I . était allai he !< inhumaine
il le - •' et les petits barils
ie, pour le jeter à la
son fardeau, et croisa
irec une sorte de désespoir. Personne,
eueii- Qcersonûh iment, sans enfreindre
m. L'heure o était pas em ore \enue.
\\ iikn s, ■. un ■ gard rapide, mesura la distance qui séparait
e formée | la barque voisine : ils
' .lient
d'avai ir être en mesure de jeter lelilet
lit i éclair su-
ux, illumina la mer, et un coup de canon i II était mini.it.
A peine le bruit de L'explosion était-il arrivé aux. oreillos des deux i • aux, <,ue deuxuiels tombèrent à la fois dans la
ly2 LE PREMIER HARENG
mer. Mais Wilkins avait un incontestable avantage sur le vieux pêcheur Dudolf : il se trouvait plus prés des harengs ae quelques encablures, et toutes les chaînes étaient pour loi.
Dès que le lilet eut été lancé par Wilkins, la barque vira de bord, et, au lieu de continuer sa lutte contre la lame, elle se laissa entraîner à la dérive, ce qui rendait infiniment moins dangereux et moins fatigants les coups de mer. Aussi le chevalier commença-t-il à reprendre ses sens et à examiner les particularités de cette lutte étrange entre les deux pêcheurs, lutte à laquelle il se croyait lui-même intéressé.
Le flot blanc des harengs ne touchait pas encore la buyse, et depuis une minute à peine" le filet flottait à l'arrière de la barque maintenu seulement par la corde lâche sur laquelle il était plissé. Wilkins posa la main au-dessus de ses yeux, pour ne pas être ébloui par la lumière du fanal, et regarda la manœuvre de son antagoniste. Duldof avait suivi la même tactique, et déjà il s'apprêtait à retirer son filet; seulement son bras n'avait plus toute la force de la jeunesse ; il était obligé de recourir au cabestan destiné à hâler, ce qui devait nécessairement entraîner quelque retard.
Léopold comprit que son adresse et sa force seules pouvaient en cet instant lui donner la supériorité sur son rival. Sans doute les deux filets contenaient déjà du hareng, et la victoire appartiendrait à celui qui, le premier, aurait déposé sur le pont de la buyse le poisson triomphateur. Aussi le jeune Hollandais, sans employer le cabestan ni appeler ù son aide les autres matelots, saisit-il de sa main vigoureuse la corde du filet ; il attira avec rapidité la tessure, les flottes, les barils vides, enleva dans ses. bras ce lourd appareil, et déposa le tout sur le pont, au milieu des exclamations d'étonnement des matelots.
Alors Wilkins se mit à examiner avec avidité les poissons qui s'étaient émaillés pendant ce court espace de temps. Deux seulement resiaient suspendus par les ouïes aux cordelettes de la tessure. L'un appartenait à une espèce de poisson qui précède d'ordinaire le grand banc des harengs; les marins l'appellent roi des harengs ou fario, et ils le rejettent religieusement dans la mer aussitôt qu'ils l'ont pris; mais l'autre était un véritable hareng marchand, aux yeux'étincelants, aux écailles lisses et argentées, un hareng tel qu'il le fallait pour obtenir ce prix, objet de l'ambition de tous les pêcheurs. Wilkins ne put retenir un cri de joie.
— Premier hareng ! s'écria-t-il d'une voix retentissante, en élevant sa conquête au-dessus de sa tête.
— Hurra ! hurra pour Léopold Wilkins ! crièrent les mate-
LE rnEMIER HATU 193
ints, dont les voix fortes el soi ores se mêlèrent au bruit der flots sur les rescifs, au sifflement du vont des ( orda
En même temps un coup d'une vieille caronade fut tiré abord
de la buyse pour annoncer la victoire de Léopold. Ce signal se
répéta de proche en proche jusqu'aux embarcations les plus
el le nom de Wilkins fut proclamé par lesporte-YOix
des maîtres d'équipa
M is Wilkins, le premier mouvement passé, avait repris son flegme ordinaire, et il dit aux matelots en disposant ses mets :
— Enfants, dépêchons: il faut aller montrer de suite notre conquête à master ïrchibald, pour qu'il dresse procès-verbal de notre victoire, l'are à virer!
Puis i; dit à Samson, qui examinait attentivement les poissons étendus ;i ses pieds.
