CHAPITRE II
une insulte... une insulte que je n'ai pa& méritée.
— Écoutez-moi, de grâce... laissez-moi du moins vous expliquer...
— Jjes explications sont inutiles ! Et moi, ajouta-t-elle avec des larmes dans la voix, moi qui avais pu croire...
— Ne croyez rien qui me soit désavantageux, charmante Joséphine, répliqua Kerdren en la retenant avec force ; mais ce n'est ici ni le temps ni le lieu pour une conversation de cette nature. Consentez à me voir en secret...
— Monsieur !
— Demain soir, dans le jardin de votre mère à Saint-Illec... La muraille est basse, il me sera facile...
Joséphine poussa u n cri aigu et dégagea son bras par un effort brusque en s'arrétant.
— Qu'y a-t-il donc, petite ? Serais-tu blessée? demanda madame Labarre.
— Qu'est-il arrivé? demandèrent toutes les personnes de la compagnie mises en émoi nar ce cri de détresse.
66 LA ROGHB--TRBIIBUNTE.
— Rien! rien! balbutiait Joséphine •
— Ma fille!... qu'avez-vous fait à ma fille?
gronda la vieille Bretonne en se tournant vers M. de Kerdren.
Celui-ci, le front couvert de sueur, le teint enflammé^ perdait contenance.
— Je ne comprends pas, balbutiait-il ^ je ne puis m'expliquer...
— Il n'y a de coupable que moi, reprît vivement mademoiselle Labarre ; dans cette allée obscure , le pied m'a tourné sur une pierre... j'ai senti une vive douleur et je n'ai pu retenir un cri... mais ce n'est plus rien ; je suis mieux... je suis bien.
£t elle souriait.
— Si c'était une entorse? dit la mère naïvement.
— Hem I une entorse à la vérité, grommela M. Benoit assez haut cependant pour que ses plus proches voisins pussent l'entendre.
Joséphine rassura tout le monde sur les suites de Faccideût supposé, et l'on se remit en marche. Alfred voulut de nouveau offrir