‹ La RochefoucauldChapitre 21 sur 87 · I. \ i iî<i\ hi: IH s i'i;i \(:i:s n:t · texte numérisé non relu

I. \ i iî<i\ hi: IH s i'i;i \(:i:s n:t

n'ia ttiiij«tui> M. lit' Hfaulit'ii (La Koclu-f. i, ci fi-ia, > il peut, i-f <|ui lui puurrH plain* davantage, cl s'il ne peut pa . il mt» iiUis dtVcspért* tic cette s(»rle tic lualheur (|uc des autres. (|ucl(|ue tiraïuis et inconipréheiisiUlcs <|u ils soient; car je rentre en matière p(»ur V(tus dire (jue januiis procès n'a paru plus juste et init'ux a[tpuyè «pie le nôtre, cl que ce n'est (pU' noire étoile (pli en a donné le «^rain à no> ennemis.

Adieu, je vivrai et mourrai à vous. .lai reçu voire lettre du 'IX.

•jOlMme i»i: Lo.\f:iKVii,i.K).

Lui, comiiieiK'iiit à .^c lasser de cet aiiioiir même, où il prétendait dailleuis n'êtn* ctitié (pu' par |M)liti(pte. > La ilurée de nos liassions, a-t-il (Vrit, ne dépend pas |)lus de iiuns que la durée de mitre vie. )•■ Et encore : > il y a dans le cœur humain une îénéiation perpétuelle de passions, en sorte (pie la ruine de lune est prescpie toujours rétablis.sement de l'autre. » Quoi (pi'il fît. quehpie l)un visatîe qu'il se c'jm))osât pour celle (pii lui écriva t ces phrases adorables, il s'éloignait d'elle par le sentiment et par la politi(pie. La passion du calim' chassait cet amour tourmenté d'un cd'ur depuis louirtemps détrompé.

La ))olititpie. on la vu, consistait à composer. La Kochefoucauld n'enqjloyait i)lus son génie qu'à se rappro- ( lier de la cour, et s'il eût été seul, s'il n'eiit pas eu des engagements, il se fût aussitôt retiré de la lutte, comme il le fera l'année suivante, excusé par sa grave blessure. Or. Mme de Lonirueville. que son mari rappelait et (pii craignait le retour au foyer, poussait ses frères à continuer la résistance. Ses sentiments étaient contraires à ceux de son amant, qui s'elTorçait de la persuader de quitter Paris, et celui-ci la trouvant si opposée à ses aspirations, malgré qu'elle cédât à sa volonté, se détachait de celle à (pli les sens et ses intrigues |jlutôt «pic le cd'ur lavaient attaché...

Mais là encore, dans cette chaîne, rinuineiir le retenait. 11 demeurait dans le ])arti des princes comme dans sa liaison, malgré son appétit de repos, malgré son désir de

I I i I. A UdClIKFUl CAl'Ll». - (IIAl'. III

rupture. Il j)articipait à tous les « l'hipotages (l) — le mot est de lui — sans en cspôrer aucun bien. Ou va le voir imHi'' à toutes les intrigues, à des scùies de comédie et mCMiie de vaudeville, à d'autres qui eussent pu devenir tra'ii pies : il y joue i)lus qu"h;)muiedu ni )iule un rôle de premier plan,

II veut rave tmuiodcr sa maîtresse avec son mari; il l'ait rompre Conti avec sa liaJict'e (jui est (ille de son ancie:inc passion. Mme de Chevrcnse, s;)n adversaire dans tout ceci ; il fav irise la pa-sion de Coudé pour la belle et turbulente Isabelle de Châlillon (1): il place des chapeaux de cardinaux; il manque tuer Hetz, (pii plus tard évoquera la vie du duc, à cette époque, en ces (pielques mots charmants: ■' 11 faisait tous les matins une broui lerie, et... tous... les soirs... travaillait à un rabiennement (.-î). h Ces distractions seide- parvenaient à lui faire oublier l'inutilité et le ridicule de toute cette révolte.

(1) Correspondance, p. TU.