— Jette le tarin à la mer; cela nous portera bonheur.
matelots obéirent, et la barque, tournant sous la rame el le gouvernail, s.' dirigea vers le gros de la flotte, où l'on devait trouver le vaisseau de charge sur lequel était embarqué master àrchibald. Quand on passa à côté de la buyse de l)uldof, le vieux pécheur était appuyé tristement contre son cabespieds on voyait Bon filet tout chargé de harengs, car la i adonne avait donné en plein dans les mailles, mais une minute tmp tard.
— Vous avez été bien heureux aujourd'hui, master Wilkins, dit-il d'un air d'envie, quand ils lurent à portée delà voix: mais je ne vous en veux pas, vous avez été plus habile et plus hardi que moi. Dieu vous devait cela!
Et il poussa un profond soupir.
— C'était mon tour celte année, Duldof, répondit Wilkins respect ; une autre fuis, vous aurez votre revanche.
igna tout lier d'avoir reçu les éloges de ce Nestor
Or, pendant que la barque voguait silencieusement et detoute .'3a vitesse pour rejoindre les gros vaisseaux, le chevalier, comme Bous l'avons dit, avait repris tout à fait cou rage el •-'■ sentait .1 rire de sa frayeur. 11 se rapprocha de Sou compagnon Samson, et lui dit avec plus de familiarité qu'à ïordi;
— Eh bien donc, ami l'Échineur, master Wilkins va épouser la tille du vieil Arcbibald! Le drôle m'a pourtant joué un tour.
— Efa '. eh ! je cui> bien pour quelque chose dans votre
- s bras, c'esl moi qui ai i mouchoir sur votre bouche, et il était serré de main de maître matelot.
— Oui, oui, dit Rolly avec une grimace ; mais je ne t'en veux pas a lui ; c'est lui qui avait trame le complot, avec celte petite friponne de Gudule, qui me le paiera un jour. Ma foi, si je pouvais leur donner sous main quelque coup de jarnae...
— C'est difficile, répliqua Samson avec une indifférence affectée, la monnaie de ce poisson, ajouta-t il malicieusement en désignant le hareng qui était à ses pieds, c'est une des plus jolies iilles et des plus riches dots des Provinces-Unies.
Rolly attacha sur lui un regard vif et nénétrant.
— Maître Samson?...
— Monsieur le chevalier.
— Aimes-tu autant la bonne chère et le tapage qu'au temps où tu habitais à Versailles?
— Mettez-moi à terre avec quelques écus dans ma poche et vous verrez. Quand j'ai de l'argent je bois, quand j'ai bu je fais tapage! C'est absolument comme au temps de ce bon capitaine qui... .
Le chevalier prévit une nouvelle édition des aventures du capitaine lilaville, et interrompit son interlocuteur ;
— Tu saisque lorsque vous m'avez enlevé, il me restait quelques louis. Tu me les as laissés parce que tu n'as pas pu les prendre. ,
— C'est que ce diable de Wilkins est si sévère...
— Avec cinq louis on peut joliment s'amuser en arrivant dans un port de la Hollande!
— Avec cela je bouleverserais tous les cabarets de la république!
— Ces cinq louis sont à toi; les veux-tu?
Et le chevalier lit sonner l'or qu'il avait dans la main.
— Eh bien! que voulez-vous?
Rolly lui glissa quelques mots à l'oreille, et, une minute après, l'or avait changé de maître.
Cependant le vieil Archibald venait d'apprendre de proche en proche qu'un de ses pécheurs avait eu l'honneur insigne de pécher le premier hareng. A cette heureuse nouvelle, il se hâta de descendre dans un canot et il chercha Wilkins pour l'embrasser et le féliciter. Son embarcacation se trouva bientôt bord à bord avec la buyse du jeune pêcheur.
— Eh! mon garçon, s'éeria-t-il aussitôt qu'il fut à portée d3 se faire entendre, vous avez donc bien réussi cette année?
— Oui, raasler, répondit Wilkins avec modestie.
— Et vous aurez votre récompense, je vous le' jure, dit le gros marchand en se hissant avec peine sur le pont. Mais montrez-moi vos harengs, ajouta-l-il avec empressement; je suis impatient de savoir s'ils seront gras celte année.
Le pêcheur ramassa un poisson sur le pont et le présenta au vie» Haï i vers le fanal.
— j ' secru-t-il bientôt; c'est un rai
— Un fario! dit Wilkins en pâlissant.
— Regardez.
na à son tour le poisson, et il se tourna vers ..'i- une \i\ oulumée.
— I ai as-tu jeté à la mer? demanda-t-i] d'une voii
mte.
— Hais, le fario.
— Le fario?
— 1! y en a\ ' ux? drt le matelot avec impudence.
