I.AlUir.s'l ATULN DUS l'IUNCKS
uui.-ji- .w-MinT qu'il so servit julroitciiu'iit île ceux i[uv la furtune lui présenta jumr vaincre les dinicultés qui s'opjiosjueiit à un deiîseiii si périlleux. Kiilin un nommé Joly, créature du eoa*ljuteur de Paris, fimrnit de matière aux dést»rdres cpii se/virent de moyens au cardinal pour prendre des liaisons avec les frondeurs, comme on le verra dans la suite.
Entre les jihiintes «îénénUes (pii se fjiisaient puhliipienuMit contre le gouvernement, le corps iU'<. rentiers de l'ilôtil de Ville de Paris, à qui on avait retranché beaucoup de leurs rentes, paraissait le plus animé. On voviiit tous les jours un nombre considérable de bonnes familles, réduites ta la dernière nécessité, suivre le roi et la reine dans les rues et dans les églises, pour leur denumder justice avec des cris et des larmes contre la dureté des surintendants. Quehjues-uns s'en plaii^nirent au Parlenu'ut, et ce Joly, entre autres, y parla avec beaucouj) de ciialeur c(»ntre la mauv;use administration des linanees. Le lendemain, lorsqu'il allait au Palais alin d'être à lentrée des juges, pour cette même affaire, on tira quelques coups de pistolet dans le carrosse où il était, sans que néanmoins il en lût blessé. On ne peut découvrir l'auteur de cette action, et il est dillieile de juijer par les suites qu'elle a eues si la cour la fit faire pour juinir Joly, ou si les frondeurs la firent de concert avec lui j)our avoir un sujet d'émouvoir le peuple et d'exciter une sédition ; d'autres ont cru (pie ce fut quehpie ennemi ))articulier de Joly qui avait voulu lui faire plus de i)eur que de nuil. Le bruit en fut aussitôt répandu dans Paris, comme un effet de la cruauté du cardinal, et la Boulaye, qui était attaché au duc de Beaufort, jj.uut en même temps au Palais demandant justice au Parlement et au peuple de cet attentat contre la liberté pul)li(pu'. IVu de gens furent persuadés que son zèle fût aussi désintéressé (juil voulait le faire croire, et peu aussi se disposèrent à le suivre : ainsi le tumulte ne fut pas \iolent et ne dura guère, La présence de la Boulaye fit croire au jjcuple avec quelque vraisemblance que ce qui s'était passé était un artifice des frondeurs |)our intimider la cour et s'y rendre nécessaires : mais j'ai su depuis par un homme digne de foi, à qui la Boulaye l'a dit, que les niist.nnt'ments que l'on fiiisait sur son sujet étaient bien éloiirnés de la vérité, et (pie, dans le moment (pie l'on vit (piehpie apparence de sédition dans l'affaire de Joly, le caidinal lui doniui un ordre d'aller au Palais, d'y paraître emporté contre la cour, d'entrer dans les sentiments du peuple, de se joindre à tout ce qu'il voudrait entreprendre, et de tuer M. le prince, s'il parais-