(2) et. E. Maonic, Madame de l'haliUon, l!Uti.

(3) Raccommfi(lem«»nt.

LKS - CllIi'iiTACKS >^

La j)riï<oii ilf M. le prince avait ajouté un nouveau lustre à t^a -luire, et il arrivait à Paris avec tout lédat (ju'une liberté si avant îijïeusenu'iit obtenue lui pouvait donner. M. le duc d'Orléans et le Piwlenient l'avaient arrachée des mains de la reine ; le cardinal était à peine échappé de celles du peuple, et sortîiit ilu royaume chari,'é de méj)ris et de haine: enfin, ce menu* peujile qui, un an auparavant, avait fait des feux de joie de la prison de M. le prince, venait de tenir la cour assiégée dans le Palais-Royal pour procurer sa liberté. Sa dis^rràce semblait avoir clianiré en comj)assion la haine (ju'on avait eue pour son huirieur et jiour sa conduite, et tous espénuent éiralement que son retour rétablirait Tordre et la tranijuilHié pubUque.

Tel était l'état des choses lorsijue M. le prince arriva à Paris avec M. le prince de Conti et le duc de Lont^ueville. Une foule innombrable de peuple et de personnes de toutes quîUiiés alla au-devant de lui jusqu'à Pontoise. 11 rencontra, à la moitié du chemin, >L le duc d'Orléans, (pii lui présenta le duc de Beuufuit ••t le coadjuteur de Paris, et il fut coiuluit au PahJs-Koyal au milieu de ce triomphe et des ac-clamations j)ubli(iues. Le roi, la reine et M. le duc d'Anjou étaient dennuirés au l'alais-Kuyal avec les seuls ofliciers de leur maison, et ^1. le prince y fut reçu i omme un homme qui était plus en état de faire jijâce (pie de la liemander.

Plusieurs ont cru (jue il. le duc d'Orléjuis et lui firent une

faute très considérable de hiisser jouir la reine jjIus Iou'^m "

lie son autorité : il était facile de la lui ôler; on pouvjii' passer la régence à iL le duc d'Orléans par un arrêt du l'an»-

ne = I. A liiMiiii'.roicAnj) — ciim' m ===

mont, l't ri'iiu'lirc ikmi si'iilt'iniMit iMiliv ses mains la condiiito lU' ri-ltat. mais aussi la pcisomio ilii rcù. (|iii mam|iiait seule pour iriulio 1" parti des priiu-os aussi lé^iliiuc eu ap|)ar(MU'i> (|u"il était puissant vu l'iïiM. T(Uis les partis y (Missent consenti, jiersonno ne se trouvant en état ni inéMue en volonté de s'y opposer, tant TahattenuMit et la fuite du earilinal avaient laissé de eonstornation à ses amis, ("e eliemin si court et si aisé aurai sans doute empêché [)our toujours le retour de ce ministre ettôlé à la reine l'espérance de le rétal)lir. Mais iVl. le j)rince, ipii revenait comme en triomphe, était encore trop ébloui de Péclat de sa lilierté pour voir distinctement tout ce qu'il pouvait entreprendre. Peut-être aussi (pu> la tïrandeur tie l'entreprise lempêcha d'en connaître la facilité. On peut croire même (|ue, la connaissant, il ne put se résoudre de laisser passer toute la puissance à M. le tluc d'Orléans, (pii était entre les mains d<>s l^'rondenrs, dont M. le prince ne voulait pas dépendre. D'autres ont cru plus vraisemblahleuient (ju'ils espéraient, l'un et l'auti-e, ipie (piehpies néiiociations commencées et la fail)lesse du l^ouvernemeut étal)liraient leur autorité par des voies plus douces et |)lus hyitimes. Enfin ils laissèrent à la reine son titre et son pouvoir, sans rien faire de solide pour leurs avantages. Ceux (pii considéraient leur conduite, et en jugeaient alors selon les vues ordinaires, remarcpiaient qu'il leur était arrivé ce qui arrive souvent en de seml)lal)les rencontres, même aux plus grands hommes ipii ont fait la guerre à leurs souverains, (pii est de n'avoir pas su se prévaloir de certains moments favorables et décisifs. Ainsi le duc de (iuise, aux premières barricades de Paris, laissa sortir le roi, après l'avoir tenu comme assiégé dans le l.ouvre tout un jour et une nuit : et ainsi ceux (pii disjjosaicnt du peu|)le de Paris aux dernières barricades lui laissèrent passer toute sa fougue à se faire accorder par force le retour de Broussel et du président de Blancmesnil, et ne songèrent point à se faire livrer le cardinal, (lui les avait fait enlever, et qu'on pouvait sans peine arracher du Palais-Royal, qui était blo([ué. Enfin, quelles (pie fussent les raisons des princes, ils laissèrent écha{)j)er une conjoncture si importante, et cette entrevue se passa seulement en civilités ordinaires, sans témoigner d'aigreur de part ni d'autre et sans parler d'affaires. Mais la reine dé'sirait trop le retour du cardinal pour ne tenter pas toutes sortes de voies j)Our y disposer .M. le prince. Elle lui fit offrir par Mme la i)rincesse Palatine de faire une liaison étroite avec lui et de lui procurer toute sorte d'avantages à cette condition ; mais,

