DR NORMANDIE
déserte; mais au son aigu et prolongé que le prévôt lira d'un pelit sifllet d'argent suspendu a sa ceinture, une troupe de cinquante a soixante individus surgit des profondeurs de l'ombre et vint se ranger silencieusement autour de lui.
— Ëtes-vous bien tous au rendez-vous?
demanda Marcel.
~ Nous nous sommes comptés en nous désignant chacun par notre nom, répondit une voix : pas un ne manque a Tappel.
— C'est bien, dit Marcel. Ou est Jean Maillarl, cesoir?
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— A la bastide Saint-Denis, dont il garde la porte avec sa compagnie.
— Marcel réfléchit un instant, puis il repril :
— Puisque personne ne nous a manqué de parole, le sire de Thorak doit être ici. •
— Me voici, messire, dit Tiiorak en s'avançant.
— Vous avez quitté ce matin le roi de Navarre à Saint-Cloud ?
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— Oui, messirc.
— Et il nie mande par un billet que j'ai reçu dans la journée, que vous vous êtes engagé h m'obéir comme vous obéiriez a lui-même?
— Je m'y suis engagé, ditThorak.
— Vous avez bien fait, car, en me servant, vous servez votre maître.
— J'ai seulement une observation a vous faire, reprit Tborak.
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— Parlez.
— Je ne suis pas homme de guerre, dit l'ancien astrologue, et les actions d'éclat pe sont pas positivement mon fait. Mais le roi de Navarre m'a assuré que la mission que vous me réserviez n'était pas trop périlleuse et qu'elle serait tout a fait dans mes goûts.
— Votre maître ne vous a pas trompé.
Allons, messieurs, à la bastide Saint-Denis! .
Cette bastide était un portail llanqué de
tours dont la construction était duc a Marcel lui-iuènie. Arrivé la, le prévôt s'adressa a ceux qu'il rencontra les premiers et qui se lenaienten^^roupedevantlaporle.
, . ^ — tlemettcz-iiioi les clés, leur dit-il.
V' ^/ Mais ces hommes ne bougèrent pas et regardèrent le prévôt avec une expression de hauteur et de défi à laquelle il n'était point accoutumé.
II réitéra sa demande et cette fois d'un Ion plus im])érieux encore.