‹ La RochefoucauldChapitre 4 sur 87 · LA KUCIIKIlUCAllJi ClIAl' I · texte numérisé non relu

LA KUCIIKIlUCAllJi ClIAl' I

maliiir les ouvra^jos histori<|iu's dont il osl. raiilt'iir, il parait avoir exercé sou iiia<:;is(r'n' de l'aboli déplorai »le.

Néi^diiieuee du précejiteiir, (iirhideiice du disciple, (iii paresse plutôt : nmis savoîis f[iie La Kocliefoucanid était de naturel fort indolent, — indilTérence dédaigneuse, induliîence excessive des i)arents? Nous n'avons aucunes données à cet égard ; nous ne connaissons que les résultats, les dires des contemporains, unanimes à lui attribuer des connaissances métliocres. Dans le k<cgrai!<iati(i, ou lit en effet : « M. de La Rochefoucauld n'avoit pas étudié ; mais il avoit un bon sens merveilleux, et il savoit parfaitement le monde. » Et Mme de Maintenon disait : « .11 avoit... beaucoup d'esprit, mais peu de savoir (1). » Luimême, au reste, adressant à un érudit des vers latins (pi'un de ses amis lui avait confiés pour être jugés, ne craindra pas d'avouer : « Je n'entends pas assez le latin pour oser m"en nrêler (2). «

En revanche, il est très vraisemblable que ce fut à cette époque, entre dix et quinze ans, qu'il lut pour la })remièie fuis VAstrce, cette œuvre qui devait l'enchanter juscprà sa mort. « M. de I^a Rochefoucauld, écrira l'abbé de Longuerue, a été toute sa vie fidèle aux romans. Tous les aprèsmidi, il s'assembloit avec Segrais chez Mme de La Fayette, et on y faisoit une lecture de VAstrée. » Rien ne s'oppose à ce qu'il l'ait connu tout d'abord, à Verteuil, où très certainement sa mère le lisait.

L'œuvre d'Honoré d'Urfé avait vu le jour en 1610, et sa vogue, qui devait durer jusqu'à la fin du dix-septièjiu' siècle, était, pour lors, sans égale. La cour et la ville discouraieut à. l'envi des aventures de Céladon et d'Astrée. On parlait de ces amants désunis et malheureux comme de |)ersonnages vivants ; et c'est ainsi, fort probablement,

(1) Cité sans référoiuc par E. dk Barthélémy dans sa Notice, p. KS.

(2) M. Goi'RDAUi.T, <|ui publie la lettre où se trouve cette phrase (Carrispondance, p. 220, lettre IKl), affirme nicnie que dans une première version La Kocliefoucanid avait écrit : « Comme je n'entends pa>i lu latin. •

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