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LÀ FÊTE

Par une belle journée d'automne, l'île de Loch tout entière présentait un aspect de fête. Depuis le malin, la cloche argentine du village chaitait un cantique d'allégresse dans son clocher aux dentelles de pierre. La population bretonne de dix lieues à la ronde, semblait s'être donné rendez-vous à Loch pour une grande solennité. Une flottille de barques, de canots, de chaloupes, d'embarcations de tous genres et de toutes formes, traversait incessamment le canal, et venait déposer sur la grève, qui de beaux messieurs et de belles clames en costumes de cérémonie, qui des paysans, des matelots, des pêcheurs, avec leurs femmes et leurs filles, en habits des grands jours. Les bourgeois se dirigeaient gravement vers le château, centre de réunion pour les invités d'importance ; les autres, impatients de plaisir, se répandaient dans l'île, où étaient organisés des jeux alors en usage dans le pays.

C'était particulièrement dans l'avenue de chênes conduisant du village au château, que la foule était compacte et variée. L'habitant des environs de Lesneven, avec ses grandes culottes, ses jambes nues et sa calotte de laine bleue, se pressait contre l'élégant habitant des environs de Landivisiau, au costume noir, taillé à la mode du temps de Louis XIV. L'habitant de Plougastel, avec son bonnet phrygien brun clair, ses longs cheveux, sa capote à capuchon et sa ceinture de mouchoirs de Chollet, contrastait avec le Léonais aux guêtres écarlates, ornées de boutons argentés, aux larges ceintures de cuir garnies de plaques brillantes. L'imagination la plus féconde n'aurait

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pu concevoir l'innombrable variété de Formes qu'affectaient les

coiffures des femmes. Les unes ressemblaient à un vaisseau

;it a pleii d'autres à des obélisque.*;, d'autres

enfin a des couronnes; mais le plus souvent la toile ou le linon, d - «l'une manière bizarre, euss ot défié l'œil de leur trouver la moindre similitude avec quelque objet connu. Des matelots de la marine nationale, reconnaissables à leurs cbemisesde couleur, à leurs chapeaux de cuir bouilli et à leurs écharpes éclatantes, ajoutaient encore à l'effet pittoresque de multitude bariolée.

Cette fuule, comme on peut le croire, n'était ni tranquille ni silencieuse. Là, un orchestre rustique, installé sur des tonneaux \ides, faisait sauter les beaux fils et les coquettes de

• au son du bigniou, de la bombarde et du tambourin. Plus loin, des jeunes gens vêtus de toile, alertes et dispos, leurs longs cheveux retenus par un ruban autour du front, se préparaient à se disputer le prix de la course. Une espèce de jeu de paume, adjacent à l'allée principale, était réservé pour la lutte, cet exen ice si cher à la jeunesse bretonne. Au centre

:it un mai, charge des prix que devaient remporter les vainqueurs. Ces prix consistaient en un jambon fumé, en un chapeau garni d'une boucle de cuivre, et même en une splendide montre d'argent, qui brillait au haut du mât, fascinante comme le miroir destiné à attirer les alouettes. Déjà les spectateurs et les acteurs s'assemblaient sur le futur théâtre du combat. Les athlètes se faisaient remarquer à leur chemise et à leui de grosse toile, bien serrés autour du corps, à

la torsade de paille qui retenait leurs cheveux. Ils étaient asile quelques Meillards, anciens lutteurs émérites, dési- • !ir m i\ir de juges du camp, et de quatre surveillants,

• s de la police du champ-clos. Trois de ces importants fonctionnaires brandissaient de longs fouets, pour mo

les curieux trop ardenls, tandis que le quatrième, armé d'une

poêle à frire bien noire et bien enfumée, se chargeait de

iriser les genoux mal alignés dans le cercle des specta-

. Mais, ce qui excitait surtout l'admiration des invités, de

distance en distance on trouvait, sous la feuillée, des cantines pantagruéliques où l'on distribuait à tous venants des verres de cidre, de vin ou même d'eau-de-vie, sans autre condition que celle de boire à la santé du seigneur de Kerdren et de la dame sa nouvelle épouse, condition que les consommateurs acceptaient volontiers, comme on peut croire. Aussi les cris joyeux, les vivats, les sons des instruments, auxquels se mêlaient par intervalles des décharges de pistolets en signe de réjouissance, formaient-ils un vacarme assourdissant qui eût couvert celui de la mer et des vents pendant une tempête d'équinoxe.

