I.B ■•LITAimS
Au commencement de Tempire, quand le calme fut rétabli à l'intérieur de la France , le comte Philippe de la Roche eut part aux faveurs qui rallièrent à la nouvelle cour une partie de l'ancienne aristocratie. Sans doute sa noblesse à lui n'était pas d'excellent aloi ^ puisqu'il la devait k une charge vénale sous l'ancien régime, et son titre n'avait pu lui être transmis par sa femme qu'entaché d'une
sorte d'illégalité. Hais il avait émigré, il hantait les salons du faubourg Saint-Germain , il portait un nom sonore et respecté, que ce nom lui appartint à tort ou à raison; <de plus, il avait cette prestance, cette grandeur de manières que Napoléon prisait tant dans les personnes qui rapprochaient, et ces avantages réunis lui avaient valu le titre de chambellan. Cette charge, en lui donnant un rang officiel à la cour, l'obligeait à beaucoup de faste ; mais les biens considérables de la famille de la Roche avaient échappé en partie à la tourmente révolutionnaire, et ils lui étaient échus par héritage. Philippe était donc riche, honoré, puissant. Son magnifique hôtel de la rue de Grenelle était le rendez-vous des notabilités politiques de cette époque. La comtesse, jeune encore^ plus belle et plus recherchée que jamais, se distinguait par son élégance, son urbanité, son esprit, au milieu de tant de parvenues qui n'avaient pu cacher sous des titres pompeux leur tache originelle. Enfin, pour compléter le bonheur des deuc