‹ La roche-tremblante (volume 2)Chapitre 65 sur 116 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SOUS la forme d'un petit sac d'or, et qu'il déposa sur la table.

Toussaint expliqua longuement, comme on peut le croire, toutes ces choses à M. de Kerdren. Il n'affirmait rien sans appuyer son dire sur des pièces authentiques. Les comptes paraissaient en règle ; point d'obscurités; Alfred était cinq fois plus riche qu'à son départ pour l'émigration.

Il écoutait avec une attention religieuse l'homme de loi, qui termina ainsi :

— Il ne vous reste plus, M. de Kerdren, qu'à recevoir cette somme et à m'en donner quittance ; en même temps vous me déchargerez de l'administration du domaine dont je vous remets ici le dossier...

Pour cela, je vous prie de signer une pièce que j'ai préparée d'avance et que voici. Vous remarquerez seulement que j'ai profité de mes avantages pour glisser dans cet acte certaines conditions à mon profit : c'est à savoir que moi Anselme-Ignace Toussaint, notaire national, je suis autorisé à venir visiter quo-

tes et quantes fois quil me plaira, jusqu'à ma mort, les dolmens, pierres levées, tumulus et autres monuments druidiques de ladite lie de Loch ; que je pourrai les mesurer, les étudier, en tirer les plans et en faire les dessins, sans que personne s'y oppose, et qu'il me sera permis de publier sur eux des dissertations , articles , mémoires et autres écrits que je jugerai convenables...

Voyons, M. de Kerdren, cette clause est-elle trop dure et nous faudra-t-il la modifier?

Le tabellion semblait réellement croire que ces misérables faveurs fussent de suffisants honoraires pour dix années de fatigues et de soucis.

On ne fait plus de ces notaires-là !

Alfred s'était levé ; ses yeux étaient humides de larmes.

— M. Toussaint, dit-il dune voix profondément altérée, avant toute chose je dois vous demander pardon des soupçons que j'avais conçus contre vous... Les appa<

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