Or, pendant que le commun des invités se livrait aux séductions de la fête, plusieurs graves personnages, notables habitants de l'île de Loch, se tenaient un peu à l'écart et devisaient à l'ombre d'un chêne trois fois centenaire. Un tonneau de vin était en perce à côté d'eux, et ils n'avaient aucun scrupule de vider et de remplir leurs verres quand l'envie leur en prenait. La conversation était très animée dans cette réunion de privilégiés, et elle roulait sur l'événement qui servait de prétexte à ces réjouissances.

— Je vous assure, maître Pierre, disait Yvon-le-Rouge d'un air capable, qu'il y a dans tout ceci de quoi bouleverser les meilleures cervelles de la paroisse, et certes il s'y en trouve plusieurs de bonnes.. Comment! nous sommes ici une douzaine de fidèles serviteurs de l'ancienne famille, et, à l'heure qu'il est, nous ne savons encore ni le nom, ni le rang, ni rien de ce qui concerne la nouvelle dame de Kerdren?

— C'est vrai, ça, au moins; nous n'avons même pas vu sa figure, et nous ne saurions dire si elle est jeune ou vieille, après tout.

— Tu as raison, Yvon-le-Rouge, reprit Pierre le pêcheur, devenu bien vieux et bien cassé depuis le commencement de cette histoire; toi et moi pourtant, nous aurions peut-être quelques titres à la confiance de monseigneur. Te souviens-tu de notre traversée à l'île de Jersey en 89? Sainte Vierge! quel temps ! la pauvre Geneviève, ma barque d'alors, était constam-

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ment sous l'eau, el il nous fallait nous attacher ;iux manœu* vres pour m' pas être emportés par les lames... Oui, oui, pentes trente-six heures que dura la bourrasque, il c'y cul pas une minute oh nous ne fussions en danger de mort!... Mais il s'agissait de sauver notre maître, à qui l'on voulait t'.iiiv avaler sa gaffty comme on dit, et nous ne regardions pai au danger.

— C'est, ma foi! vrai, Pierre; nous avons passé là une ou deux journées comme il n'y en a guère dans la vie d'un marin, reprit tvon-le^Ëouge ; mais si 110,1s ne nous épargnâmes pas, M. de ivenireii ne s'è| arguait pas davantage, c'est une justice ;. lui rendre. Je me souviens de lui avoir vu les mains ensanglantées par un grelin qu'il avait saisi pendant un coup de mer; il lut renversé du choc, mais il ne lâcha pas prise... C'est un

solide, allez! que monseigneur... et écoutez, Pierre, si vous et moi nous n'avons pas écouté cette vieille histoire, \. parait que d'autres ne l'ont pas oubliée non plus... Le tabellion, M. Toussaint, m'a déjà touché un mot de certaines choses, et je l'ai vu ce matin vous prendre à part... ce n'était sûrement pas pour vous parler du vent qui soufflait il y a trois jours!

Et le brave homme se mil à rire bruyamment en se frottant les mains.