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comiiu' cTs tenues «Maicnt iiéiiéraiix, il n'y n^(i(imlit (jih- par (It's fivililrs (|(ii ne roiiiraircaiciit à rien. H criil méiiic (|in' (•'('•lait un arlilicc de la rciiic pour renouveler contre lui l'aii^reur i,'^>n(''ralo, et, en le reiulatil suspeet à M. le due d'Orh-ann, au l'arleniont et au peuple, [tar eette liaison seer('f e, l'.'xposer à retomber dans ses premiers malheurs. Il consid(''rait eiu-ore (piil ('tait sorti de prison par un trait»' sijfiK' avee Mme de Clievreuse, par Uvpiel M. le prince de Conti devait <''|)ouser sa lille ; (pie c'(''tait priiu^ipalement par eette alliance (pie les l""rondeurs et le coadjuteur de Paris prenaient coiiliance en lui, et (pi'elle faisait aussi le nuMiie elTel envers le irarde des sceaux de ("hâteauneiif, (pii tenait alors la premi('re |>lace dans le Conseil et (pii (''lait ins('paral)lement attadié à Mme de Clievreuse. D'ailleurs cette cabale subsistait encore avec les mêmes apparences de force et de crédit, et elle lui olïrait le choix des établissements pour lui et pour monsieur son fn're. M. de Châteauneuf venait même de les rétablir tous deux, et le duc de Lonu:ueville aussi, dans les fonctiims de leurs charités, l-jifin M. le prince trouvait du péril et de la honte de rompre avec des personnes dont il avait re(,-u tant d"avanta<4es et (pii avaient si [)uissamment contribué à sa libert(\

(Juoi(pie ces léllexions lissent balaïu-er M. le prince, elles ne ralentirent pas le dessein de la reine. KHe d(''sira toujours avec la même îirdeur d'entrer en né»;ociation avec lui, espérant, ou de l'attacher vérita!)lement à ses intérêts et s'assurer par l;"i du retour du cardinal, ou de le rendre de nouveau suspect à tous ses amis. Dans cette vue, elle pressa Mme la princesse Palatine de faire expli(pier M. le prince sur ce (pj'il pouvait désirer pour lui et |)our ses amis, et lui donna tant d'espérance de l'obtenir, (jue cette princesse le lit enfm résoudre (le traiter et de voir secrètement ch'z elle MM. Servien et de Lyonne. Il voulut (pje le due de La Rochefoucauld s'y trouvât aussi, et il le lit de la participation de M. le prince de C(»nli et de Mme de Louirueville.

