L ARRESTATION D K S PRINCES
Toutes ces choses aigrissaient M. le prince, mais elles ne lui faisaient rien soupçonner de ce (jui était prêt d'éclater contre lui ; et bien qu'il fût mal satisfait du cardinal, il ne prenait aucunes mesures pour le perdre, ni pour s'empêcher (sic) i[ue le cardinal lui-même ne le perdît ; et il est certain que, jusques à sa prison, jamais sujet ne fut plus soumis à l'autorité du roi, ni plus dévoué aux intérêts de l'État ; mais son malheur et celui de la France le contraignirent bientôt à changer de sentiments.
Le traité de mariage du duc de .McrcuMir, lils aîiu' du duc d«> Vendôme, avec une des nièces du crardinal Mazaiin, eu fut une des principales causes et renouvela toute l'aigreur qui semblait
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être Ji.>:s()U|)ii' iMilii' ro ministro et M. le piMici'. 11 y avait dumié les mains avant la lîuerre de Paris, soit (juil n'en eût pas |irévii les suites, on (lue, par déférenee pour la reine, il n'eût osé loi ténioiirner (|u'il li's |)révtiyait. Mais en lin Mme de LoM>,qievill(', ennemie de la maison de Vendôme, eiaii^nit (pie les ])rélenli(iii de rani; du due de Loni,Mieville ne fussent Iroulilées par l'éli valion du due de Meie<iMir. Elle se servit des premiers nionieiils de sa réetineiliation avec M. le prince pour lui faire connaître que ce mariage se faisait directement contre leurs cohumums intiVéts. Klle lui ilit (pu' le cardinal, lassé de porter le jouu; (pfil venait de s'imposer, voulait jjrendre de nouveaux appuis ])our ne dépeiulre plus de lui, et pour pouvoir nuiriquer imiJunénuMit à ses eniïîurements et jY la reconnaissance (pjil lui (levait. M. le prince fut facile à persuader, et encore plus à promettre à y\. le prince de Conti et à Mme de Loni;ucville de se joindre à eux |iour empêclier ce maria<ïe, bien (piil eût, comme je Pai dit. fait i>araîlre à la reine (|u"il y consentait. 11 halançci néannu)ins quelcpic temps à se déclarer, .le ne sais si ce fui parce (|u"il voulait (jue les premières dillicultés vinssent de monsieur son frère, ou pour reculer de (pjelques monuMits la peine (piil avait de s'opposer ouvertement aux sentiments de la reine ; mais enfin on sut bientôt qu'il ne pouvait approuver cette alliance, et le cardinal résolut dès lors de se ven^fer de lui et d'avancer le dessein de l'arrêter.
11 s'y rencontrait de jj^ands obstacles (|u"il fallait nécessairement surmonter. La liaison particulière de M. le duc d'Orléans et de ^L le prince, fomentée par tous les soins et par tous les intérêts de l'al)bé de la Rivière, était un empêchement bien considéralile. On ne jiouvait diviser ces deux ])rinces, sans ruiner rabi)é de la Rivière auprès de M. le duc d'Orléans, et sans lui persuader en même temps (pie M. le prince avait iiiaïupié envers lui en (piehjue chose d'assez important pour lui faire naître le désir (le le perdre: et ce crime imairinaire n'était pas facile à supposer. Il fallait encore se réconcilier avec les frondeurs, et (pie ce fût par un traité si secret que M. le prince n'en pût avoir de soupçon. Le peuple et le I*arlement d(!vaient etîalement Pii^norer aussi, parce qu'au) renient les frondeurs se seraient rendus inutiles à la cour, en perdant dans l'esjjiit du l'arlement et du j)euple leur cri'dit, (jui n'était fondé que sur la cré'ance qu'ils étaient irréconciliables avec le cardinal. Je ncî puis pas dire si ce fut son habileté qui lui fit inventer les moyens qu'on employa contre la liberté de M. le prince ; mais au moins