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(|ti(' La KoclicfoiR-aulil ciitt-iidit luuiioiucr leurs iiuiiis |ii»urla preinièri' fois. De là à (h'siierdolireee romaii, il iiy avait pas loin, d'autant ([ue Touvragc pouvait être mis entre toutes les ^llains d(!'s radolesceuco, ayant des îi^réments susceptibles de ravir une jeune iniai;inalion et de lineiter aux pensi'-es nulles et ronianestpies. La persistante tendresse (pie lY'crivain conserva à son endroit sullirait à faire admettre qu'il d(!'vora fort jeune ce long roman : nous relisons dans notre vieillesse les seuls ouvrau'es (piiempruuti'reiit à notre fraîcheur d"âme un lustre incomparable.
Mais si nous mamiuons de certitudes, si, loyalement, nous sommes obligés de reconnaître cette lacune, nous devons moralement jissumer le risque de cette conviction, et l'assumer d(*s le dt'but de cette (.''tude. L'Astrée, et VAstréc seul, a été le jiremier éducateur de La Rochefoucauld, comme homme et comme gentilhomme. C'est dans ce livre qu'il a puisé ces leçons romanesques qui jusqu'à sa trentième aniii'e ont fait de lui un personnage poétique, noble entre tous, hnagiuant !e monde à la ressemblance delà société idylli(pie réunie sur les bords du Ligiion. C'est pour avoii- cru à cette fable — de toute son âme — qu'il s'est voué au service des dames, au service de la reine .\nne. de Mlle de Hautefqrt, de la duchesse deChevreuse : u La jeunesse est une ivresse continuelle ; c'est la fièvre tie la raison )\ a-t-il écrit dans les M(iau)ies. Et lorstjue ilans ses M( moires il relatera son projet d'enlèvement île hi reine, projet si fou qu'on hésite à y croire, aujourd'hui encore, c'est bien le lecteur de VAstrîe qui se découvrira : « Je puis dire, a-t-il noté en cet endroit de son (euvre, (|u'il me donna jjIus de joie qne je n'en avois eu de ma vie. J'étois en un âge où on aime à fîiire des choses extraordinaires et éclatantes, et je ne trouvois pas que rien le fût davantîige (pie d'enlever en même temps la reine au roi son mari, et au cardinal de ilichelieu (]ui en était jaloux. >
Les critiques qui ont nié le sérieux de ce dessein - et je dois dire que ce sont presque tous ses biographes, après
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Cousin — ont méconnu le premier La J-vocliofoucauId. Il a été élevé à la campagne, dans ce grand château entouré de bois, où on lui laissait à peu près toutes libertés ; il a erré tout seul, dans ce parc, à l'aventure, sans connaître le monde, sans camaraderie, un peu enclin h la mélancolie, repaisscint son imagination de chiTiières incertaines : et je le vois alors, qu'on m'excuse, pas très différent de Fran- Cois-René de Chateaubriand, élevé à peu près de même façon à Combourg. Puis il lit VAstrce — ou on le lui raconte, comme on voudra — et toutes ses chimères sans formes prennent l'apparence des personnages admirables, imaginés par d'Urfé. Ce li\ re, c'est son de Viris iWietrihus, à ce jeune ignorant, ou encore son Plutarque. 11 entre dans la vie avec le propos de ressembler à ces héros et de se conduii'e comme eux-mêmes se conduisirent.
A quinze ans, on le marie. Le 20 janvier 1628, le prince de Marcillac épouse Andrée de Vivonne. C'est une formalité sociale à remplir, mais qui ne tire pas davantage à conséquence. La communauté se bornera toujours à peu près aux ac(|uêts. TiC jeune homme fera à la nou.velle épousée des «■niants, réclamera pour elle — ou ])lutôt pour la duchesse de La Kochcfoucauld — les lionneurs (ju'il croit dus à son rang, acceptera ses soins à l'occasion et ne s'occupera pas autrement d'elle. Un trait suffit à nous renseigner sur la place qu'elle tint dans son existence. Avec une touchante unanimité les biographes écrivent à son occasion : « On croit qu'elle mourut en 1670. »
Si les tendances sentimentales de La Rochefoucauld ne l'inclinaient \)as vers la vie domestique, le mariage lui donnait rang à la cour. Dès l'année suivante, il est nommé mcstre de camp au régiment d'Auvergne. 11 part, en cette (jualité, pour l'Italie, où il assiste au siège de Casai. Mais