‹ La roche sanglante (volume 2)Chapitre 12 sur 21 · LE nODTU'R · texte numérisé non relu

LE nODTU'R

comte, de vous demander si je dois regarder comme bien sérieuse la lettre que TOUS avez eu la bonté de m'adresser ce malin.

— Je n'ai jamais montré un caractère assez frivole, monsieur le comte, pour qu'on puisse mecroire capable de plaisanter sur un tel objet. Ma lettre est sérieuse, et j'attends de vous une réponse positive.

— Mais cette réponse, madame, vous la connaissez d'avance, je ne puis que vous répéter ce que je vous ai dit vingt fois, que que je donnerais la moitié de ma vie pour passer l'autre avec vous.

— Vous acceptez, c'est bien. Mais voire consentement nemesufïil pas.

— Que voulez-vous dire, madame?

— Écoutez-moi , monsieur le comte ; l'estime que j'éprouve pour votre caractère [est certainement le principal motif qui m'engage a vous accepter pour époux, mais ce n'est pas le seul. Quand j'étais jeune fille, avant que mon père sacrifiât mon bonheur à son ambition, ce que j'entrevoyais de plus beau dans le mariage, ce qui faisait l'objet de tous mes rêves,

c'était une famille nombreuse, c'étaient V y

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surloul des enfants a chérir. Voila, monsieur le comte, le second motif qui m'a décidée a fixer mon choix sur vous ; je suis sans enfants et vous avez un fils. Ce fils, je veux l'adopter comme l'enfant de mon sang, je veux qu'il trouve en moi tout l'amour qu'il eût pu espérer d'une mère. Mais* lui, pourra-t-il m'accorder la tendresse d'un fils? voudra- t-il enfin m'adopler pour sa mère, et me donner, avec ce titre, tous les sentiments qui en découlent? voila ce que je veux savoir. Si je trouve votre fils dans ces dispositions, rien ne s'oppose plus a notre union.

— Ainsi, madame, si je vous comprends

DE NOUM\M)lK loi

bien, pour vous diTidcr a îHN^opler ma inaiu et mou uorn, il vous faut le couscîulemenl formel de mon fils.

— Vous me comprenez parfaitement, monsieur le comte, et pour que je sois bien convaincue qu'une complaisance bien naturelle pour les (Jésirs de son père n'ait pas dicté sa détermination dans celte circonstance, nous allons, s'il vous plaît, nous rendre chez vous à l'instant même, et nous assurer aussitôt si les sympathies de votre fils sont favorables ou contraires h vos projets. Mes scrupules vous paraissent étranges, je le conçois, je suis ainsi faite. Donnez-moi la main jusqu'à ma voiture, et parlons.

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