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— Au nom de qui parles-lu? dit alors un homme qui survint tout a coup et dont la présence sembla raffermir encore les dispositions de ses camarades.
— Au mien, répondit fièrement Marcel et je t'engage, compère Maillart, à te défaire avec moi de ces airs de menace que tu te permets depuis quelque temps et qui ne me conviennent pas.
. — Je ne sais ce qui peut te convenir, compère Marcel, répliqua Marcel sans se' déconcerter ; mais il ne me convient pas
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moi, (le te remettre les clés dont on m'a
constitué le gardien.
— Je t'y forcerai l)icn, hurla le prévôt blême de colère.
— A moi, dit Maillart; a vos armes, et imitez-moi !
Alors, saisissant une bannière a l'écusson de France et montant a cheval, Maillart se mit a crier de toutes ses forces :
— Montjoie et Saint-Denis! Vivent le
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roi et le duc de Normandie , régent de France !
Ce cri fut répété par les hommes de Maillart et par un rassemblement de bourgeois qui, après avoir regardé celte scène en curieux, semblaient tout disposés à s'y mêler comme acteurs.
Marcel et ses alTidés, repoussés, hués, par la foule, se retirèrent néanmoins en bon ordre.
— Tout est perdu , murmura ïhorak.
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car J'ai compris ce que vous vouliez, mcssire. Une fois les clés de la basHdo, Saint- Denis en notre pouvoir, la porte s'ouvrait, et Charles de Navarre entrait sans coup férir. Mais voici la niècho éventée, et je crois la partie bien compromise.
— Messire de Thorak, dit Marcel, je ne suis pas de volro avis. L'un de nous va porter en plaine uu avis a Charles de Navarre pour qu'il ait a changer de route, et il entrera par la porte Saint-Antoine. Venez, venez tous !
Et la troupe de Marcel le suivit dans la direction du quartier Saint-Anloine.
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Pendant ce temps, le mouvement royaliste s'étendait avec une rapidité incroyable dans les centres populeux de la ville. Les iialles accueillirent Maillart et les siens comme des libcraleurs. Tout marchait au ^ré de ses vœux; il voyait avec joie ce peuple si longtemps aveuglé rentrer de lui-même dans la seule voie de salut qui lui restât. H ne se laissa pourtant pas éblouir par ce premier succès et il comprit que rien ne sérail fini tant qu'il n'aurait pas eu raison du prévôt de Paris et de ses adhérents. Ayant appris qu'ils s'étaient retirés vers la porte Saint-Antoine, il résolut de s'y rendre lui-même avec un petit' nombre d'hommes déterminés.
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11 était onze heures du soir; Maillart
s'écria :
— Amis ! jurez avec moi qu'aujourd'hui ne se passera pas sans que la France soit rendue à elle-même et ses ennemis châtiés comme ils le méritent.
— Nous le jurons!
Lorsqu'ils parvinrent a la porte Saint- Antoine, Etienne Marcel venait de culbuter une compagnie de bourgeois qui avait essayé de lui résister et déjà il tenait les clés de la bastide à la main.
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— Etienne! Etienne! lui cria Maillarl, que fais-tu ici a cette heure?
— Que t'importe! répondit Marcel. Je suis ici pour prendre garde de la ville dont j'ai le gouvernement et la proléger contre ceux qui la viendraient attaquer, ribauds,
malandrins ou Anglais !
— Les Anglais dont je me défie ce soir, riposta vivement Maillart , sont bi^^n moins hors la ville qu'en dedans et je t'accuse d'être un de ceux-là.
— Maillarl! Maillart!
— Ne l'avais-je pas (îil ([no tu (hnicndrais un Irailre? Je le le dis encore, Marcel, et je le prouve ! Voyez, vous autres, il a en maia les clés dont il veut se servir pour sa trahison!
— Tu mens !
— C'est loi qui mens, traître!
Alors Maillarl éleva sa liache d'armes sur la télé de Marcel et d'un coup retendit mort a ses pieds.
Minuit sonnait a ce moment même
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— Nous avions juré, enfants, que la journée ne finirait pas sans que la France fut sauvée, dit Maillart d'une voix grave. Voila déjà la trahison éteinte dans le cerveau même qui l'avait conçue, il nous reste a achever l'œuvre. Les clés de Paris sont à nous désormais. Sus aux Anglais et aux traîtres et vive le roi !
A quelques jours de là, il j avait grande fête au Louvre et le peuple allumait des feux de joie autour du vieux palais de ses rois. Un des soins les plus pressés du régent, en rentrant dans la plénitude de ses
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droits, avait oté d'assurer le bonheur de Franlz et de Diane. 11 sip^nait ce soir-là leur contrat de mariage. Il avait également accordé grâce pleine et entière a Aïssa sur la sollicitation de Frantz, reconnu désormais pour le seul et vérilal)Ie héritier de la maison des Feneslrange. La Candiote ne proGta de cette faveur que pour entrer dans un couvent où elle fit vœu d'expier, par l'observation de la règle la plus austère, les erreurs et les crimes de sa vie passée.
Quant a Charles de Navarre, dont les prétentions a la couronne venaient de recevoir un si terrible échec, il recommença
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de plus belle ses intrigues avec les agents d'Edouard 111, espérant gagner par la ruse ce qu'il n'avait pu obtenir par la force.
.Mais Dieu veillait sur la France et rien ne pouvait plus s'opposer au magnifique développement d'un règne destinée a faire rayonner sur l'impérissable momument de l'bisloire deux noms également glorieux, l'un représentant la sagesse politique, l'autre le génie militaire; les noms de Charles V et de Duguesclin,