— Oui, oui, monseigneur est plein de bontés, répliqua lé vieux pécheur avec un accent de reconnaissance ; désormais, quand le temps sera trop mauvais pour aller en mer, je pourrai

au coin de mon feu à boire un coup d'eau-de-vie et à 1 uire des raves sous la cendre; la nuit, quand te noroit sifflera trop fort autour de ma cabane, je continuerai de dormir dans mon lit de paille de maïs, et je ne m'inquiéterai plus d.1. ; passer l'heure de la marée... Que Dieu bénisse monseigneur Alfred!... Mais, toi aussi, mon gars, il parait que notre maître a se

— Peut-être bien que oui, reprit le pêcheur d'un air de fausse stie; 00 verra plus tard... Ecoutez donc, pourquoi Hé se-

rai^-je pas patron d'une barque a moi aussi bien qu'un autre?...

Mais il ne faut faire envie à personne avant que le moment soit venu !... Eh bien ! voyez, Pierre, voyez, bonnes gens, je passerais sur cette bonne aubaine ou sur toute autre, si seulement on pouvait me dire qui est notre nouvelle maîtresse, d'où elle vient et comment elle s'appelle.

La mère Penhoël, la virago qui était venue annoncer l'arrivée des pillards 1? nuit de la fuite d'Alfred, s'était glissée dans ce conciliabule et écoulait la conversation. Elle ôta de sa i.oucbe une petite pipe noire et luisante, et répliqua en sirotant un verre d'eau- de-vie :

<— Notre-Dame-d'Auray! Yvon-le-Rouge, on prétend que nous autres femmes, nous sommes curieuses ; mais après vous, s'il en reste, tas de bavards d'hommes que vous êtes!... Que t'importe, à toi, si notre nouvelle dame est ceci ou cela, du moment que monseigneur l'a choisie ? 11 m'aurait prise moimême, moi, une pauvre veuve qui n'a que son honneur, qu'aurais-tu à dire, je te le demande ?

Elle vida lestement son verre d'eau-de-vie, fit claquer sa langue et continua sa pipe, sans .s'émouvoir des risées des assistants. Yvon-le-Rouge seul ne prit aucune part, du moins en apparence, à ces moqueries.

— Ecoutez donc, mère Penhoël, dit-il; certainement une dame comme vous en vaudrait bien une autre, et s'il s'agissait de manier un aviron, de virer au cabestan ou d'avaler un verre de dur, on trouverait difficilement votre pareille... Mais, pour ce qui est de la nouvelle épouse de monseigneur, j'ai mes idées, voyez-vous, et on m'a conté des choses...

— Eh bien! qu'est-ce qu'on t'a conté? voyons! reprit Jean le Baleinier, c'est difficile à décrocher comme une ancre dans le roc!

—Suffit, suffit, camaïade Jean; mais enfin, vous conviendrez avec moi qu'il y a quelque chose là dessous... La dame est toujours voilée, et nul ne peut se vanter jusqu'ici d'avoir aperçu même le bout de son nez. Ce matin elle s'est mariée à l'église, sans autres témoins queConan et Bernard, M. Toussaint et son clerc. Tout à l'heure, à Saint:Illec, M. Toussaint, qui est maire, a fait exprès d'avoir un accès de toux au moment où en

prononçait le nom de la mariée. Le petit Ronelion a eu l'idée de jeter les yeux sur le registre; il n'a vu qu'une ribambelle de pattes de mouches où le diable ne comprendrait rien... Tout cela ne vous donne-t-il pas à penser? Est-ce que l'on cacherait son nom, si...

— Son nom, son nom ! interrompit le baleinier, eb ! pardieu ! ce n'est pas un secret .. elle s'appelle madame Gervaîs, et elle est riche à millions.

— Cest possible, dit la mère Penhoël; mais M. Conan, qui doit le savoir, m'a assuré que c'était une comtesse.

— Oh ! voyez-vous, reprit le vieux Pierre en souriant dans sa barbe blanche, M. Conan est un digne homme et un ami sûr; mais il ne faut pas trop le croire en pareille affaire... Ne nous soutenait-il pas, il y a trois mois, que monseigneur était arrivé ici sur le vaisseau amiral espagnol, et qu'on l'avait salue d'une bordée de canon quand il était descendu à terre ? Or, le père Thomas péchait au chalut ce jour-là au vent de l'ile, et il n'a rencontré de toute la journée qu'un méchant trois-mûts de commerce qui s'est approché de terre pour y déposer une espèce de matelot en guenilles... Non, non, les paroles de M. Conan ne sont pas toujours texte d'Evangile; il faut en prendre et en laisser dans ses histoires.

