures du matin.
Nous venons de voir comment le généreux espoir qu’ Armand avait conçu sur son frère avait été trompé.
Louise, pour éviter les embarras des préparatifs à Jeanne et à Claudien, s’était chargée de tout.
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Dans la soirée et dans la nuit,Tétat de son enfant, qui ne paraissait d’abord devoir offrir aucune inquiétude, devint tout à coup si alarmant, qu’elle osa à peine s’en séparer pour s'acquitter de sa promesse auprès de sa bienfaitrice et lui annoncer qu’elle ne pouvait partir avec elle.
Lorsqu’elle rentra, l’enfant venait de mourir, et son petit corps était encore chaud.