: je suis sur d'avoir rejeté un .
'i bord du navire. Wilkins semblait . les yeux sur son patron. Celui-
ètait chez lui le plus sûr indice
— ' dit-il d'une voix calme; tous , espérant sans doute
[qui vous avait échappé d'ale, Wilkins, une houle dont vous porterez la pei
s mirent en mouvement tout ce que Léoes vriiics.
— 1 îspoir ; on vous
ng ; mais cet im- !
saminé avec attention
■ I qu'ils avaient
bien j t rien
■. ni au contraire <|iie a mer, et non pas un itive, le vieux marchand secoua i Wilkins:
— i ;ore des harengs ?dcmanda-t-il.
— ' qui aura le prix, dit le négociant en sou pi
Ki i n portè-voix pour annoncer partout l'er-
irole à Wilkins coosa son vais
— ; - a lui, pensait Itolly en voyant la douleur de. Wilkins; ma vengeance est commencée; pour l'a-
eliever, il faut que la donzelle et la dot soient à moi .. Pourvu que l'une et l'autre n'appartiennent pas déjà à cet enragé de Cavignon !
Deux mois s'étaient écoulés. Le marquis de Cavignon, qui, comme nous le savons, avait remplacé Rolly dans les fonctions de maître de français auprès de mademoiselle Gudule, se rendait un matin chez sonécolière, lorsqu'il aperçut un grand mouvement dans le port et sur le quai d'Amsterdam. De nombreux vaisseaux étaient arrivés pendant la nuit; le vaste espace qui s'étendait au pied de la célèbre Tour des Pleurs était encombré de tonneaux dont l'odeur nauséabonde laissait assez deviner le contenu. A cet aspect inaccoutumé, le marquis s'arrêta, et examinant ce peuple de marins qui s'agitait en désordre sur la grève, il se frappa le front avec dépit.
— Allons, pensa-t-il, c'était bien la peine de se fatiguer pendant deux mois à faire le pédagogue avec cette petite sotte! Ce que j'avais prévu est arrivé : le gros pansard de père, le robuste fiancé, peut-être même ce niais de Rolly, vont me tomber sur les bras avant quej'aie pu décider la petite à fuir pour mon compte et à me mettre ainsi en possession de sa personne et de sa dot. Passe encore pour la personne, mais... Au diable la coquette! ajouta-t-il en frappant du pied et en mettant son tricorne de travers; impossible de savoir ce qui se couve dans ce cœur-là! Je crois pourtant lui avoir parlé assez clairement de mon amour; mais que faire d'une femme qui vous répond toujours ia et qui se garde elle-même comme une forteresse hérissée de canons? Voyons, marquis, mon ami, serais-tu joué? N'aurait-on paru accueillir tes galanteries que pour gagner du temps ? Roliy aussi avait reçu d'elle des encouragements, et pourtant Dieu sait si elle n'a pas dirigé le complot dont il a été Victime... Marquis, mon ami, cette jeune fille est d'intelligence avec ce colosse de Wilkins, et elle se moque de toi!
Tout en faisant à part lui ces réflexions, qui pouvaient ne pas manquer de justesse. Cavignon s'était approché de la maison de Gudule ; il allait poser la main sur le marteau de cuivre poli, quand une crainte subite l'arrêta.
— Qui sait si je ne vais pas trouver nombreuse compagnie chez mon écolière ? pensa-t-il; et en vérité, je pourrais rencontrer aujourd'hui dans cette maison certaines personnes assez mal disposées à mon endroit : diable! diable 1 ne nous fourrons pas dans une nasse!
l.T. PRKMICR HARENG 197
1! resta un moment immobile, ne sachant quel parti prendre. Tout à coup, il se décida :
— Babl se dit-il à lui-même, que puis-je craindre P Si on m'attaque, j'ai mou êpée! Si l'on crie, je suis noble, riche, et puisque je m< présente pour épouser... des tonnes d'or, ajoutail au i t pensée1, il ne faut p:is céder sans combat.
Il pénétra dans le petit parloir où se tenait la famille àrcbibald. Tout y était calme el silencieux comme à l'ordinaire. Guplace habituelle, travaillait à sa dentelle. Quant à daine Brigitte, elle dormait plus profondément que jamais, sans douté à une Bible qu'elle avait eu la prétention de lire un moment, et qui avait roulé à ses pieds. Quand le marquis entra, la bonne femme s'éveilla pourtant à demi, éternua, étendit un bras, et prononça d'une voix entrecoupée son exclamation favorite :
— Ji su mein Got.'
