CHAPITRE PBEMIEA
— Aujourd'hui pourtant, M. Toussaint, dit Alfred avec fermeté, j*ai acquis la certitude du contraire... En deux mots, mon vieil ami, il demeure évident pour moi que mes droits à la propriété du château et de l'île de Loch ne sont pas assez complets pour que je puisse accepter cette restitution,
— Comment, monsieur, balbutia le tabellion, vous refuseriez.,.?
— Par exemple, voilà qui est trop fort !
murmura Conan ; c'est monseigneur qui fait le difficile à présent !
— Entre autres points obscurs pour moi, reprit Alfred avec sa dignité calme, je ne vois là aucune somme affectée au payement des réparations du château... or la dépense, si l'on en juge par le riche ameublement de cette chambre, a dû être considérable.
— Ah ! vous avez remarqué encore celte omission? répliqua le notaire, qui n'essayait plus de cacher ses angoisses ; allons ! rien ne vous échappe ! .. . Mais le fait dont vous parlez t*''~* à des circonstances particulières dont il
est temps de vous instruire... Une des personnes qui contribuèrent le plus autrefois à la dévastation du château de Loch a été prise de remords au moment de mourir, et a voulu effacer, autant qu'il était en elle, ses torts envers vous. Elle me chargea, comme son exécuteur testamentaire , de restaurer et de remeubler le manoir aux frais de sa succession...
— Et cette personne, qui est-elle? s'écria Alfred avec empressement.
— On avait espéré que vous vous contenteriez de savoir qu'il s'agissait d'un acte de conscience... Cependant, si vous exigez le nom...
— Je l'exige... Toussaint, je vous le demande avec instance,..
— Eh bien, c'est madame veuve Labarre, décédée à Nantes en 1791.
— Madame Labarre î s'écria Kerdren chaleureusement, la mère de la pauvre enfant ? . . . Elle m'a donc pardonné le mal que je lui ai fait?