Le j)remier projet du traité (pii avait été proposé par Mnu' la |)rincesse Palatine était (pion donnerait la Guyenne à M. le prince, avec la lieutenance «générale pour celui de ses amis cpiil voudrait : le «gouvernement de Provence pour M. le prince de Conti: (pron ferait des ^ratilications à ceux (pii avaient suivi ses intérêts ; (pi'on n'exijïorait de lui (pie d'aller dans son tîouvernement avec ce ([u'il choisirait de s:>s troupes pour sa sûreté; (piil y demeurerait <ans contribuer au retour du cardinal Maxarin, mais (pi'il ne s'y opposerait pa- ; et (pioi (pi'il r rrivât,

ns = i.A K(M:iii:i-()rc.u:iJ). — cn.w m =

que M. lo prince serait libre d'être sou ami ou son ennemi, selon que sa couiluito hii on donnerait sujet. Ces niênu's conditions furent non seulenient conruniéos, mais encore augnionh'es par ^IM. Servien et do Lyonne : car sur ce que M. U^ prince voulait faire joindre lo ;;ouvorniMnent do Blaye à la lioutonance j;énérale cie Ciuveiun' pour le duc de La Hoclioroucauld, ils lui on donnèrent tout os les ospérancos qu'il pouvait désirpr. 11 est vrai qu'ils demanderont du temps pour traiter avec M. d'Ani;oulême du uouvernoment do rrovence et pour achever do disposer la reine à accorder ]îlay(; ; nuiis api)aren]ment ce fut pour rendre compte au cardinal de ce (]ui se passait et recevoir ses ordres. Ils s'expliquèrent aussi de la répus;nance que la reine avait au maria!i;e de M. le prince do Conli et de Mlle de Chevrouse, mais on ne leur donna pas liou d'entror plus avant en matière sur ce sujet, et l'on lit seulement connaître que rongagoment que l'on avait pris avec Mme de Chevrouse était trop grand pour chercher dos expédients de le rompre. Es n'insistèrent pas sur cet r.rticle : ainsi l'on crut que la liaison de la reine avec M. lo prince était sur le point de se conclure.

L'un et l'autre avaient presque également intérêt que cette négociation fût secrète. La reine devait craindre d'augmonlor les défiances de M. le duc d'Orléans et des Frondeurs, et de contrevenir sitôt et sans prétexte aux déclarations qu'elle venait de donner au Parlement contre le retour du cardinal. M. le prince, de son côté, n'avait pas moins de précautions à prendre, puisque le bruit de son traité, on faisant croire à ses amis qu'il l'avait fait sans leur participation, pouvait fournir un juste prétexte au duc de Bouillon et à M. de Turonne de quitter ses intérêts. Il craignait encore que, rompant tout de nouveau avec les Frondeurs et avec Mme de Chovreuse, il no renouvelât au Parlement et au peuple l'image affreuse de la dernière guerre de Paris. Cette affaire demeura ainsi quelque temps sans éclater ; mais celui qu'on avait pris pour la conclure produisit bientôt des sujets de la rompre et de porter les choses dans les extré mités où nous les avons vues depuis.

Cependant l'assemblée de la noblesse ne s'était pas séparée, bien que les princes fussent en hberté; elle continuait toujours sous divers prétextes. Elle demanda d'abord le rétablissement de ses privilèges et la réformation de plusieurs désordres particuliers ; mais son véritable dessein était d'obtenir l'assemblée des États généraux, qui était en effet lo plus assuré et le plus innocent remède qu'on pût apporter poiu: remettre l'Etat sur

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ses anciens foiulcnieiits, dont la piiissanee trop ('tciKliie des favoris semble l'avoir arrarhé depuis (|uel(pie temps. La suite n'a que trop fait voir combien ce projet de la iioblc^sf eût M avantji^eux au royaume; mais M. le due dOrlcans et .M. le prince neconiuiissant j)as leurs vc'-rilables intérêts, et voulant se méiuiifer vers la cour et vers le Parlement, qui craifjnaient également rautorilc des États généraux, au lieu d'appuyer les demandes de la nolilesse et de s'attirer par là le mérite d'avoir procuré le repos publie, ils songèrent seulement aux moyens de dissiper l'assemblée, et crurent avoir satisfait à tous leurs devoirs, en tirant pjirole de la cour de faire tenir les Etats six mois après la majorité du roi. En suite d'une promesse si vaine, l'assemblée se sépara.