— Ma foi! vous avez peut-être raison, dit Yvon-le-Rouge; car une personne qui est au mieux avec M. Bernard me jurait encore tout à lheure...

Il s'arrêta et se mordit les lèvres.

— Eh bien! voyons, éternue doncl reprit Jean impatienté; si lu sais quelque chose, lance ton harpon bien vite.

— Ilah! dit la mère Penhoël en haussant les épaules, ne voyez-vous pas qu'il veut faire l'entendu et qu'il ne sait rien?

— Ah ! je ne sais rien, s'écria Yvon avec colère ; ah ! je veux faire l'entendu... Eh bien! vous allez voir... La nouvelle dame du château est tout bonnement la petite Labarre, la fille à la

Labarre, celle sur laquelle on a composé autrefois la fameuse chanson... Voila comme je ne sais rien ! Cette révélation produisit un effet théâtral sur les auditeurs,

la mère Penhoël cassa sa pipe, le baleinier laissa tomber son verre plein, le vieux l'ierre écarquilla ses yeux rouges et éraillés ; tous gardèrent un moment le silence.

— Je croyais, reprit enfin le vieillard, que la petite était morte depuis bien des années ?

— Oh! pour cela non, dit la batelière. A la vérité, ce fut moi qui en portai la première nouvelle au château, la nuit du pillage ; mais le lendemain la chose fut démentie... La demoiselle guérit et quitta Saint-Illec Depuis ce temps on ne l'a jamais revue.

— Soit, soit; mais ce fut la mère Labarre qui poussa les coquins de la côte à venir attaquer monseigneur, et qui fit un feu de joie avec les meubles du château... M. de Kerdren ne peut avoir oublié cela, et certes il s'offenserait fort qu'on le crût capable d'épouser la fille de cette diablesse en jupons.'

— Ab! vieux Pierre, dit la batelière d'un ton sentimental en soupirant dans sa pipe écourtée et réduite à la plus modeste dimension longitudinale, vous ignorez donc quelles bêtises l'amour fait faire à la jeunesse? Nous avons pourtant aussi passé par là dans notre temps... et puis, la fille à la mère Labarre doit avoir joliment des écus!

— - Sans doute; mais si Yvon disait vrai, monseigneur n'aurait pas convié tant de monde à la noce; il serait allé se marier dans quelque ville éloignée, et il n'aurait pas osé affronter ici les méchants propos... On n'a pas oublié chez nous l'histoire de la Pierre-Tremblante, qui, depuis qu'elle a été touchée par la petite Labarre, est constamment restée immobile.

— C'est bien vrai, ça, reprit Yvon, depuis le jour dont vous parlez, ni pour homme, ni pour femme, elle n'a remué tant seulement comme une bouée dans un temps calme; et c'est un grand malheur.

— Ah! interrompit le vieux pêcheur, si monseigneur tenait encore aux anciennes traditions de la famille, nous saurions bientôt si la nouvelle dame du château est, oui ou non, la petite Labarre de la chanson. Il était d'usage autrefois qu'une dame de Kerdren, le jour même de son mariage....

— On ne lestera pas l'expérience, soyez-en sûr, dit Yvonle-Bovge en ricanant; monseigneur sait bien ce qu'il en résulterai t.

