M.M<III,I,AC
A Viihifil. rr 2"" octobre 1()4.S.
Comme ou le ))c;tt voir, au nionioiit d'exprimer c ses ressentiments », La llochefoucaiild faisait iisa;e,' pour entretenir le ministre, de formules excessivement polies. Et nul doute (|ue Mazarin ne sourît à la iTception (l'une lettre seniitlahle. Jl jaugeait riiomnie, et prenait pour ce qu'elles valaient ces i)rotestations d(> d(''V(nienient. Hussy-Kahulin j)iétend que « c'était une des meilleures maximes de ce cardinal de ne se hâter pas dans la distribution des grâces parce (pi"()rdinairemeiit le tein|)s le tirait d'ariaires )>. A Toccasion du tabouret de la princesse, il ne crut ])as nécessaire mi'me d'user de pareilles lia')ile(és : « Jl accorda des Jettres de duc à six personnes de (pialité, écrit Marcillac, sans se souvenir de moi. »
C'en était troj» l/aiicieii ami (\vi^ liiipuilaiits. conspirateurs à la roiiiaiiic. le compagnon île de Thon, pouvait se
LA UOCIIKFOIÎC.M Ll> JlSnl A L\ IKoNIH: 'M
comparer à ('ori<»l;m passant aux Voisquos, outré de Tin- 'jratitudr dr smi pays. Cr « n'sscntiincut >> (ju'il portait en -un (d'iir. et dont il n'eût sans doute rien pu faire sans les cireonstances. trouva son emploi dans la sédition dvs jiar- Irmentaires. .Jamais, en elïet, La Koeheioueauld n'iûl mis sur pied de lui-mèiiu' uju' eonspiration. ]) entrait avec joie dans eelles des autres, les fortiliait d'aixtrd, s'en détroûtait I ientot, y restait ma ijré tt»ut |)ar point d'honneur, tout en eherehant !e moyen d'en sort-ravee dij^mté. La eoiuluite polit itpu' du i)ersonnai;e pourrait à la rij^ueur se lésumer ainsi.
Les quelcpu's serupules qui eussent été susceptibles de Tamter sur la pente de la révolte, avaient été par avanee dissi|)és ijràee à la tendre liaison qu'il avait contractée, deux années auparavant, avec la sœur de Conilé. Mme de Loni,aieville. fort mécontente, ainsi que tous les princes du sanj;, du liouvernement de Mazarin. Le lien s'était formé peu de temps aj)rès (pie lui. Mareillac. était revenu de l'armée »u'i il avait cond)attu sous ("onde jjrécisénu'iit, à Mardyek, et dès 1547 il ])ossédait, comme il nous l'a conté lui-même, '( toute la confiance» de l'ardente et romanesque ])rincesse. Cette intrigue, ajoutée à toutes les raisons qu'il croyait avoir de se plaindre, devait le précijjiter dans les aventures qui à cette heure comnu'uvaient de bouleverser la France.
I^a Fronde, en effet, venait de naître du mauvais état des finances. Tous les grands carnassiers de l'aristocratie avaient dépecé, depuis la Régence, le trésor public. Mazalin. pour dé.sarmer les cabales et se consacrer absohnnent aux alïaires de l'extérieur, avait laissé faire. Les caisses de l'Ktat s'étaient vidées comme ])ar enchantement, et par ailleurs les finances étaient dans le plus complet désarroi. La contrebamle du sel se faisait sous le canon des fauxsauniers; on jùllait les bois de l'Ftat ; les fermiers de la gabelle déj)Osaient leur bilan. D'autre part, dix années d'invasion avaient ruiné le paysan (1). Et cependant le
(1 1 11 faut lire radmirahli' livri', iniuslrmciit oublié, lii- .M. Ai|jii()iiso Kkii.i.kt. la Misiic au /t//(/i.v dv la Frondr. \M,m i-. nnj.itrt- ri-nviTs de cette é|)(K|ue.
as I. \ Kdi llll'i.l » A I 1,1». - C'IAP 1"
(•.•irdiii.il av.iil hcsn'm (r.-iiirt'nt. l'Ji K)4X, il li;i|i|);ut le l'ar- Ifiiinit diiM (Imil Irrs lourd, à riKcasioii du rciioiivcllt'mciit de la l'a'iU'tlt', à (|iiui les Cliainhics irpoudaiciil par M larrrt (rimioii » «•( la rôsistaiice. Kri iiu'int' Iciiips, les b()uri,'('ois voyaient U'iirs HMitos rojçiuVs par des (axes de iriicrri' sans ii'sso roiiouNt'Iri's. l'iic iiiaiivaisc liiuniMir tiriiéraU' couvait (pii irallcudait (pu> rétiiu'cllo pour s'cullaninu'r. Hroussol, (pii tournait volontiers ses audaces en latin, disait en parlant de la reine Anne : Junonem iralnut habc- )iius. Il ne se trompait pas. Le 20 août 1648, alors qu'on chantait à Notre-Dame un Te Deinii de reconnaissance, à Toccasiou de la victoire de Lens. il était arrêté.