La cour était alors partaiçée en plusieurs cabales ; nuiis toutes s'accordaient à empêcher le retour du cardinal. Leur conduite néanmoins était différente : les Frondeurs se déclaraient ouvertement contre lui ; mais le garde des sceaux de Châleauneuf paraissait attaché à la reine, bien qu'il fût le plus dangereux ennemi du cardinal. Il croyait que le meilleur moyen de le tenir éloigné et d'occuper sa place était d'afl'ecter d'entrer dans tous les sentiments de la reine. Elle rendait compte de tout au cardinal dans sa retraite, et son éloignement augmentait encore son pouvoir. Mais, comme ses ordres venaient lentement et que l'un était souvent détruit par l'autre, cette diversité apportait une confusion aux affaires à laquelle on ne pouvait remédier.

Cependant les Frondeui-s pressaient le mariage de 'M. le prince de Conti et de Mlle de Chevreuse. Les moindres retardements leur étaient suspects, et ils soupçonnaient déjà Mme de Longueville et le duc de La Rochefoucauld d'avoir dessein de le rompre, de peur que M. le prince de Conti ne sortît de leurs mains, pour entrer dans celles de Mme de ChevTeuse et du coadjuteur de Pai'is. iL le prince augmentait encore adroitement leurs soupçons contre madame sa sœur et contre le duc de La Rochefoucauld, croyant que, tant qu'ils auraient cette pensée, ils ne découvriraient jamais la véritable cause du retardement du mariage, qui était que M. le prince n'ayant encore ni conclu ni rompu son traité avec la reine et ayant eu avis que M. de Châteauneuf devait être chassé, il voulait attendre l'événement pour faire le mariage, si le cardinal était ruiné par M. de Châteauneuf, ou faire sa cour à la reine en le rompant, si M. de Châteauneuf était chassé par le cardinal.

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Cependaiit. on envoya à Koinc pour avoir la dispense sur la parenté. Le prinee tle Conti latteiulait avee inipatienee. lant parée (|Ue la personne de Mlle de Chevreuse lui plaisait, (|ue parce (pu* le ehanixenieiii de eoiulition avait p(Uir lui la t,M;u'e de la nttuveaulé. Il eaehait toutefois ee senliinent à ses amis avec t(»ut lartiliee tlont il était eapahle ; mais il craiirnait surtout ([ue Mme do Lonmieville ne s'en a|)ervût, île peur de ruiner les apparences d'une [)a,ssion extraordinaire et hizarre, dont il voulait qu'elle le crût touché. Dans cet embarras, il pria secrètemenl le j)résident Viole, qui devait dresser les articles du mariai^e, d'accorder tous les {)oints qu'on voudrait contester et de surmonter toutes les difficultés.

En ce même temps, on ôta les sceaux à M. de Cliâteauneuf, et on les donna au premier président Mole. Tette action surprit et irrita les Frondeurs; et le ('(tadjuteur, eniu'iui particulier du premier président, alla avec précipitation à Luxend)ourii en avertir M. le duc d'Orléans et M. le prince, (pii étaient enseml)le. Il exairéra devant eux la conduite de la cour avec toute l'aii^reur possible, et la rendit si suspecte à M. le duc d'Orléans cpu' l'on tint sur l'heure un conseil où se trouvèrent plusieurs personnes de qualité. |)our délibérer si on irait à l'instant même au Palais arracher les sceaux au premier président, et si on ferait émouvoir le peuple ])0ur soutenir cette violence. Mais M. le prince y fut entièrement contraire, soit qu'il s'y o])posât par raison ou par intérêt ; il y mêla même quelque raillerie, et dit qu'il n'était [)as assez brave pour s'exposer à une guerre qui se ferait à coups de grrès et de tisons. Les Frondeurs furent piqués de cette réponse, et se confirmèrent par là dans l'opinion qu'ils avaient que M. le prince prenait des mesures secrètes avec la cour ; ils crurent (pu* i'éloiiriu ment de M. de Châteauneuf et le retour de M. de Cliavifjny. auparavant secrétaire d'Etat et ministre, qui avait été rappelé en ce même temps, avaient été concertés avec lui, bien (pi'en elTet il n'y tût aucune part. Cependant la reine rétablit aussitôt M. de f'havigny dans le conseil. File crut que, revenant sans la participation de personne, il lui aurait l'obligation tout entière de son retour, et en effet, tant que M. de Chavii^ny esj)éra de gagner créance sur l'esprit de la reine, il parut éloigné de M. le prince et de tous ses principaux amis ; mais, dès que les premiers jours lui eurent fait connaître que rien ne pouvait faire changer l'esprit de la reine pour le cardinal, il se réunit secrètement avec M. h* prince, et crut que cette liaison relèverait à tout ce que son ambition démesurée lui faisait désirer. Son

