‹ La roche-tremblante (volume 2)Chapitre 32 sur 116 · CHAPITRE lY · texte numérisé non relu

CHAPITRE lY

inoDseigoeur, qu'avez*-vous à vous inquiéter de cette affaire ? Songez plutôt au plaisir que nous allons avoir tout à l'heure... Un siège! ce sera beau h consigner dans les fastes de votre famille !

Alfred posa la main sur l'épaule du fidèle serviteur.

— Ne souhaite pas, mon pauvre Conan, que cette funeste lutte commence, soupira-t-il. La guerre pourrait ne pas être plus favorable aujourd'hui que la gloire et la fortune au nom que je porte ! J'ai perdu ma confiance dans l'avenir ; les plus tristes pressentiments m'accablent... La malédiction que cette mère offensée a prononcée sur moi occupe incessamment mon esprit, et il me semble déjà que j'en ressens les effets.

— Pouvez-vous penser encore aux bavardages d'une vieille folle ? reprit Conan avec chaleur : ce sont de purs enfantillages. Allons ! monseigneur, redevenez vous-même ; soyez vif, insouciant, joyeux comme autre- ' ' ,.. Mais, je le vois, ainsi que tous les

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jeunes gens, vous ne savez pas supporter la solitude; descendez avec moi, vous verrez nos gars qui se préparent gaiement à se battre, et cela vous distraira.

Alfred prit ses armes, son chapeau et suivit Conan, qui s'était emparé d'un flambeau pour l'éclairer,

A sa vue, les paysans et les pêcheurs réunis dans la cuisine du rez-de-chaussée se levèrent avec respect. Alfred recouvra un moment avec eux cette assurance tranquille, cette bienveillance cordiale qui lui étaient ordinaires. Il les remercia en peu de mots de leur dévouement; puis, s'adressant à chacun d'eux en particulier, il causa amicalement de leurs affaires et de leurs intérêts. Sa tournée finie, il vint s'asseoir au coin de la cheminée, dans un grand fauteuil de bois, et la tête appuyée sur ses mains, il retomba dans un morne abattement.

Plusieurs heures s'écoulèrent ainsi ; la tempête s'était un peu apaisée ; on n'entendait plus dans la salle que le bruit monotone du

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