« (V fut précisément, dit Voltaire, ce (|ui causa la sul)version du royaume... Tne vieille servante seule, en voyant jeter son maître dans un carrosse par Comminges, lieuteiiant des gardes du corps, ameute le peuple. ^» « La servante de IJroussel, écrit-il ailleurs, conimcnçH Témeute et fut la principale cause des l^arricades. Les bourgeois se joignirent au peuple, le Parlement aux bourgeois; et bientôt après, une i)artie de ceux cpron ai)pelait grands alors s'unit au Parlement (I). »
Non seulement les u grands » s'unirent aux autres états, mais bientôt ils prirent la tête du mouvenuMit. Mme de LonguevUle, qui était à Paris et travaillait pour ses querelles i)articulières accordées dans l'amour, avait ])réparé les voies à son amant. Dès le début de janvier 1049, La Rochefoucauld débarquait dans la capitale, encore que sa famille « aurait fort soidiaité (pfil n"y fût pas retourné». Il mettait aussitôt son épée au service des chefs du mouvenu'nt et s'employait au mieux de son triomi)he. Par lettre du 13 de ce mois, le roi faisait défense aux officiers de la province de Poitou d'obéir h leur gouverneur. Kn réponse à I ordn' souverain, au nom des chefs, Marcillac ^e rendait à Saint-Ciermain débaucher Longueville et Coiili (]ni. incertains, avaient suivi la cour...
(1,1 Ia' Siicle (le îjiuis XIV. cliap. iv ; Histoire du Parkmtnl, (liap. i.vi.
LA U(i(:iii:r(ii c \ I i.ii jrsncA i. a i kumm. ;i;»
On |>ouirait tioin' (|ia', le lossc'» franchi, k* dr jet»'', la mu'iro est à peu pivs iiTt'*mis^il)l(' ciitn' la Ki^riu-c cl liiiriiciiio, (Miiïaiîc dans la révolte. Mais il va prendre a peine de lions détromper, en nons faisant le récit de ces semaines tunndtnensos. cpii ne sont, an vrai, (pie rescarmoiiche pré- Indant à la vraie Kroiide. Alors même «pTil s'évctue à persnailer le mari et le frère de Mme de LoiiL^iieville de se déclarer contre Ma/.arin, le cardinal, sachant les facilité< (piavait Marcillac d entrer et de sortir de l'aris, « bien (pie les portes fussent soijîneiisenient j^ardées, le prie de lui apporter de Tarifent. .. », La rupture, on peut on jn,er par ce fait, n'était pas encore absolument cunsommée ; autrement il faudrait voir dans i)areil trait nne de ces attitudes é(piivocpies (jui lui seront familières pendant toiito la durée de la icuerre civile et qui lui vaudront parmi les l'roudeurs ce <ol)ri(piet iiKpiiétant de » La Franchise »,
Peutlant les trois années (pii vont suivre il est, eu eiïet, A la moindre occasion, en conférence avec l'adversaire. Ici lependant, ce fpii le fluide c'est peut-être moins cette disposition de son caractère i'ail)le (pi'il (pialiliait lui même de
resserrée » (ju'un secret espoir de <( faire chanter >' Maz;;rin. Il espère encore que le ministre va capituler dès quil saura (pie lui. Marcillac, s'allie à la Fronde. Mîiis c'est le récit seul de l'écrivain qui peut nous faire pénétrer ce machiavélisme de ruelles :
LA F KO NUE P A K I, K M K N T A 1 K li
On cuiniii('ii(,-ail à se lasser de la ddiiiiiiatioii du cartiiii;.! ^la/.arin : sa mauvaise foi, sa faiblesse et ses arlilices étaieiil ' iiMiuis; il accablait les provinces par des impôts, les villes par des taxes, et il avait réduit au désespoir les bourtjeois de Paris par la suppression des rentes de IHotcl de Ville. Le l'arleineut portait iru|talieiiunenl ces d(»s()rdres ; il essaya d'al)or(l d"v remédier par des remontrances à la reine et par i\c> voies respectueuses : mais il se disposait à en prendre daulres, puisijue celles de la douceur étaient inutiles. Le cardinal n'avait pas nipiuigé le duc d'Lngliien sur la charge d'amiral vacante par la