— Au fait, dit la mère Penhoël avec dignité, moi qui vous parle, j'ai essayé d'ébranler la pierre, pas plus tai\l qu'hier, en

de ramas rabes sur la grève; elle est restée

aussi ferme que la falaise elle-même..' 11 n'y a pourtant rien à dire sur mon booneor, que je gai bel

Elle posa le poing sur si hanche, attendant que quelqu'un eût l'audace de prolester contre son assertion ; aucune récrimination ne s'éleva, et Y von se contenta de répéter :

— L'expérience n'aura pas lieu pour cette fois, je vous la promets... Hem! l'on a jasé autrefois sur la petite et sur mon-

ir; il y en a même qui prétendaient que notre maître était causi

— Paix! interrompit le baleinier, voici Jacques Miroton, le trieur publie, qui va sans doute nous annoncer quelque chose.

En effet, une espèce de nain difforme et ridicule, en costume l'air gouailleur et effronté, avec un énorme bouquet à la ceinture et une profusion de rubans à son chapeau, venait rréter à quelque distance, et préludait sur un vieux tambour télé. Au premier coup de baguette, il fut entouré de cu- S un roulement assez mal exécuté sur son instrument poussif, il cria d'une voix aigre, en brezounecq :

— Ç .i entendent écoutent cette annonce et qu'ils la nt aux sourds... Monseigneur va se rendre à la Pierre-

avec la bonne dame sa nouvelle épouse, puis les

root .. Tous les coureurs, lutteurs et danseurs

L irbre portera ses fruits comme le pommier ses

i couler dans vos manches l'eau des bonnes

fonlaii

Après celte proclamation, conçue dans les termes alors de rigueur, Jacques Miroton battit un lourd entrechat en tournant sur lui-même, et se mit en marche pour aller renouveler son appel un peu plus loin.

Les notables habitants de Loch dont nous avons rapporté la

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conversation restaient ébahis, pendant qu'une grande fermentation se manifestait autour d'eux; cette nouvelle que la dame deKerdrep allait affionter la redoutable expérience du Rocher- Tremblant avait tout mis en rumeur ; déjà bon nombre de curieux se rendaient à la falaise pour assister à cette intéressante cérémonie.

— Eh bien, Yvon-le-Rouge, demanda Pierre avec raillerie, as-tu entendu le crieur? Soutiendras-tu encore que monseigneur a épousé la petite Labarre? Te voila pris, mon gars; et ceux qui t'ont conté cette histoire se sont moqués de toi.

Yvon, d'abord étourdi du coup, recouvra bientôt son assu« rance.

— Bah! dit-il, il ne suffit pas d'essayer, il faut encore réussir... Qui vivra verra, jusque-là, attendons.

— C'est juste, ajouta la mère Penhoël ; voyons d'abord si la pierre continuera de bouder ainsi qu'elle fait depuis tantôt dix ans. Pour ma part, je le déclare, si la dame de Kerdren parvient à rompre le charme, je la regarderai comme la plus estimable femme de la terre, et je la respecterai comme la grande sainte Anne d'Auray, ma patronne.

— En effet, reprit le vieux pêcbeur, ce serait une bénédiction pour la famille de Kerdren et pour le pays, car depuis le jour où ia Roche s'est mise en colère, les malheurs sont tombés dru comme grêle sur monseigneur et sur nous autres pauvres gens!

— Tenez, reprit Yvon-le-Rouge, si je me suis trompé, si je vois de mes yeux la Pierre remuer, comme autrefois, je fais vœu d'aller pieds-nus en pèlerinage à Saint-Colomban, et je mettrai à son autel un cierge de deux livres, afin qu'il prie Dieu de me pardonner mes calomnies envers une honnête personne... Mais Saint-Colomban, ajouta-t-il d'un ton plus leste, n'a pas encore mon cierge; il faudra que j'aie vu et bien vu.. Allons, vous autres, nous n'avons pas de temps à perdre si nous voulons être bien placés... Dans un quart d'heure, il n'y aura plus moyen de se retourner là-bas à la Roche.

L'intérêt était trop pressant pour qu'aucun des interlocuteurs

voulût rosier on arrière. Ils se lèveront, et, laissant leurs provisions à la garde des servants, ils se mirent en marche aussitôt.

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