— C'est niui. c'est moi, ma bonne dame Archibald, dit Ca- \ n en s'approebant d'un air modeste, ne vous déi
pas! N -ee pas, ajouta-t-il en posant la main sur le dossier d'un grand fauteuil oeuf qu'occupait la vieille femme, n'est-ce 1 [ue rien n'est commode pourreposer comme cette bergère à la mode de France dont je vous ai fait cadeau?
— Za,* répondit la vieille femme.
El pour prouver combien elle appréciait le meuble en queslle se laissa aller en arriére et reprit son somme où elle ! il laissé.
l'en tant ce temps, Gudule, sans rien dire, avait tiré d une armoire du papier, de l'encre, quelques livres, el avait disposé deux chaises prés d'une petite table; puis elle attendit debout et en silence que le marquis vînt lui donner sa leçon.
— Il paraît que personne n'est arrivé encore, pensa celui-ci ;
9 d'arranger nos affaires.
Puis, s'approebant de la jeune fille, il voulut lui prendre la main, qu'elle retira, et il lui dit avec une galanterie respectueuse :
— Eh bien ! mon bel ange, avez-vous appris la nouvelle idylle que m'ont Inspii iux veux'.' Charmante Gudule, quand dune aurez-vous pour mes vers la mémoire du cœur?
I mme la jeune Bile restait silencieuse et complètement indiflérenle, il prit un papier sur la table, et lut en roulant des yeux langoureux :
Le tendre Philémoa aimait Amaryllis...
— Philémon, continua le marquis, c'est moi, divine Gudule ; Amaryllis, c'est vous.
Puis il reprit avec complaisance.
Le tendre Philémon aimait Amaryllis; La bergère insensible...
— Inscnnlde est le mot, ajouta-t-il en s'interrompant encore; Gudule, vous êtes sans [litié pour les maux d'un amant...
Et comme il n'achevait pas sa phrase :
— hi, répondit très-gravement Gudule.
Cavignon fut désarçonné.
— Allons ! soupira-t-il, il n'y a que le mot ia dans la langue hollandaise; il signifie tout, ou plutôt il ne signifie rien.
Cependant il parvint à s'emparer de la main de Gudule, et reprit avec vivacité, quoique ù voix basse :
— Gudule, il faut absolument que vous vous expliquiez... Je vous adore, et je veux savoir si vous me payez d'un tendre retour. Votre père va bientôt arriver sans doute...
— Il est arrivé, dit Gudule en profitant de l'étonnement du marquis pour se dégager.
— Que dites-vous?
— Oui, il a débarqué ce matin avec Wilkins et le Français. Ils sont à l'Hôtel-rie-Ville; tout à l'heure ils vont revenir ici; vous verrez votre ami.
— Le chevalier! s'écria Cavignon; il était avec eux?
— Oui, répliqua la jeune fille avec sa sérénité habituelle; j'avais prié Wilkins de m'en débarrasser, et Wilkins l'a emmené pêcher le hareng.
Le marquis ne put s'empêcher de rire de cette étrange vengeance avouée si naïvement; mais il revint bien vite à son but.
— Vous ne l'aimiez pas, ravissante Gudule, j'en étais sûr! Le chevalier n'est qu'un pauvre hère, sans sou ni maille, sans esprit même, au lieu que moi...
— Voici mon père et .Wilkins, dit la jeune fille en regardant la fenêtre.
— Wilkins! répéta Cavignon précipitamment; eh bien, mademoiselle, je vous laisse. Je ne veux pas troubler vos épanchements affectueux avec l'auteur de vos jours; mais je reviendrai, je reviendrai, soyez-en sûre, déposer à vos pieds mon nom et ma fortune.
Et le marquis, qui ne se souciait pas de se trouver face à face avec le redoutable Wilkins, décampa lestement par la porte du jardin, tandis que, le maître du logis entrait par l'autre porte.
— Oui, certainement, j'épouserai, dit-il tout en marchant; ma loi, mon parti est pris! La petite n'est pas mal disposée, la mère est pour moi, et si le père se montre de bonne composi-
I i PREMIER HAR1 ).,.,
lion !... Je suis un moyen de me débarrasser de Rolly : je n'ai qu'à lu nouvelle! M. us c'esl Will
Lemarq n hôtel, quand il lui beurté par un
• ■il avait eu lieu sa rencontre avec t. H allait quand un éclat
il encore le chevalier qui usait devant lui, mais non plus If Rolly d'autrefois, m babit li' chevalier était encore vêtu
■ on l'avait affublé mit la Qotte; un ■ ! de marin lui descendait jusqu'aux yeux. Mais si l'extérieur e ne l'était pas, car le joyeux yèe de la surprise de son ami.