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prt'micr |)H> fui il'ohlim-r M. le priiuf .i dcrhirt-r à M. le duc d'OrU'ans \v traitô (|u'il faisait avec la rcino, atiii qu'il lui aidât à !»• nnniirc, «'t. lùi'ii (pi'il tlût à Mino dt* Loii^ui'villi* et au duc d(> Iax Koclu'fuucatdd toute la cotilianci* <|ut' M. It* prince prenait cnlui.il exigea iicaninoiiis de M. le prince doter à l'un et à l'autre la cdunais^anee précise et eniièn* de ses desseins.

Durant (|ue M. de ('liavij;ny agissait ainsi, l'éloi^nenieiit tic M. de Cliâieaunetif avait auvrinenlé les détianees de Mm- de Chevreuse toueliani le inariaiîe (|u'elle souhaitait ardeniinent : elle ne se trouvait plus en élat de pouvoir procurera M. le prince et à ses amis les étahlissenients aux(juels elle s'était cns:a«i('e , et iej)endant Mme île Kliode était convenue, par son (jrdre, avec le duc de La Kocliefcnicauld (jue ces établissements et le niaria4îe s'exécuteraient en nu'me temjis et seraient des manjues réciproques de la bontu' foi des ili'ux partis. Mais si. d'un côté, elle voyait diminuer ses espérances avec son créilit. elle les reprenait par les tém(»iiriiai,'es de {(ju^sion (jue M. le prince de Conti donnait à madem(»is('lle sa tille : il lui rendait mille soins qu'il cachait à ses amis, et particulièrement à nuulame sa sœur; il avait des conversations très longues et très particulières avec Lai<j;ue et Noirmoustier. amis intimes de .Mlle de ("hevreuse; et, contre sa coutume, il ne rendait plus compte de rien à personne. Enfin sa conduite parut si extraordinaire, (pie le président de Nesmund, serviteur particulier de M. le jirince, se crut obli^ré de lui donner avis du dessein de monsieur son frère. Il lui dit qu'il allait épouser Mlle de ('hevreuse sans sa particijjation et sans dispense ; (pi'il se cachait de tous ses amis pour traiter avec Laigue et (pie, s'il n'y remédiait promptement. il verrait Mnu* de Chevreuse lui »"»ter monsieur son frère et achever ce nuiriai^e dans le temps (pi'on croyait (juil avait plus d'intérêt de l'empêcher, ("et avis retira M. le prince de son incertitude; et, sans concerter sa pensée avec personne, il alla chez M. le prim-e de Conti. Il commen(,a d'abord la conversation par des railleries sur la ifrandeur de son anu)ur. et la linit en disant de Mlle de Chevreuse, du Coadjuteur, de Noirmoustier et de Caumartin, tout ce qu'il crut de plus capable de dégoûter un anuint (Ui un mari. Il n'eut pa»; «rraiulpeine à réussir dans son dessein. M. le prince de Conti crut (pi'il disait vrai, ou ne voulut pas lui témoigner (pj'il en doutait : il le remercia d'un avis si siUutaire et ré'solut de ne [toiiM épouser Mlle de Chevreuse. Il se plaignit nuMue de Mme de LonglU'ville et ilu duc tit- l.a Kochefimcauld

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