— Ah! ali! ali! ce cher marquis! il ne me reconnaît plus!
ii n délij u Si r -ait pas disposé à prendre
\ n, enchanté delà tournure
que i -il l'étonnement et s'écria
ée :
— ors-tu ? qu'est-tu devenu depuis la tan-. P qui l'a fagotté ainsi '.'
d'un air mystérieux et désigna du doigt u lieu leur première entrevue. Cavignon se trouvèrent attablés dans la petite salle enfumée de la taverne.
— Enfin m'expliqueras-tu. # .
— x :memcnt,mon cher, dit le chevalier
n soutire ironique; tu ne peux ignorer ma mésaventure. I ■ a .iù te conter l'affaire.
— M dit le marquis avec embarras, tu comprends qu'ai'1 ;ulière disparition, je pouvais... j'avais le droit...
— <>;,' je : t'en veux pasl à ta place j'en eusse fait tout au-
u profiter de mon absence pour me souffler à
la dot. Je te le répète, je ne l'en veux pas : c'est
de h nt, aujourd'hui «pie je n viens sain et
sauf, après de rudes quarts d'heure, je te jure; aujourd'hui
r la partie, lu agiras, ■, et lu me le champ libre,
car il n y a plus de chances pour toi.
— Oui-da, chevalier! Mais m parles avec un aplomb! II parait que te iffaires dans la mer du Nord, et que I babil de pêcheur de harengs ne t'a pas été ta suffisance.
— Il a , [loi \, il m'en a donné une nouvelle; cet babil, que vous mépri°es tant, monsieur de Cavignon, me
ra bonheur. VOUS V6I
— Les vents du pôle ont mis ta cervelle à l'envers, mon
pauvre Rolly, dit Cavignon d'un air dédaigneux; et, en vérité, c'est grand dommage!
Le chevalier d'abord fronça le sourcil; mais sa colère passa vite, et il reprit avec bonhomie :
— Écoute, marquis, des plaisanteries ne prouvent rien, et je veux bien t'cxpliquer ce qui me donne tant d'assurance au sujet du mariage en question. Tu sauras donc que ni loi ni moi n'avions pris la bonne voie pour nous faireaccepter pour épouseurs, en nous présentant avec des habits de soie, des bijoux et des dentelles chez notre infante. Ici, mon cher, dans ce pays de commerce et d'industrie, on ne vous demande pas : « Que possédez-vous? » mais : « Quels sont vos moyens de vous enrichir? En combien de temps pouvez-vous doubler une somme d'argent? » Tu comprends alors...
— .le ne comprends pas; où veux-tu en venir?
— En deux mots, voici la chose : quand je me suis trouvé à bord de la flotte hollandaise, bien contre mon gré, je t'assure, j'ai réfléchi à ma position présente. Pour des raisons particulières, jene dois plus guère compter sur mes revenus de France; cela est triste à avouer, mais cela est. D'un autre côté, le seul moyen de plaire au vieil Archibald et de lui arracher un consentement, auquel certainement Gudule ne résistera pas, était de me créer une industrie, de trouver les moyens de faire une rapide fortune, et le hasard m'a admirablement servi. Il s'est trouvé (chose impossible à croire!) que moi, moi! un roué de la cour de Versailles; moi, chevalier de Rolly, dont les ancêtres possédaient les plus belles terres de la Garonne, moi, le plus joyeux des mousquetaires, moi, qui ai eu l'honneur de donner une fois la main à une princesse de sang royal aux chasses de Saint-Germain, il s'est trouvé, dis-je, que j'avais un talent merveilleux, une vocation inattendue, une aptitude miraculeuse...
— Laquelle donc?
— Pour eneaquer les harengs.
A peine le chevalier eut-il lâché le grand mot, tout d'une haleine et en regardant son ami avec une indifférence affectée, que celui-ci poussa un bruyant éclat de rire. Rolly attendit avec une grande patience que cet act es de gaieté fût passé.
— Charmant! charmant! s'écria le marquis en se tordant sur son escabeau. Ce cher chevalier! je le vois penché sur un tonneau alignant des poissons fétides dans un bain de gros sel ! Ah ! ah ! ah ! si sa femme avait pu le voir dans cette position-là!
— Ma femme est morte, reprit Rolly d'un ton d humeur, et elle ne songe pas à venir me troubler dans mes nouvelles occupations.... Ris lantque tu voudras; toujours est-il que dans